SOMMAIRE

 

page  1   -  Sommaire – Bureau départemental

page  2   -  Editorial par Daniel Brillaud, inspecteur d’académie honoraire, président de l’AMOPA79.

page  3   -  Compte-rendu  AG 2009  au collège François Albert de Celles-sur-Belle.

page  9   -  Ulysse Dubois : Il prend aux mots les Poitevins.

page 13  -  Hommage à Aimé Paquereau : La mémoire et la fidélité.

page 18  -  Omer Auzanneau : Un parcours exemplaire dans l’humilité.

page 20  -  Nos activités :   

Conférence : La politique de l’eau et ses enjeux sur nos territoires,

Concours de poésie de Moncoutant,  

Rallye citoyen des collèges.

page 22  -  DOSSIER (détail ci-dessous).

page 38  -  Programme de l’assemblée générale 2010 et compte financier 2009.

page 39  -  Liste des adhérents de l’année 2009 et des promus 2010.

 

 DOSSIER    CANTON  DE  MAZIÈRES-EN-GÂTINE

 

page 22  -  Le canton, son histoire, son patrimoine.

page 31  -  Roger Thabault : Incarnation de l’idéal méritocratique de l’école républicaine.

page 34  -  René Verriet de Litardière : Un botaniste français de renommée mondiale.

page 36  -  Bernard de Litardière : Gros plan sur un ami de l’École.

 

 

 

LE  BUREAU  DÉPARTEMENTAL  2009

 

Président - Daniel BRILLAUD  Inspecteur d’académie honoraire

Vice-président – Georges PINTAUD Chef d’établissement

Secrétaire - Camille SALÈTES  Chef d’établissement honoraire

Secrétaire adjoint - Claude MORILLON  Professeur honoraire

Trésorier - Michel BONNAUD  Instituteur honoraire

Trésorier adjoint - Jacques  SÉGUIN Professeur honoraire

Membres - Claude BOUTET  Professeur honoraire - Alain  CHAUFFIER  IEN  Directeur IUFM honoraire

               - Michel CHAUMET Directeur de CRDP honoraire - Christian  CHIRAUX  Professeur honoraire

   - Catherine  DUVAL  Chef d’établissement - Jacques GARANDEAU  Professeur honoraire

   - Jean-Sylvain MAGAGNOSC  Maître de conférence - Jean-Pierre MANGIN  Professeur

   - Maurice MOINARD  Ancien directeur de la fédération régionale du Crédit Agricole

   - Noël PIÉTRI  Instituteur honoraire - Françoise PRESTAT  Maire adjoint  de Parthenay

   - Claude QUÉTIN  Médecin retraité - Roger  QUINTIN  Professeur honoraire

   - Denis ROUSSEL  Chef d’établissement - Aline SALÈTES  Professeur honoraire

Vérificateur aux comptes - Jean JOURDAN  CASU honoraire

 

 

COMITÉ  D’HONNEUR

Max BONNEAU  CASU honoraire

Roger CORNU  Officier de gendarmerie honoraire

Simone FRANCOIS  SCASU honoraire

Paulette GAILLARD  Professeur honoraire

Simone LEGENDRE  Directrice d’école maternelle honoraire

René ROUSSEAU  Sous-préfet honoraire

 

 

 

 

 

      Bulletin d’information de l’association des membres de l’ordre des Palmes académiques des Deux-Sèvres.

Diffusion gratuite réservée aux adhérents.

Comité de rédaction :   tous les membres du bureau avec l’appui logistique du collège Fontanes.

Conception et mise en forme :  le secrétariat AMOPA79.

Site internet : http://amopa79.org     Contact : secretariat@amopa79.org

 


Editorial

_______________Entendons-nous bien sur les objectifs et

sur l’action de l’AMOPA __________

 

 

 

Le titre est un brin provocateur et  flaire même la polémique. En réalité, c’est une invitation au débat et à la réflexion sur une question… existentielle. Oui, il s’agit de l’identité et des modalités d’existence de notre association. Rassurez-vous notre section deux-sévrienne se porte bien, le nombre de ses adhérents a beaucoup augmenté au cours de ces dernières années. Mais nous sommes néanmoins à la croisée des chemins.

Le bureau départemental avait lancé un premier pavé dans la mare en préparant un texte à soumettre à l’assemblée générale de Celles-sur-Belle (12 décembre 2009) ;  assez spontanément, les 61 adhérents présents à cette assemblée ont plutôt surenchéri en validant un dernier paragraphe plus vindicatif. Vous trouverez en page 6 l’intégralité du texte adopté.

Je ne commenterai pas ici le contenu de ce texte. Chacun forgera sa propre opinion et  évaluera le bien fondé des observations et des propositions.

Toujours est-il que Camille Salètes, secrétaire, et moi-même, étions mandatés pour aller présenter nos réflexions  au congrès international de Saint-Etienne, les 22 et 23 mai 2010. Quelle ne fut pas notre surprise lorsque, en amont de ce congrès, nous reçûmes par courriel de nombreuses autres réflexions de sections, allant dans le même sens que les nôtres, mais ajoutant un élément d’analyse préoccupant, touchant au fonctionnement démocratique de l’association au niveau national.  Eléments qui, hélas, devaient être illustrés lors du congrès…

Cet éditorial n’a pas pour but de désespérer les adhérents deux-sévriens. Il  répond simplement à une obligation de transparence. Du reste, nous pourrons échanger davantage d’informations et de réflexions lors de notre prochaine assemblée générale, à Mazières-en-Gâtine, le samedi  27 novembre prochain.

Observons qu’un problème conjoncturel de présidence est posé et qu’il faudra le résoudre au plus vite. Mais observons aussi qu’un nouveau conseil d’administration a pu être élu ; qu’un travail de révision des statuts est lancé ; que par ailleurs, sur le terrain, les sensibilités qui s’expriment sont rassurantes et semblent garantir des évolutions utiles à la pérennité de l’AMOPA.  Comme dans notre département, les adhérents sont avant tout motivés par la défense des valeurs de l’Ecole. Sans prétentions excessives, ne sont-ils pas particulièrement bien placés pour promouvoir ces valeurs ? 

Le prestige de l’Ordre des palmes académiques ne se décrète pas ; il ne repose pas sur du paraître mais sur de l’être ; il est chaque jour à construire, notamment auprès des nouvelles générations qui auraient vite fait de tourner en dérision certaines dérives.

En ce qui la concerne, la section AMOPA 79 offre peu à ses adhérents d’opportunités de se pousser du col. Certes, elle valorise des parcours de vie, ceux des plus humbles comme ceux des plus éminents serviteurs de l’Ecole.  Modestement, elle essaie surtout de mettre (ou de remettre) en lumière certaines problématiques touchant à l’action éducative (cette année, conférence-débat sur le thème de l’eau en partenariat avec les Archives départementales et le Conseil général) et des éléments exemplaires du patrimoine de l’Ecole, à l’échelle du département, éléments que la logique médiatique délaisse et qui sont tristement tombés dans l’oubli. Eléments des patrimoines pédagogique, éducatif,  historique, scientifique, littéraire, artistique… 

A Celles-sur-Belle en 2009, nous avons ainsi mis en valeur les services d’une dizaine de personnes, de François Albert à Ulysse Dubois.

A Mazières-en-Gâtine, cette année, nous aurons à redécouvrir Roger Thabault, enfant du pays, pédagogue connu pour son ouvrage faisant autorité en sociologie, « Mon village ». Qui parle aujourd’hui de cet ancien instituteur, puis inspecteur d’académie et inspecteur général ? Et qui parle de Messieurs de Litardière, père et fils ? Je peux vous garantir que vous serez profondément étonnés par les réalisations et l’engagement de ces deux autres enfants du pays… 

Le patrimoine éducatif et culturel du canton est très riche et vous réserve de multiples découvertes.

Vous trouverez dans ce bulletin, après le compte rendu de l’AG de Celles-sur-Belle, l’hommage à Ulysse Dubois et  les  articles ayant trait à l’année 2010, un dossier introductif à notre AG du 27 novembre à Mazières.

 

Encore une fois, je souhaite que chaque adhérent - chaque nouveau promu en particulier - puisse trouver du plaisir et de l’intérêt à participer à la vie de notre section départementale, que chacun puisse continuer à tisser des liens d’amitié dans un réseau de nouveaux ou d’anciens collègues, tous animés par le même attachement à l’Ecole.

 

                                                                                  Daniel Brillaud

                                                                                  Président de l’AMOPA 79


 

 

Compte-rendu de l’assemblée générale 2009

 

L’assemblée générale s’est tenue le 12 décembre 2009 à Celles-sur-Belle, au collège François Albert.

 

 

Mourad Arnout, principal et Monique Pilot gestionnaire, accueillent les participants dans le grand hall d’entrée du collège où les attend le traditionnel café-viennoiseries. Puis ils accompagnent les amopaliens dans la salle de réunion.

Après quelques mots de bienvenue, Mourad Arnout invite le président Daniel Brillaud à ouvrir la séance.

