Hommage à notre ami Christian CHIRAUX,

par Denis ROUSSEL, au nom de la section « AMOPA Deux-Sèvres »

le samedi 29 Juin 2013

 

 

                                   C’est avec une très grande tristesse que nous avons appris que tu nous avais quitté pour l’éternité, toi qui, avec ton humour très subtil, dénué de toute méchanceté, nous faisais bien souvent sourire à tes bons mots d’esprit.

 

                                  Tu as achevé ton travail de professeur au collège Jean Vilar, à La Crèche il y a huit ans, pour prendre ta retraite au moment où j’en prenais la direction. C’est alors que j’ai eu la chance de faire la connaissance de l’illustre professeur de lettres classiques, lorsque tu revenais prendre des nouvelles de tes collègues, par amitié, auprès de  la secrétaire du collège que tu appelais affectueusement ta «petite parpaillote ».

 

                                  Tu venais ainsi parfois, en t’excusant toujours, te tenir au courant, de loin, de l’actualité  des élèves et du collège où tu avais exercé tant d’années, sous la direction de différents chefs d’établissement, dont un à qui tu reprochais, avec justesse et finesse, des défauts dans sa relation aux personnels, le désignant, en ta qualité de représentant syndical, de divers surnoms héroïques, dont celui d’« Ogre des Carpates », qui illustraient alors des relations inutilement difficiles et compliquées, que tu eus voulu voir changer, pour le bien de tous. 

 

                                  Lorsque tu m’as indiqué ta récente et relative disponibilité, pour toute action éducative susceptible de te concerner, j’ai utilisé tes compétences, appréciées de tous, pour que tu puisses accompagner bénévolement un groupe d’élèves en Tchéquie, à l’occasion du bi-centenaire de la victoire de Napoléon 1er à Austerlitz. Ceux-ci s’en souviennent encore très bien, avec émotion.

 

                                  Très altruiste, tu n’avais aucune difficulté à nous convaincre lorsque tu nous sollicitais pour collecter des dons pour le « Secours populaire ». Tu utilisais également ta grande expérience, avec conviction et détermination, pour apprendre à lire et à écrire aux adultes analphabètes, cabossés par la vie ou allophones. Tu allais même régulièrement aux Etats-Unis donner bénévolement des cours de soutien en français et en mathématiques.

 

 

 

                                  Discret, modeste, malicieux, tantôt préoccupé, tantôt souriant et d’une grande culture classique, tu t’es montré surpris et très honoré d’être distingué dans l’ordre des palmes académiques. Tu acceptas alors de rejoindre l’association des membres de l’ordre des palmes académiques des Deux-Sèvres où tu rendis très vite service notamment dans le comité de lecture des articles de notre revue.

 

                                  Toujours attentif aux autres c’était, pour nous tous, un grand plaisir et une source de richesse de te rencontrer, avec ton épouse, pour échanger sur des sujets variés, qu’ils soient légers ou graves.

 

                                  Christian, ta présence chaleureuse, ta façon très personnelle de mettre des faits d’actualité où des réflexions sociales en perspective, ta gentillesse, ton souci d’établir des rapports harmonieux entre tous mais aussi tes clins d’œil amusés vis à vis de la réalité du monde nous manquent déjà beaucoup.

 

                                  Avec la maladie, tu es parti trop vite rejoindre les dieux grecs et romains que tu as fait découvrir à plusieurs générations d’élèves qui, ils le savent bien, te doivent beaucoup.

 

                                  Tous tes amis réunis aujourd’hui et ceux qui n’ont pu venir te pleurent très sincèrement. Avec Philippe TIQUET, directeur académique départemental des services de l’Education nationale, président de l’association des membres de l’ordre des palmes académiques des Deux-Sèvres et avec tous les membres du bureau, nous te disons affectueusement « Adieu Christian ! ». Nous garderons de toi le souvenir d’un « honnête homme » comme on le définissait au XVIIIème siècle,  un grand Monsieur et conserverons la volonté d’entretenir les convictions et les valeurs humaines et sociales auxquelles tu croyais si fort et que tu as si bien partagées.

 

                                  Nous pensons aussi, en ce jour triste, à ta famille, à tes proches, à tes collègues retraités que tu rencontrais souvent et à ceux des associations de solidarité dans lesquelles tu oeuvrais, à toutes les personnes que tu as contribué à épauler, en oubliant tes propres soucis, et pour lesquels tu étais une personne référente et accueillante si importante.

 

                                  En  paraphrasant l’accroche de maints discours que tu as prononcés, pour tes collègues et tes amis,  je veux te dire, pour nous tous et au nom de l’AMOPA des Deux-Sèvres : Monsieur le professeur ; monsieur le bénévole admirable ; monsieur Christian CHIRAUX ; cher ami ; cher Christian :

 

                                  Nous ne t’oublierons pas !