Histoire des palmes académiques

 

L’ordre des palmes académiques a été institué, dans sa forme actuelle, par un décret du 4 octobre 1955, mais sa création remonte, en fait, au décret impérial du 17 mars 1808 précisant les lois du 1er mai 1802 (Bonaparte est 1er Consul) et du 10 mai 1806 (Napoléon 1er est empereur).

 

Un bref rappel sur ces lois :

- La loi générale sur l’instruction publique du 11 floréal an 10 (1er mai 1802) organise l’instruction      publique

1- dans les écoles primaires établies par les communes (instituteurs logés par la commune mais rémunérés par les    parents),

2- dans les écoles secondaires établies par les communes ou tenues par des maîtres particuliers,

3- dans des lycées (un lycée par arrondissement de cours d’appel) ou des écoles spéciales (formations spécialisées de cadres) entretenues aux frais du Trésor public.

- La loi du 10 mai 1806 crée sous le nom d’Université impériale, une corporation publique, hiérarchisée, jouissant, en principe, du monopole de l’enseignement (en fait un enseignement privé subsiste et l’enseignement primaire ne fait pas partie de l’Université), placée sous l’autorité d’un grand maître au sein du ministère de l’intérieur ( le premier fut Louis- Marcelin de Fontanes) .

Par ailleurs, en 1808, sont créées les académies, circonscriptions permettant d’administrer plus facilement l’Université, ainsi que le baccalauréat..

Conscient qu’on ne mène pas les hommes sans leur manifester une reconnaissance proportionnelle à leurs capacités, en 1808, l’Empereur crée divers titres honorifiques afin de « distinguer les fonctions éminentes et de récompenser les services rendus à l’enseignement ». La distinction consiste en trois titres attribués aux membres de l’Université selon leur fonction : au sommet les titulaires, puis les officiers de l’Université, enfin les officiers des académies.

 

Ces titres honorifiques, donnant droit à pension et décoration, pouvaient être rattachés de droit à certaines fonctions ou, par ailleurs, conférés à des membres de l’Université « les plus recommandables par leurs talents ou leurs services ».

La décoration consistait en une double palme (palme et rameau d’olivier), brodée sur la partie gauche de la robe professorale.

En 1850 (décret du 9 décembre), la décoration devient indépendante du grade universitaire et son attribution est étendue aux personnels du primaire et de l’enseignement privé. Il n’y a plus que deux grades : officier d’académie, officier de l’instruction publique.

En 1866 (décret du 7 avril), à l’initiative du ministre Victor Duruy, est instituée une décoration portative, insigne métallique suspendu à un ruban moiré violet : palmes en argent pour les officiers d’académie, palmes en or, avec rosette, pour les officiers de l’instruction publique. Le décret du 27 décembre étend l’attribution aux savants, aux littérateurs, et aux personnes ayant bien mérité de l’instruction publique.

En 1955 (décret du 4 octobre), suite à une première proposition du député Marcel Naegelen, le Ministre Berthoin crée un Ordre comprenant trois grades :

- Chevalier pour un âge de 35 ans minimum, la jouissance des droits civiques et 15 ans d’éminents services

- Officier pour d’éventuelles promotions après 5 années au moins dans le grade de Chevalier,

- Commandeur pour d’éventuelles promotions après 5 années au moins dans le grade d’Officier.

Sont récompensés :

- des personnels, français ou étrangers, relevant du ministère de l’Education nationale.

- des personnes rendant des services importants au titre de l’une des activités de l’Education nationale,

- des personnalités éminentes qui apportent une contribution exceptionnelle à l’enrichissement du patrimoine culturel.

En 1963, l’Ordre des palmes académiques est conservé lorsque le général de Gaulle réorganise les divers ordres et crée l’ordre national du Mérite.

En 2002 (décret du 19 avril) les conditions d’attribution sont assouplies :

- Chevalier : jouissance des droits civiques et 10 années de services au moins,

- Officier : au moins 5 années d’ancienneté dans le grade de Chevalier,

- Commandeur : au moins 3 années d’ancienneté dans le grade d’Officier.

L’avancement doit récompenser des mérites nouveaux.

Le contingent annuel est fixé à 7 570 Chevaliers, 3 785 Officiers et 280 Commandeurs pour des promotions ayant lieu les 1er janvier et 14 juillet par décret pris sur proposition du ministre de l’Education nationale.

L’association des membres de l’Ordre des palmes académiques (AMOPA), présidée par l’Inspecteur général Treffel, comprend environ 30 000 membres ; elle édite une revue et diverses publications, organise des activités culturelles, participe à toutes les initiatives en faveur de la langue française et de la francophonie, aide par des dons de livres les pays scolairement défavorisés, s’efforce de développer à travers le monde les valeurs de l’humanisme et de l’éducation, le dialogue entre les générations.