      Le président adresse des remerciements

- à nos hôtes du jour pour leur part prise dans l’organisation de cette journée,

- à Jean-Marie Roy, maire de Celles, pour la mise à disposition gracieuse de la salle de l’Abbaye royale et de la salle de spectacle voisine ainsi qu’à Gérard Andrault, maire adjoint, membre de l’AMOPA pour son engagement amical et efficace,

- à Ulysse Dubois à qui nous sommes très reconnaissants d’avoir préparé un de ces spectacles qui enthousiasment le public et qui illustrent avec poésie, humour et érudition, un patrimoine linguistique local trop souvent oublié ou malmené.

Puis, il déclare :

« A l’ouverture de cette AG, nous devons malheureusement penser aux adhérents qui nous ont quittés ; en particulier cette année a vu la disparition du président national de l’AMOPA, Jacques Treffel et dans les Deux-Sèvres, celle d’un membre de notre Comité d’honneur, Paul Despilho, Inspecteur d’académie honoraire (ce fut un « grand » à plusieurs titres ; nous lui rendons hommage dans le bulletin), ainsi que Gérard Tranger de Nieul les Aubiers et Michel Auger de Cerizay.

Nous sommes heureux de nous retrouver aujourd’hui dans un collège que beaucoup d’entre nous ont fréquenté, en tant qu’élève, professeur, ou chef d’établissement. On ne retourne jamais sans émotion sur un tel lieu.

Naturellement, nous avons rendu hommage dans notre bulletin à François Albert, ancien ministre de l’Instruction publique et député de la circonscription, qui a donné son nom au Collège.

Hommage aussi au Cours complémentaire de Celles-sur-Belle et au rôle qu’il a pu jouer sur un vaste territoire en termes de démocratisation de l’enseignement du second degré.

Nous avons aussi évoqué l’histoire locale, celle de l’abbaye en particulier, et, dans la période contemporaine, celle du renouveau économique de Celles-sur-Belle sous l’impulsion, notamment, de Pierre Billard.

On trouve dans ce bulletin une mise en lumière de différents personnages du canton qui ont œuvré autour de l’Ecole comme

- Jacques Bugeault, précurseur de l’enseignement agricole, auteur du fameux Almanach, tiré à cinq cent mille exemplaires,

- l’académicien Pierre Moinot (déjà évoqué dans le bulletin numéro 19), fils d’instituteurs, né à Fressines, romancier, ancien Directeur des arts et lettres du ministre Malraux, initiateur du CSA sous l’autorité de François Mitterrand ; le 12 mars dernier, son successeur, Jean-Loup Dabadie, prononçait son éloge à l’Institut.

- Jean Migault, instituteur protestant à Mougon, victime des dragonnades sous Louis XIV.

-  Autre grande figure du protestantisme à Mougon, Louis Joubert fut inspecteur général d’histoire et géographie, mais aussi responsable régional de l’Organisation Civile et Militaire pendant la Résistance.

- Enfin, nous rendons hommage à deux illustres enfants de Triou – mon cher village natal. René Gaillard, normalien à Parthenay, qui fut professeur d’EPS avant d’accomplir, en tant que député-maire de Niort, une œuvre considérable, notamment au service de l’Ecole ; son homonyme, André Gaillard, ancien élève du cours complémentaire de Celles-sur-Belle, qui fut l’un des six premiers employés de la MAIF, fondateur de l’association départementale de parents d’élèves Cornec, auteur de romans historiques (centrés notamment sur le village de Triou et sur les dragonnades)

Nous n’oublions pas non plus que nous sommes dans le chef-lieu de canton d’Eric Gautier, président du Conseil général des Deux-Sèvres, et donc en charge des collèges depuis la première loi de décentralisation. Nous remercions M. le président de sa subvention à l’association pour la publication du journal ; hélas, la dernière… »

 

Le président Daniel Brillaud remercie les élus et les personnalités qui ont répondu à notre invitation et présente les excuses de ceux qui ont été empêchés. Enfin, ses remerciements s’adressent à tous les membres de l’association présents en espérant que chacun trouvera la convivialité, le plaisir de saluer des figures plus ou moins familières de l’Ecole deux-sévrienne ainsi que celui de découvrir quelques précieux éléments de notre patrimoine.

 

Rapport moral et rapport d’activité

 

Le président rappelle les objectifs de la Section des Deux-Sèvres de l’AMOPA :

- contribuer au rayonnement de l’Ordre des Palmes académiques

- organiser des réunions et des manifestations culturelles destinées à promouvoir l’École, ses valeurs, son patrimoine, ses serviteurs, et à entretenir des relations amicales entre ses adhérents,

- de contribuer au développement d'activités éducatives en faveur de la jeunesse.

Il ajoute les deux remarques suivantes :

- Nous estimons que le bilan d’activité qui va être présenté par le secrétaire Camille Salètes, même   modeste, répond à ces objectifs et est respectueux des valeurs qui sont les nôtres.

- Nous nous interrogeons cependant sur certains aspects du bilan d’activité national et nous souhaiterions avoir votre sentiment à cet égard à travers la proposition de motion qui sera faite plus tard.

Le secrétaire Camille Salètes donne des indications sur les présents et transmet les excuses de quelques adhérents absents avant de lire son rapport.

 

Quelques données numériques caractéristiques de notre section

Adhérents à jour de cotisation :

            1998 : 93                          1999 : 93                      2000 : 94                        2001 : 98       

2002 : 105                       2003 : 108                    2004 : 119                      2005 : 128   

            2006 : 149                       2007 : 157                   2008 : 158

 

Participation à l’assemblée générale :

A noter que le bulletin N° 21 a été adressé à environ 240 personnes dont 42 promus de 2009 (3 au 1er janvier et  39 au 14 juillet) et a quelques promus de 2008 qui n’ont pas encore adhéré et 20 personnalités et invités. Dans le bulletin n°21 figurent les adhérents de 2008 car les récapitulatifs de l’année faits par l’AMOPA nationale ne nous parviennent qu’en février de l’année suivante. Cela devrait changer à l’avenir car, grâce à une nouvelle informatisation de la gestion au siège parisien, les sections devraient être informées de leur situation plusieurs fois par an.

 

Réunions du bureau

Six réunions en 2009 : les 12 mars,  9 avril,  10 juillet,  27 août,  24 septembre et 12 novembre.

 

Une conférence en partenariat avec la MAIF

Conférence-débat de Michel Chaumet : « Edmond Proust, résistant et bâtisseur » salle Alizée de la MAIF le lundi 11 mai 2009 en présence d’une soixantaine de participants.

 Michel Chaumet est un membre de l’AMOPA 79, Directeur honoraire du CRDP d’Aquitaine, auteur de « MAIF, l’histoire d’un défi » (Le Cherche midi, 1998) et de « La Résistance en Deux-Sèvres, 1940-1944 » (Geste édition, 1994). Qui mieux que lui pouvait retracer la vie d’Edmond Proust (1894-1956), instituteur à Saivres, fondateur de la MAIF, résistant de la Seconde Guerre Mondiale connu sous le pseudonyme de « Chaumette » ? 

La conférence et les débats ont été entièrement filmés et un DVD a été créé.

Un fascicule compte-rendu a été édité grâce aux notes fournies par Michel Chaumet.

 

 

Bulletin N°21

Comme chaque année, un gros travail collectif a été fourni par les membres du bureau et les « experts » auxquels nous faisons appel.  Cette année, le contenu est centré sur le Canton de Celles-sur-Belle. Vos observations seront les bienvenues.

Le changement de majorité au Conseil général a été suivi d’un nouveau positionnement en ce qui concerne les aides apportées aux actions de communication (courrier du Président du 26 août 2008 et du 17 avril 2009). Une subvention de 500€ a été accordée pour l’édition du bulletin 2009. Cependant, à partir de 2010, cette aide ne sera pas renouvelée.

Nous avons donc dû rechercher des modalités d’édition permettant d’économiser près de 500€ : nous avons trouvé une solution en partenariat avec les PEP 79 : le bulletin 2009 est maintenant réalisé par photocopies pour un montant de 400€. Un grand merci au président des PEP Maurice Bridier et au directeur Jacques Mozzi-Ravel, tous deux membres de l’AMOPA79, et à la secrétaire Stéphanie Suaud pour le travail supplémentaire occasionné.

 

Après-midi culturel

Dans un canton où la langue régionale est encore vivante, sans pour autant avoir obtenu, durant des siècles, le moindre soutien de l’Ecole, nous avons sollicité un ancien enseignant, défenseur érudit de ce patrimoine linguistique, artiste malgré lui, à l’esprit très agile, pour nous faire une présentation illustrée du Poitevin-Saintongeais : Ulysse Dubois.

 

Site internet

Il est créé. Son adresse est http://AMOPA79.org , le fournisseur de services d’hébergement est HostPapa, la capacité est illimitée et le loyer est de 60€ par an. L’ouverture étant très récente, il est actuellement en construction, nous procédons à la mise au bon format des documents avant de les y déposer (les bulletins, les conférences, etc…)  Le groupe de pilotage est composé de Alain Chauffier, Roger Quintin, Camille Salètes et Jacques Séguin.

 

Concours et actions éducatives

AMOPA79 a participé au jury du « concours de poésie » organisé jusqu’en 2006 par l’association Kancel, en 2007, 2008 et 2009 par la maison pour tous de Moncoutant, sous l’autorité de Noël Pietri (cf. page 12 du bulletin)

Sous le patronage de Mme la Préfète des Deux-Sèvres et avec le soutien de l’IA DSDEN, l’AMOPA79 est partenaire du « rallye citoyen des collégiens ».

 

Organisation de la fin de matinée et de l’après-midi

Remise des décorations à 10h30,  Visite du collège à 11h30,  Apéritif ici à 12h

Arrivée dans la salle de l’Abbaye avant 13h…repas à 13h

Arrivée dans la salle de spectacle avant 15h …début du spectacle à 15h

« A propos du parlanjhe poitevin–saintongeais dans les villages du sud Deux-Sèvres » par Ulysse Dubois.

Cette prestation sera intégralement filmée.

Le rapport mis aux voix est adopté à l’unanimité

 

Propositions d’activités pour 2010

 

  Initiatives nationales

Programme habituel (concours, bourses…).

A signaler la publication d’un ouvrage luxueux rendant hommage au Président Treffel, décédé.

Présentation de la motion

 

Observations et propositions adressées aux instances nationales de l’AMOPA

par la Section du département des Deux-Sèvres

Les 61 membres de la Section des Deux-Sèvres de l’AMOPA réunis à l’occasion de leur assemblée générale départementale le 12 décembre 2009 tiennent à faire part de certaines observations :

 

-          Sur le terrain départemental les moyens financiers mis à disposition de la Section pour assurer son fonctionnement, en dehors des participations des adhérents aux frais d’organisation des manifestations, vont dorénavant être réduits aux reversements sur les cotisations (quote-part de 35%) : compte tenu des contraintes qui sont les siennes, le Conseil général n’accordera plus l’aide qui  permettait jusque-là de financer l’édition de notre bulletin annuel, outil de liaison, de production et d’animation (globalement, recettes réduites de moitié).

-          Au cours des dix dernières années, le nombre d’adhérents de la Section est passé de 93 à 157. Les adhérents participant à l’assemblée générale estiment que cette revitalisation tient essentiellement au niveau d’activité sur le terrain départemental ; tout en ayant conscience de la modestie du programme annuel d’action (conférences, réalisation de dossiers et valorisation du patrimoine de l’école par le canal du bulletin et du site de la Section, participation à quelques manifestations…), ils sont persuadés que la disparition des initiatives locales et, par suite, la seule existence des informations et actions nationales conduiraient à court terme à une réduction drastique du nombre d’adhérents. Ils observent en effet que les concours connaissent aujourd’hui peu de succès dans les écoles et les établissements. Ils ont aussi le sentiment que la priorité accordée au plus haut niveau aux actions de prestige donne une image peu attractive de notre association auprès des adhérents potentiels, soucieux d’humilité et, avant tout, sensibles à la promotion des valeurs de l’école.

-          Enfin, un déséquilibre apparaît entre les moyens mis en œuvre pour l’édition des publications nationales et ceux rendus disponibles pour les productions et les actions locales.

 

      Les membres de la Section participant à l’assemblée générale émettent donc deux propositions :

-          Ils souhaitent une inflexion de l’image donnée de notre association dans le sens d’une meilleure adéquation avec la sensibilité des adhérents. Il n’est pas question de porter atteinte au prestige et au rayonnement de l’Ordre mais au contraire de le revivifier en confortant l’audience de notre association.

-          Ils estiment nécessaire un rééquilibrage dans l’utilisation des ressources liées aux adhésions (relèvement sensible du taux de la quote-part).

 

Les termes mesurés de ces observations et propositions ne traduisent que partiellement l’exaspération des adhérents du département - exaspération partagée semble-t-il par les adhérents de nombreuses autres sections - vis-à-vis de la communication nationale de l’AMOPA et de l’utilisation des ressources.

Il semble donc particulièrement important que ce message soit entendu et pris en compte.

Motion adoptée à raison de 61 voix pour, 0 voix contre, 0 abstention.

 

Initiatives départementales

  • Projet de conférence sur une problématique deux-sévrienne liée au développement durable.

Conférence sur l’eau en partenariat avec les archives départementales (Claude Morillon, Maurice  Moinard).

  • Poursuite du travail autour de Pierre Moinot, piloté par l’AURA ; projet de manifestation à Fressines
  • Autres suggestions pour des conférences éventuelles :

-    Georges Bordonove, ancien élève de Fontanes auteur de nombreux ouvrages historiques,

-    Henri Clouzot, fils d’enseignant, maître imprimeur, libraire, éditeur, auteur, journaliste,

-    Gaston Chérau, romancier, membre de l’académie Goncourt,

-    Claire Sainte Soline, pseudo de Nelly Fouillet (père instituteur qui a été maire de Niort), écrivaine,

-    Georges Picard, ancien élève de l’EN de Parthenay, historien, poète, homme politique,

-    Gabriel Delaunay et son épouse Alice, anciens instituteurs, lui est devenu Préfet de région

   d’Aquitaine et a écrit plusieurs livres, elle inspectrice des écoles maternelles,

  • Projet lié à l’établissement qui accueillera l’assemblée générale 2009 ; quelques pistes :

-  Collège Roger Thabault à Mazières-en-Gâtine, (proposition du bureau),

-    Collège Raymond Migaud à l’Absie, - Collège Henri Martineau à Coulonges-sur-l’Autize,

-    Collège René Caillié à Mauzé,  - Lycée Jacques Bujault à Melle,

-    Lycée Desfontaine à Melle,  - Lycée Gaston Barré à Niort,

-    Collège Ferdinand Renault à Pamproux, - Lycée Ernest Pérochon à Parthenay,

-    Collège Louis Merle à Secondigny, - Sans oublier Bressuire et Thouars.

  • Le bulletin N° 22 sera réalisé dans l’esprit des précédents sur la base du choix du lieu de  l’assemblée  générale 2010.
  • Projet de nouveau règlement intérieur :

Ce texte est disponible ici, il sera adressé à tous les adhérents pour avis (par courriel ou par voie postale).

Il sera amendé en fonction de vos remarques et envoyé au siège en juin 2010 pour observations éventuelles. Il sera soumis à l’approbation de l’assemblée générale 2010

Vote pour adoption lors de l’AG 2010 : « pour » à l’unanimité.

 

Bilan financier 2008

 

Le compte-rendu de l’exercice est présenté par le trésorier Michel Bonnaud (cf. bulletin21 page 30).

Jean Jourdan, vérificateur aux comptes, donne lecture de son rapport.

« En application du mandat que votre Assemblée générale du 18 Octobre 2003 a bien voulu me donner, j'ai procédé à la vérification des comptes 2008 de la section des Deux-Sèvres de l'AMOPA en présence de Monsieur Michel Bonnaud, trésorier.

J'ai constaté la parfaite concordance tant en dépenses qu'en recettes avec les titres justificatifs et les enregistrements effectués sur les registres de comptabilité, toutes les opérations apparaissent sincères et véritables .

Le bilan définitif à la clôture de l'exercice 2008 s'établit comme suit:

Recettes  3381,00       Dépenses  4214,32     Déficit  833,32

Solde précédent  3655,83

Solde au 31 décembre 2008  2822,51                   Niort, le 16 mars 2009 »

 

Il invite l’assemblée à voter le quitus au trésorier.

Le compte-rendu financier est approuvé à l’unanimité et le quitus est donné au trésorier.

 

Renouvellement du bureau

 

Six sièges sont à pourvoir :

- ceux de mesdames Françoise Prestat et Aline Salètes

- ceux de messieurs Michel Bonnaud, Max Bonneau, Claude Quétin et Camille Salètes.

Sont candidats  à leur succession : Françoise Prestat, Aline Salètes, Michel Bonnaud, Claude Quétin et Camille Salètes. Max Bonneau souhaite se retirer.

Seraient candidats à une première élection : Michel Chaumet et Maximilien Renaud (absent ne peut confirmer sa candidature).

Malgré nos sollicitations, aucune femme n’est candidate, mais certaines se réservent pour l’année prochaine.…

Est élu à l’unanimité : Michel Chaumet.

Cette élection est, comme il se doit, saluée par un tonnerre d’applaudissements.

Composition du nouveau bureau : 22 membres (deux sièges non pourvus)

Michel Bonnaud, Claude Boutet, Daniel Brillaud, Alain Chauffier, Michel Chaumet, Christian Chiraux, Catherine Duval, Jacques Garandeau, Jean Jourdan, Jean-Sylvain Magagnosc, Jean-Pierre Mangin, Maurice Moinard, Claude Morillon, Noël Piétri,  Georges Pintaud, Françoise Prestat, Claude Quétin,  Roger Quintin, Denis Roussel, Aline Salètes, Camille Salètes, Jacques Séguin.

Les élections au sein du bureau auront lieu lors de la première réunion en janvier 2010.

 

Remise des palmes à six récipiendaires

 

Les six récipiendaires ont été nommés au grade de chevalier , promotion du 14 juillet 2009.

On reconnaît de gauche à droite : Catherine Kerviche, (parrain P. Marsault), Philippe Marsault, Jeannine Thiollet, (parrain D. Brillaud), Danielle Lampert, Daniel Brillaud, Lucette Frappier, (marraine D. Lampert), Marie-Thérèse Cornuaud, (parrain D. Brillaud), Philippe Jourdin, (parrain D. Brillaud), Françoise Martin. (parrain D. Brillaud).

 

 

 

 

 

 

 

 

Repas puis présentation du « parlanjhe » par Ulysse Dubois

 

Le président  Daniel Brillaud remercie chaleureusement Max Bonneau, très ému, pour toutes les années passées au service de la section Deux-Sèvres de l’AMOPA.

Allocution du maire de Celles Jean-Marie Roy à l’apéritif au restaurant du collège.

 

C’est confortablement installés dans les fauteuils de la salle de spectacles que les amopaliens ont écouté avec attention et délectation le parlanjhe  d’Ulysse Dubois.

Le repas très convivial s’est déroulé dans le

 cadre magnifique de l’abbaye royale de Celles

 

 

 

 

 


Mais qui est Ulysse Dubois ?

  Il prend aux mots les Poitevins  par Michèle et Michel Valière

 

 

Le Pèlebois ethnographe

Il a le regard malicieux, le sourire tendre, l’accent pèlebois. Il n’aime pas les compliments : « Veux-tu une tape ? » dit-il à celui ou celle qui se risquerait à lui en faire. Pourtant Dieu sait qu’il en mérite une pleine besace, ou un bissac... ce riant et brillant octogénaire qui déclare qu’il n’a « rien inventé». Oui mais, créateur d’airs, de rimes et d’images des rues et des champs, il invite dans sa langue au respect.

 

Issu d’une famille plus que modeste de la Plaine de la Courance, du côté de Frontenay-Rohan-Rohan, en bordure du marais poitevin, Ulysse Dubois est né en 1925 d’un père qui l’amènera, avec sa mère, dès l’âge de trois ans à Chey (Deux-Sèvres), et à cinq ans à La Barre de Sepvret où on l’y trouve encore, asteùre, avoure en Pays pèlebois, celui de la forêt du plateau de l’Hermitain. Si son père, qui avait « gardé la musique des mots du parler maraîchin » et qui ne manquait pas d’humour ni d’autodérision, était cantonnier, lui, fut enseignant pendant trente ans au Château de Thouars, pour finir ensuite sa carrière comme directeur adjoint du Collège Jean Rostand, en la même ville. Il se souvient tout de même avoir aussi, dans ses débuts, fait la classe six semaines durant aux enfants de l’école d’Huric, dans la commune de Saint-Coutant, avant de rejoindre pour un an et six semaines la maison d’école d’Avon, posée en plein champ... Il partagera sa vie avec Henriette qu’il épousa à la mairie de Sepvret, puis avec trois enfants : Jacques, Lise et leur dernier fils Jean, un artiste de la « chanson française » que l’on peut désormais aller écouter à Paris, entre autres au Limonaire, Cité Bergère.

 

Ulysse, lui, c’est aux entractes, aux interludes des fêtes des écoles rurales qu’il a commencé à se produire, entre deux saynètes, ou entre deux « théâtres » comme on dit ici, entre deux danses quelquefois, pendant que les draules et les draullères se changeaient d’habit ou de costume. Son répertoire d’alors, en 1955, consistait en des histoires locales exprimées en français et composées sur des airs empruntés aux chansonniers du Grenier de Montmartre, qu’on entendait à l’époque sur le « petit poste ». Sans prétention aucune, évidemment, juste pour occuper le temps et capter encore l’attention du public et éviter qu’il se disperse dans la nature ou les bas-côtés de la salle des fêtes, là où est souvent installée la petite buvette attractive.

 

Mais, c’est seulement à partir de 1956, avec La Fraechour (la fraîcheur) et Brdasseries (bavardages) qu’il commencera à observer avec un regard plein de tendresse ses proches voisins auxquels il s’adressera avec un tutoiement plein de respect affectueux :

 

«T’en souvéns-tu, Andrai Mounàe

Dau tenp quant i aliun-t-a l’école ?

T’en souvéns-tu mun paure Andrai

 De l’école dau Coudrai ? »

                                                                                   

Un jour de printemps de l’an 1 du siècle, Gérard Pierron, le célèbre interprète de Gaston Couté, admiratif et ému devant la qualité de ce qu’il appelait, lui, des rimiaux, sacrait Ulysse Dubois du titre envié de « savant de tous les jours, qui voit, bâtit et pense en son pays pèlebois ». Hommage mérité s’il en est un, tant l’homme de La Barre, il est vrai, a puisé les modèles de ses héros dans son entourage familier. C’est tout un « petit peuple » de gens laborieux, « Lés Copins dau vilajhe » qui, des bancs de l’école jusqu’au soir de leur vie, s’adonnent aux principales activités saisonnières de la vie à la campagne. Aussi rencontre-t-on Péraud et sa charéte  trop lourdement chargée de foin, un jour de feneries, écoute-t-on encore les propos que, assise sur son banc de pierre avec le tilleul  pr s’acotàe (pour s’appuyer), Françoise échange avec Ortense, Léxandrine, Jhulie, Susun, Malvina, qui « avant trtoutes de l’ouvrajhe çh’enpaeche pa de causàe en ménme tenp... A fasant le tour dau vilajhe avéc lou goule, tout en réchtant a l’unbre dau tilell de la cour a Françoese. »

 

Le jongleur de mots

 

Fin connaisseur du poitevin, il n’a pas oublié qu’il avait été un pédagogue d’abord. Aussi, parmi les textes que ses amis et auditeurs préfèrent entendre, figure depuis avril 1981 : « Vous alèz biscàe les mundes », inénarrable leçon de grammaire et de vocabulaire consacrée à la vivacité dans le parlanjhe du « passé simple »...  et de quelques autres formes verbales dont le fameux imparfait du subjonctif, généralement peu maîtrisé. Qu’on en juge sur pièce par cet échantillon tiré de l’ouvrage intitulé Le Livre d’imajhes (Geste éditions, 2001, pp. 119-122) :

 

« …Ché nous, in pou, ol ét un pouèll,

Le verrou, in couréll,

É le seuil, in bassèll,

La nuque, ol ét le cagouét,

Le tréteau, in brchét,

Le grillon, in grlét,

Le sabot, ét in bot,

Le sifflet, in subllot,

Le dindon, in perot, 

La faux, ol  ét in dall,

Un caillou ét in chall

Le désordre, un drigall.

 

 

J’allai chez vous,

Tu allas chez eux,

Elle alla au lavoir,

Nous y allâmes hier au soir,

Vous y allâtes vous aussi,

Ils y allèrent tous.

 

I o sé qu’ol ét françaes !

Mé vela daus énvenciuns

Pa si sénplles a pllaçàe den la cunversaciun

Ché nous, o vat tout seùl, o patine pa, o force rèn :

 

I anghi ché vous,

T’anghis ché zàus,

Al anghit au lavour,

I y anghiriun yèr au sàe

Vous y anghiriéz vous-tou,

Le y anghiriant trtouts.

 

É lai-tou, çhéte draullére d’Alice,

Mén i aràe velu qu’a cunprénghisse

Prquoe qu’i velàe pa qu’a y anghisse... »

 

Mais le faiseur de rimes s’est fait aussi lexicographe, en animant, à partir de 1967 et pendant une trentaine d’années, et à raison de six fois par an ce qu’il appelait alors L’Équipe de la Crèche. Celle-ci se réunissait dans une salle mise à la disposition par la commune pour y décliner les mots de tous les jours, techniques, familiers, concrets ou abstraits, moraux ou satiriques, dans le dessein de les coucher dans un « grand livre ». En effet, la Société d’études folkloriques du Centre-Ouest (SEFCO) avait avancé, à partir de 1965, l’idée de réaliser un dictionnaire ou un glossaire des « parlers populaires de Poitou, Aunis, Saintonge, Angoumois ». Après bien des déboires, des difficultés, des lassitudes, des abandons, des décès, des chamailleries, celui-ci a finalement vu le jour, sous les efforts conjugués d’Ulysse, de Jacques Duguet, de Jean-François Migaud, de Michel Renaud, et des nombreux collaborateurs de toute la région Poitou-Charentes qui ont apporté leurs contributions.

Mais, on doit beaucoup à l’enthousiasme, à la ténacité et surtout à la « diplomatie » d’Ulysse Dubois, la conduite à bonne fin de cette entreprise remarquable d’un ensemble de cinq volumes réalisés entre 1992 et 2004. 

 

Ainsi non seulement est-il l’un des principaux artisans de cette somme linguistique, mais encore le « chef de file » de quelques praticiens de la langue régionale, au rang desquels Suzanne Bontemps et Robert Beau qui créent dans une perspective tendre et poétique, parfois nostalgique, loin de la facilité qui consiste à n’utiliser le poitevin que dans un registre où le comique a trop souvent servi d’alibi à stigmatiser certains traits stéréotypés du comportement paysan, des citadins et de la femme, souvent peu considérée. Son poème La Vièlle illustre parfaitement l’orientation humaniste de sa créativité :

 

Quant al at réçounai avéc rén qu’ine patate,

In petit réchtant de pouràie, ine poume é tres caleas,

Qu’al at mi in petit de lét den l’éçheule a sa chate,

A s’assit devant le foujhàe, é pi qu’ét o qu’a fét ?

A dort in petit, la viélle...

 

« Velàu boere in cot, facteùr ? Merci pr lés nouvéles !

Y at o rén que le jhornal ? Qu’ét o dun qu’o y at de neù ? »

A s’assit den la fenàetre pr lire la pajhe de Méle ;

Moén d’in quart d’eùre enpràe, la vela çhi dort dessu.

A dort souvent, la viélle.

 

 

                      

L’artiste du quotidien

 

Mais l’homme de lettres se double de l’artiste, de l’homme de scène, friand du contact direct et non médiatisé avec son public. Il excelle dans le genre, et si l’on ne rit pas gras, on y sourit, ce qui lui convient parfaitement. Cette gratitude discrète des « gens qui s’y reconnaissent » suffit à la plénitude de sa performance d’acteur.

À l’aise dans ce timbre grave et puissant de celui qui joue allègrement avec les mots d’une apparente légèreté, il a le talent d’un jongleur à vous couper le souffle.

Ainsi, par exemple, le voilà à balancer des ssssssssssssss des chchchchchchchch et encore des çhçhçhçhçhçhçh, qui fleurissent dans les gorges pèleboises. Il s’y découvre roi des virelangues lorsqu’il vous chuinte son Sou çhau chou (sous ce chou !) qu’il a déjà servi deux cent quarante fois à des publics médusés :

 

Çhi çh’at dit çheù ?... hén ! Çhi çhi at dit çheù ? Çhi ét o çhàu ou çhi ét o çhéle çhi at dit çheù ?

O n-ét cheùt de çhàus d’içhi ?

Pa çhàu çhi at lés piàus çhi çhi cheùsant su sés usses ?

Pa çhéle çh’at çhau chignun çhi démanche ?

Pa çhàu çh’at çhau chéti chapea ch’ét cheùt ?...

 

S’il y a du Devos en lui, et du meilleur, il y a aussi du Rabelais et du Prévert.

Il faut l’avoir vu et entendu mettre en vers chantés ses interminables inventaires de patronymes féminins des grands-mères, Les Nums daus nenaes :

« ... Mausàie, Salàie, Bosbue, Marbue, Barillote, Bisote, Papote, Popinote, Baudouine, Bévine, Chatine, Niauline, Sabourine, Martine, la felle a Martin, Peloçhine é Robine, la felle a Robin... »

et il vous en aligne comme ça les deux tiers de la commune. Il a la rime facile et le sens des alliances de sons et de mots.

 

Son public, c’est « le » public ; aucun cabotinage ne l’habite. Il se plaît autant à dire son fait qu’à se dire lui, autant sur les meilleures scènes régionales, dans les bibliothèques et médiathèques, qu’à l’issue d’un banquet ou d’un repas entre bons amis. Parce qu’Ulysse, c’est d’abord un ami ; votre ami.

 

 

 

Ouvrages d’Ulysse Dubois :

A l’inbre dou tilell, Mougon, Geste paysanne / Atelier parlange de l’UPCP, 1986.

Écrivajhes, Mougon, UPCP, Geste paysanne, 1985 (pp. 131-135), en collaboration avec 52 auteurs de 1850 à 1984.

Va lou dire, Içhi queme allour, Geste éditions, 1993, en collaboration avec Robert Beau (Plus cassette).

Le Livre d’imajhes, La Crèche, Geste éditions, 2001.

Glossaire des parlers populaires de Poitou, Aunis, Saintonge, Angoumois, Saint-Jean-d’Angély, SEFCO, 5 vol. (1992-2004), en collaboration avec Michel Renaud (vol. 1-5),  Jean-François Migaud (vol.1-4), Jacques Duguet (vol. 1-3), James Angibaud (vol. 5),

Discographie :

Contes et nouvelles du Pays Pèlebois, n°1, disque vinyle, 30cm, 33t, ADAC / UPCP-Geste paysanne.

Contes et nouvelles du Pays Pèlebois, n°2 , disque vinyle, 30cm, 33t, ADAC / UPCP-Geste paysanne.

 En collaboration avec Gérard Pierron et al. : Les Cent printemps des poètes, disque vinyle, 30cm, 33t, Jam, éd. Christian Pirot, 0485 / EB54, Enregistrement public au Printemps de Bourges, 1985 (Prix Académie Charles Cros).

Venez vous sacàe den ma chaçun, CDUP87, Parthenay, Geste éditions, 2001.

 

Sur les auteurs :

Michel Valière, a été successivement enseignant, puis ethnologue à la Région et à la DRAC de Poitou-Charentes, chargé de mission au Musée national des arts et traditions populaires à Paris, professeur associé à l’université de Poitiers.
Engagé dans le mouvement associatif il a participé à la création et à la dynamique de plusieurs associations dont le Centre Culturel de Gençay (Vienne), l’UPCP et l’ARPE (Association régionale pour la promotion de l’ethnologie).

Ses travaux ethnographiques portent essentiellement sur le patrimoine, les œuvres orales et les récits de vie, et il est l’auteur de nombreux articles et de plusieurs ouvrages parmi lesquels

Histoire de la vie rurale en Poitou : récits d’un étalonnier (en collab. avec Jean-Louis Fossat), Toulouse, Université Le Mirail, 1977.

Récits et contes populaires du Poitou (en collab. avec Catherine Robert), Paris, Gallimard, 1979.

Amours paysannes : récit d’une vie de galerne, Paris, Stock, 1980 (rééd. La Crèche, Geste éd., 2007).

Francine Poitevin ou l’ethnographie au musée : de la passion à la science (en collab. avec Marie-Christine Planchard), Musée de la ville de Poitiers, 1986.

Laurent Gayraud, luthier : enquête ethnographique, (en collab. avec Virginie Kollmann et Alain Maulny), Poitiers, Musée de la ville de Poitiers, 1987.

Le Patrimoine industriel (en collab. avec Virginie Kollmann), Poitiers, ABCD et ARPE, 1992.

Ethnographie de la France : histoire et enjeux contemporains des approches du patrimoine  ethnologique, Paris, Armand Colin, 2002.

                Le Conte populaire : approche socio-anthropologique, Paris, Armand Colin, 2006.

 

Michèle Gardré Valière : Après une carrière d’enseignante de Français-Latin-Grec, elle s’est passionnée pour la collecte, l’étude et l’enseignement des musiques de tradition orale, et en particulier la chanson.

Engagée dans le mouvement associatif, elle a participé à la création et à la dynamique de plusieurs associations dont le Centre Culturel de Gençay (Vienne), l’UPCP et l’ARPE (Association régionale pour la promotion de l’ethnologie).

Elle est l’auteur de plusieurs articles en particulier dans le cadre de la Société d’Ethnologie et de Folklore du Centre-Ouest (revue Aguiaine).

 

 

 

 

 

Hommage à Aimé Paquereau 

 La mémoire et la fidélité

d’après des documents fournis par Micheline Paquereau et ses enfants, et rassemblés par Jean-François Paquereau, ainsi qu’un témoignage de Claude Morillon.

 

 

Les études

Aimé Paquereau est né à Availles Thouarsais le 30 mars 1923 de parents cultivateurs. Il entre à l'école publique le 2 janvier 1928, « Appliqué - Travailleur - Bonne conduite - Ira loin » dit de lui  son instituteur Roger Billon. Il obtient son certificat d'études primaires à 12 ans, le 21 juin 1935, avec mention Très Bien, en étant premier du canton d'Airvault.

 

Il poursuit ses études à l'EPS (école primaire supérieure et professionnelle de garçons) de Thouars, du 1er octobre 1935 au 13 juillet 1940.

C'est là, à l'internat, qu'il se lie d'amitié avec René Monory (qui appartenait à la promotion précédente) et d'autres camarades ; ils forment un groupe très uni. Celui-ci s'est reconstitué en 1976 et a alors pris l'habitude, malgré d'évidentes divergences politiques, de se retrouver annuellement autour d'une bonne table et en particulier en 1979 au ministère des finances (photo ci-dessous) et en 1997 à la présidence du Sénat.

Reçu premier au concours, il entre le 1er octobre 1940 à l'école normale garçons des Deux Sèvres alors repliée au collège de Saint Maixent (les écoles normales, mal pensantes aux yeux de Vichy, avaient été supprimées dès la rentrée 1940 par Pétain et le terme de normalien banni) où il devient « élève-maître ». Sa promotion forte de 16 élèves, choisit comme devise   «  Viens donc, viens, il est temps, tardive liberté »  (Lamartine), traduisant l'esprit frondeur dans lequel la promotion arrivait à Saint Maixent. Au fil du temps cet esprit frondeur mûrit et se fortifia jusqu'à se transformer en esprit de résistance, comme ce fut le cas pour Paul Drevin qui s'en ouvrit le premier à ses camarades.

Aimé a dit, dans son allocution prononcée le 1er juillet 2005 lors des obsèques de son camarade de promotion Gaston Bouchand : « ...Les écoles normales, supprimées par le maréchal Pétain au nom de la révolution nationale, nous nous étions retrouvés exilés au collège de Saint Maixent l'École. Nous faisions figure d'intrus dans un établissement non préparé à nous recevoir. Le contexte nous était défavorable. En réaction, et plus ou moins consciemment, notre groupe avait adopté la tactique du "hérisson" jusqu'à ce que l'on veuille bien reconnaître notre spécificité. Des liens très forts se sont créés entre nous. Soixante ans plus tard, alors que nos parcours ont été très divers, la solidarité interne demeure la règle. »

 

Il est bachelier « mathématiques » avec mention en 1943 et major de la promotion.

Sa quatrième année d' EN se fera au lycée de garçons de Poitiers (collège Henri IV actuellement) en 1943 dans la classe préparatoire Saint Cloud Sciences .

Lauréat aux concours d'entrée à St Cloud (classé 18ème) et à l'ENSET (école normale supérieure de l'enseignement technique) (classé 5ème), il choisira d’intégrer l’ ENSET dès janvier 1945. Il sera mobilisé le 19 février 1945 à Saint Maixent mais mis en sursis le 15 septembre 1945, il reprendra les cours à partir du 1er Octobre 1945 pour devenir professeur des collèges techniques en juin 1947.

 

La carrière professionnelle

Il rejoint son premier poste à Pons le 1er octobre 1947. Il obtiendra très vite sa mutation pour Niort, au collège technique (qui deviendra plus tard le lycée technique d’Etat) à la rentrée 1948, il y restera jusqu’en juin 1965, ce qui explique son attachement à cet établissement.

Aimé s’est marié le 9 août 1947 à Availles-Thouarsais avec Micheline Bigot originaire comme lui de cette commune; ils auront trois enfants, Françoise (1949), Jean-François (1951) et Christine (1957) qui feront des études supérieures à Poitiers, aussi, afin de pouvoir rester près d’eux, il obtient à la rentrée 1965 sa mutation pour le lycée technique d'état de garçons à Poitiers puis à la rentrée 1967 au lycée technique nationalisé mixte commercial. Il donne aussi des cours à l'école supérieure de commerce de Poitiers.

En juin 1972 il est nommé principal de CES mais au lieu de rejoindre un établissement, il devient  chef de la division « organisation des établissements scolaires » au rectorat de Poitiers le 13 septembre 1972, il gère trois bureaux, « fonction statistique » (collecte informations et études prévisionnelles), « fonction organisation structurelle (application de la carte scolaire, ouvertures et fermetures des sections et options), « fonction gestion des moyens » (répartition des moyens et contrôle de leur utilisation).

Parmi de multiples tâches, il s'implique plus particulièrement dès 1978 dans la mise en place de la « règle H/E », unité de mesure toujours bien connue de tous les chefs d'établissement. Cette mise en place lui a valu quelques inimitiés ... surtout dans les gros établissements qui étaient auparavant trop largement dotés.

 

Ayant atteint l'âge de la retraite, il quitte le Rectorat en avril 1983 avec le grade de proviseur de lycée.

 

 

Témoignage de Claude Morillon

C'est par un bel après-midi de février que nous nous sommes recueillis sur la tombe d'Aimé Paquereau. Il était décédé le 4 janvier à Niort. Ses obsèques avaient eu lieu quelques jours après dans son village natal d'Availles-Thouarsais, alors qu'un « blanc manteau » et un froid rigoureux rendaient la circulation dangereuse, empêchant de nombreux amis de l'accompagner et d'entourer ses proches. Dans le cimetière, accroché à la pente du vallon où s'étale le village, la petite délégation de l'AMOPA conduite par Daniel Brillaud put, ce 18 février 2010, exprimer à son épouse, Micheline, à ses enfants ainsi qu'à l'un de ses vieux et chers camarades de promotion de l'Ecole normale, René Voisin, accompagné de sa femme, tout le respect et l'admiration que nous lui portions, en les assurant de la chaleur de notre amitié.

 

            Les lignes qui suivent ne sont pas celles d'une notice nécrologique restituant le parcours, exemplaire, de cet homme (on lira cet itinéraire ci-contre). Leur rédacteur n'a pas la compétence pour embrasser une telle carrière. C'est d'une rencontre dont il veut témoigner : si elle fut malheureusement tardive, elle n'en fut pas moins lumineuse. C'est autour de deux épisodes particuliers que cette rencontre s'est faite et qu'une amitié est née, transgressant les générations, mieux les unissant.

C'est sans aucun doute dans l'enceinte collégiale et conviviale d'une assemblée générale de l'AMOPA que j'ai dû faire la connaissance de monsieur Paquereau... sans que nous le sachions l'un et l'autre. Ce devait être en 2002 ; je venais, quelques mois plus tôt d'arriver – de rentrer – dans les Deux-Sèvres après vingt années d'enseignement dans mon vieux (bicentenaire) lycée angoumoisin. Le lycée polyvalent « Paul Guérin » devait alors constituer la dernière étape d'un trajet pédagogique qui s'achèverait, huit ans plus tard, dans mon département natal.

Notre première rencontre, en vis-à-vis, eut lieu au cours de l'année scolaire 2003-2004. Un jour que je m'entretenais avec mon proviseur, Jean-Claude Arnal, de l'histoire (celle-ci semi-séculaire) de notre établissement – alors que depuis plusieurs mois nous envisagions, avec une de mes collègues, un projet d'action éducative sur la « mémoire lycéenne » - celui-ci, tout en déplorant comme moi la faiblesse des archives au sein même du lycée, me fit savoir qu'il pourrait me mettre en relation avec un « homme providentiel ». Et je fis connaissance quelques semaines plus tard de l'homme-mémoire !

            L'accueillant au CDI de l'établissement, je fus véritablement saisi d'admiration par la mémoire prodigieuse d'Aimé Paquereau. Il nous parla des débuts de cet établissement, sorti de terre dans la plaine des Fiefs, en tant que collège technique. Nous étions alors au coeur du « baby boom ». Il en fut, à l'ouverture en 1958, un des premiers professeurs, avant de rejoindre Poitiers et d'occuper plus tard au Rectorat de hautes fonctions. Puis il nous inscrivit dans le temps long ce que fut la naissance et le développement de l'enseignement technique dans le chef-lieu des Deux-Sèvres. Ce furent, tour à tour, des portraits d'enseignants, de proviseurs et d'élèves (dont il se souvenait des noms et des carrières entreprises plus tard), des descriptions des conditions d'enseignement et des transformations des lieux qui nous subjuguèrent. La finesse d'esprit et l'humour pétillant donnaient à l'ensemble de ce récit un relief exceptionnel.

Quelque temps plus tard, il me fit remettre des éléments biographiques qu'il avait réunis sur l'homme Paul Guérin, auquel il vouait une grande admiration, né comme lui dans le canton d'Airvault, et dont l'ascension, tant scolaire que professionnelle, fut guidée par Roger Thabault, son ancien professeur de Lettres à l'Ecole normale de Parthenay. En entendant parler d'Aimé Paquereau dans les années qui ont suivi ou en l'écoutant moi-même, je ne pus m'empêcher de voir une filiation prononcée entre ces trois figures : ThabaultGuérinPaquereau. L'attachement à un terroir, sans aucun doute, une haute idée de l'Ecole au sein de la République et une volonté de promouvoir l'enseignement technique les liaient, une génération portant l'autre.

 

Et quand vint, à partir de l'automne 2007, le moment de la préparation intense du cinquantième anniversaire du lycée, nous eûmes recours à ses conseils et son appui : d'un côté, pour retrouver des membres du personnel enseignant et administratif ainsi que des représentants de promotions d'élèves ; de l'autre, pour illustrer la mémoire de celui dont notre lycée porte le nom depuis 1980. Et c'est ainsi que le 28 mars 2008, grâce au soutien qu'il nous avait accordé, nous avons pu accueillir pour l'inauguration officielle, auprès de la présidente de Région, madame Annette Rosa, fille de Paul Guérin, professeure de Lettres accompagnée de son mari, universitaire parisien éminent, spécialiste de Victor Hugo. Ce fut, quelques jours après pour une conférence, un des professeurs du Conservatoire National des Arts et Métiers, prestigieux établissement de recherche et d'enseignement dont Paul Guérin avait été le directeur de 1965 à sa mort en 1974.

Je revois encore, au cours de ces moments, la joie d'Aimé Paquereau au milieu d'un petit groupe d'amis se retrouvant cinq décennies plus tard sur le lieu de leur fonction, puis auprès de plusieurs « cohortes » d'anciens élèves ; fier, aux côtés des deux derniers proviseurs, de voir son cher « collège technique », devenu lycée polyvalent, vivre cette étape de son histoire.

           

Ce sont sûrement tous ces mois de préparation qui nous ont rapprochés. Et ceci doit expliquer qu'il me demanda, quelques mois plus tard au cours de l'été 2008, de le rejoindre à son domicile, en compagnie de deux de ses amis. Ils souhaitaient me parler, me dit-il, d'une « affaire d'importance ». De cette « affaire », je n'ignorais rien en vérité, car nous nous en étions entretenu brièvement, mais sans mesurer alors ce qu'il attendait de moi ! En effet, l'année précédente s'était interrompue une cérémonie commémorative dédiée, depuis la Libération, à deux jeunes « normaliens ». Paul Drevin et Paul Veillon furent tués en mission, le 19 août 1944, sur la voie ferrée Poitiers-La Rochelle, en aval de Saint-Maixent. Ils faisaient partie d'un réseau de résistance dès l'année 42, le réseau Eleuthère, et d'un groupe armé, le Triangle 16, à l'été 44 (dont le regroupement clandestin se situait dans le bois de Cathelogne, commune de Saint-Georges de Noisné, canton de Mazières-en-Gâtine).

En 1940, Vichy ayant décidé la dissolution des Ecoles normales, la promotion 1940-1943 de l'EN de garçons de Parthenay fut déplacée vers le collège de Saint-Maixent. Le major de cette promotion était Aimé Paquereau. La « carte d'échelle » de la promotion, dessinée avec un talent et un humour remarquables par Paul Drevin, représentait chacun des 16 élèves, âgés de vingt ans en 1942, avec une force vitale qui ne peut qu'impressionner (page suivante, Aimé est en haut de l’échelle). Six d'entre-eux s'engagèrent dans l'action résistante : Rémi Boux, Paul Drevin et Paul Veillon qui disparurent en cet été 44, Marc Rainard, René Robin et René Voisin. Deux « normaliens » de la promotion suivante s'y adjoignirent, Camille Lemberton et Marcel Ricard.

Entrés dès 43 dans une complète clandestinité, ils constituèrent le noyau principal du Triangle 16 tandis que les combats de la libération commençaient. En août 1946, une impressionnante foule – avec les principaux chefs de la Résistance départementale, à commencer par E. Proust-Chaumette et le préfet de la libération R. Hudeley, tous les deux enseignants faut-il le rappeler, et le général Faucher – participa à l'inauguration des deux monuments érigés à Ricou, commune de Saint-Martin de Saint-Maixent,  et à Cathelogne.

La résonance de cette mort tragique en août 44 avait été considérable bien que souterraine, alors que la fièvre de la libération faisait se côtoyer immense danger et exaltation. Elle l'était encore deux ans plus tard au moment de la commémoration : les discours célébrèrent les valeurs de l'Ecole et de la République et illustrèrent l'engagement personnifié de la jeunesse. Dès lors, à l'initiative conjointe du chef de ce groupe, André Dupuis, assisté de son lieutenant, Camille Lemberton, et des anciens « normaliens » - ils sont devenus instituteurs ou professeurs, principaux, proviseurs ou inspecteur d'académie – chaque premier dimanche de septembre une double cérémonie se déroula sur ces lieux.

Puis, l'âge ou la maladie, les décès ont éloigné ces dernières années beaucoup des acteurs de ce combat pour la liberté, quand survint en 2007 cette menace de rupture commémorative. Depuis une décennie l'organisation de la cérémonie reposait sur les seules épaules des survivants.

 

Il m'a fallu cette restitution préalable des faits, tant je suis désireux de faire apparaître cette deuxième facette de l'hommage que je me dois de rendre à Aimé Paquereau, pour que l'on puisse, je l'espère, saisir ce qui m'est apparu comme un des traits les plus marquants de la personnalité de cet homme : la fidélité à un idéal – de jeunesse et d'éducation – et à des camarades qui avaient mis en péril leur vie parce qu'ils souhaitaient mettre en acte leur idéal de liberté.

Lui, qui n'avait pas fait ce passage de la résistance de l'esprit à la résistance en acte, lui qui avait pour ses trois camarades disparus une vénération toute fraternelle, lui encore parce qu'il avait été le major de cette promotion de l'EN – laquelle, en 1940, avait pris une devise venue de Lamartine : « Viens donc, viens, il est temps, tardive Liberté » ! - avait manifesté le désir impérieux de se retrouver, depuis une trentaine d'années, avec la majorité des membres de cette promotion et de leurs épouses, aux côtés de leurs camarades résistants devant les stèles dédiées à leurs chers Paul Drevin et Paul Veillon. C'était pour lui, j'en suis persuadé, une dette morale ; pour lui et pour tous ses camarades un devoir moral.

C'est tout cela que je saisis peu après que je me fus rendu à ce rendez-vous à son domicile niortais. A ses côtés se trouvait René Voisin, 86 ans comme lui, à la gentillesse rayonnante malgré sa fatigue ; René Robin, très affaibli, n'avait pu les rejoindre. Leur émotion était perceptible et je compris bientôt la raison et le sens de leur appel. Monsieur Paquereau s'exprima avec cette force de conviction que nous lui connaissions tous pour me dire qu'il leur était insupportable de penser – après l'interruption de l'année précédente – qu'une rupture mémorielle pût intervenir. Puis il ajouta, en s'appuyant du regard sur son ami René Voisin, qu'ils souhaitaient l'un et l'autre qu'en raison de mes fonctions, de mon histoire familiale qui me reliait à ces événements et de ma proximité géographique avec les lieux, je me saisisse désormais de cette transmission qu'ils considéraient comme une filiation. Ici, on comprendra que je me contente de dire qu'il me fallut refouler l'émotion qui m'étreignit en cet instant.

Dans l'année qui suivit, nous eûmes tous les trois de nombreuses rencontres. Une chose m'était apparue immédiatement évidente : puisqu'il s'agissait bien de la pérennisation d'une cérémonie publique, seul un relais civique par les collectivités territoriales pouvait y contribuer. Ce fut le sens de l'appel que j'adressai le 6 septembre 2009, entouré d'Aimé Paquereau et de René Voisin, aux élus locaux présents à la double cérémonie. Au cours du trimestre suivant, porté par la confiance qu'ils m'accordaient et en informant  le Conservatoire de la Résistance de Thouars, je pus parvenir à l'aboutissement de cette mission qui m'avait été confiée. Le 4 décembre, à quelques jours de son hospitalisation, j'ai pu faire savoir à Aimé Paquereau que le courrier que j'allais adresser, au nom de ses camarades et de leurs familles, aux onze maires, aux trois conseillers généraux et aux deux parlementaires était en voie d'achèvement. Et si je garde pour moi les paroles qu'il prononça, je ne peux dissimuler ce qu'étaient à la fois son soulagement et sa satisfaction.

Un mois après, il nous quittait. Le 10 février, c'est en lui rendant hommage que Monsieur René Voisin et moi-même avons tenu à ouvrir la réunion en la mairie de Saint-Martin de Saint-Maixent ; séance qui allait entériner, en présence d'une douzaine d'élus locaux, la sauvegarde de la double cérémonie et réfléchir au sens de la commémoration de la Résistance sur ce petit territoire de notre République.

 

            Un sentiment m'envahit au terme du récit de cette rencontre : comprendra-t-on qu'au travers de ces deux « moments » singuliers partagés, entre 2003 et 2009, avec Monsieur Aimé Paquereau, j'aie pu percevoir les hautes qualités intellectuelles et morales de cet homme ? Son attachement viscéral à la « chose publique », la rigueur de son esprit d'analyse, comme son esprit de synthèse fulgurant, nous fûmes des centaines à le constater tout au long de sa carrière et de sa vie. De la même manière j'affirme que – nous sommes un certain nombre, je le sais, dans notre association à éprouver cela –, dès que j'ai entendu Aimé Paquereau, je n'ai pu m'empêcher de penser à cette génération de professeurs que nous avons eus dans nos Cours complémentaires, bientôt devenus CES à la charnière des années 1950-1960.

 

Oui, nous sommes fiers d'avoir été formés par des enseignants de cette trempe.

 

 

 

Les engagements dans la société

 

Fidèle en amitié : il a été dès 1953 l'instigateur en association avec son camarade Jean-Théophane Billy de banquets de promo des anciens élèves de l'EN ; il a assisté très régulièrement à Ricou et à Cathelogne aux hommages rendus à ses camarades de promotion résistants; il a été aussi l'organisateur principal des rencontres avec ses camarades de l'internat à l'EPS de Thouars.

 

Militant laïque engagé il a entre autres été à l'origine de la création d'une association de parents d'élèves au lycée de jeunes filles de Niort.

 

Syndicaliste, il fut fortement engagé au sein de la FEN dans les années 1960-65.

 

Elu municipal à Availles Thouarsais, il a été conseiller municipal de 1977 à 1983, maire de 1983 à 1989, puis à nouveau conseiller municipal de 1989 à 1995 et vice président pendant plusieurs années du SIADE (Syndicat Intercommunal d'Adduction d'Eau) du Pays Thouarsais.

 

Citoyen actif, il fut administrateur de la caisse d'épargne de Parthenay. Président (entre 1985 et 1988) de l'antenne départementale de l’association Prévention MAIF qui intervient auprès des écoles et des collèges en organisant des concours dans le cadre du programme national REAGIR (Réagir par des Enquêtes sur les Accidents Graves et des Initiatives pour y Remédier).

 

Membre de l’AMOPA, nommé chevalier à la promotion de juillet 1963, il était commandeur depuis 1981. Depuis qu’il est revenu en Deux-Sèvres, avec Micheline, ils n’ont pas manqué une assemblée générale jusqu’à sa dernière à Thouars en 2007 (photo ci-dessous), était-ce un signe ?

La remise de la cravate de commandeur à Jean-Claude Arnal, proviseur du lycée Paul Guérin, ancien collège technique, où Aimé avait enseigné pendant seize ans fut un moment très émouvant au collège Fontanes en 2005 (photo ci-dessus)

 

Amopalien depuis 47ans, nous venons de perdre notre doyen.

 

Aimé est  inhumé chez lui, au cimetière d'Availles Thouarsais.

 

 

 

 

 

Omer Auzanneau 

                        Un parcours exemplaire dans l’humilité   par Daniel Brillaud

 

 

Nous l’avons vu apporter un témoignage sur Edmond Proust lors de la conférence de Michel Chaumet, en 2009. Il a été le premier trésorier de notre section AMOPA. Il nous a quittés le 3 mars dernier.

Omer était d’abord imprégné de ses origines trioulaises ; il était né dans ce petit village le 20 juillet 1915 ; ses parents étaient alors ouvriers agricoles. Toute sa vie, il a tenu à cultiver un jardin, à essaimer des ruches dans le petit vallon de Châtre-Chat, près de l’endroit où il avait été conçu ; il y entretenait des liens d’amitié avec tous ses anciens camarades d’école, ceux qui étaient restés à la terre comme ceux qui étaient partis à la ville, tels René et André Gaillard ; à sa demande, ses cendres ont été dispersées dans la carrière où avait travaillé son père, aux Roches à Bonnet, dans le prolongement du même vallon.

Après la classe unique de Triou et le certificat d’études primaires (1927), on l’avait fait entrer au Cours complémentaire de Celles-sur-Belle ; au vu de ses bons résultats, il y avait préparé avec succès le concours d’entrée à l’Ecole Normale de Parthenay (1931). Passent quatre années de grande camaraderie et il se retrouve à 19 ans face aux 52 élèves d’une classe unique, à Saint-Romans-des-Champs.

Suit un long épisode qui le marquera profondément. Il est appelé sous les drapeaux en 1936 et maintenu en 1938, période où il se marie et a deux premiers enfants. Désireux d’assumer un haut niveau d’engagement dans l’inéluctable affrontement avec le nazisme, il demande à devenir aviateur… et se retrouve officier de blindés, commandant de char (grade de Lieutenant).

Au début de la guerre, son groupe de chars fonce en terre ennemie mais un ordre de recul intervient ; quelques semaines plus tard, l’armée nazie arrive en force, son char est bombardé, son camarade mécanicien est tué.

Il se retrouve dans un Oflag, près de Nuremberg, là où est également détenu Edmond Proust ; Omer nous dira que ses camarades et lui passeront souvent plusieurs lignes de barbelés pour aller rencontrer dans un autre « block » celui qui était déjà un chef charismatique.

Libération en 1945 : dix années de direction d’école à Béceleuf et d’investisement sans bornes pour assurer la réussite des élèves, pour animer la vie du village dans le cadre de la Société d’Education Populaire ; Omer est, au théâtre, metteur en scène, régisseur, acteur principal ; avec les bénéfices des spectacles, il est organisateur de voyages pour les jeunes et va jusqu’à conduire le bus ; pendant l’été, pour rendre service, il peut assurer dans la poussière et le cambouis, comme mécanicien, le fonctionnement d’une machine à battre allant de ferme en ferme.

 

Nomination à Niort en 1955 à Paul Bert. Omer se remarie ; deux nouveaux enfants naîtront de ce mariage.

 

Une grande aventure commence en 1958 avec l’ouverture du groupe scolaire du Fief-Chapon, par la suite baptisé Edmond-Proust : ce groupe scolaire, qu’il dirigera jusqu’à sa retraite en 1972, passera de 4 à 26 classes ! Omer travaille en étroite relation avec son ami d’enfance, René Gaillard, Inspecteur Jeunesse et Sport, bientôt député-maire de la ville. Tous les deux ont été marqués par la guerre ; en 1961, année de la construction du mur de Berlin, dans le cadre de l’Amicale laïque, ils organisent une rencontre de jeunes à Springe (Basse Saxe) ; cette rencontre sera renouvelée et débouchera sur un jumelage entre villes.

 

Parmi les nombreux investissements d’Omer à l’école Edmond-Proust, il convient de signaler les cours de jardinage et de naturalisme, donnés après la classe dans la simplicité et la convivialité ; mais aussi et surtout, le travail de liaison avec les familles et avec l’association des parents d’élèves ; les activités théâtrales seront en particulier des moments privilégiés de rencontre.

 Les Inspecteurs d’académie Lallemand, Despilho et Ziegler seront reconnaissants du travail accompli (en particulier, palmes académiques en 1970 et médaille personnalisée de l’Education nationale).

Cerise sur le gâteau : l’aviation. A 12 ans, l’année où Lindberg traversait l’Atlantique, quelqu’un l’avait invité à monter dans l’aéroplane qu’il convoitait sur le terrain de manœuvre de Souché. Ce tour dans les airs fut une révélation. Il créa à Niort, en 1958, la section d’aéromodélisme, mais il attendit l’âge de 74 ans pour apprendre à piloter ; à 83 ans, il effectuait encore avec un ami quelques acrobaties dans l’avion de Catherine Maunoury, championne du monde de voltige.

Omer était un « phénomène » admiré pour sa simplicité, son authenticité, sa générosité et son engagement dans tous les compartiments de sa vie. Il fut un puissant défenseur des valeurs de l’Ecole et des valeurs républicaines ; profondément humaniste, il a toujours porté, a priori, un regard confiant sur les enfants qui lui étaient confiés et sur les adultes qui l’entouraient ; amoureux de la nature, il apparut comme un écologiste avant l’heure.

 

Pour beaucoup, pour moi en particulier, Omer fut un exemple.

 

 

 

 

 

 

 

Conférence du 22 mars 2010 aux Archives Départementales par Sébastien Dugleux

 

 

 

La politique de l’eau et ses enjeux sur nos territoires 

D’hier à aujourd’hui et pour demain

 

 

Environ soixante-dix personnes ont suivi Brigitte Pipon (qui a rédigé le texte ci-dessous), guide

enthousiaste de l’exposition « À la conquête de l'eau - Petite histoire d'eau en Deux-Sèvres ».

Tel était le titre de l'exposition que les Archives départementales ont présenté du 27 novembre 2009 au 30 avril 2010. L'AMOPA nous a fait le plaisir de venir la visiter et avait choisi très judicieusement le 22 mars, date de la journée mondiale de l'eau. Le propos de l'exposition visait à mettre en perspective sur plusieurs siècles des problématiques encore présentes aujourd'hui : la maîtrise des catastrophes naturelles (crues, sécheresses), le franchissement des voies fluviales, l'exploitation économique des rivières, la pollution, la qualité de l'eau.    

            Le département des Deux-Sèvres, qui doit son nom à la Sèvre Niortaise et à la Sèvre Nantaise, compte 497 cours d'eau. Du Moyen Âge à la première moitié du XXe siècle, l’homme a dû s’adapter à son environnement et aménager le territoire deux-sévrien pour répondre à ses besoins en eau. Il a d’abord construit des gués, puis des ponts et des viaducs. Il a également dû se protéger des crues et constituer des réserves pour lutter contre les sécheresses et permettre l’irrigation.

      Le commerce s’est alors nourri de l’eau : la pêche mais aussi, grâce au moulin hydraulique, les activités industrielle et artisanale telles que les tanneries et la chamoiserie. Niort est ainsi devenue un port commercial.       Néanmoins, la demande hydraulique croissante, les multiples épidémies et la pollution raréfiant l’eau potable, l’assainissement est devenu une nécessité à partir du XIXe siècle. L'évolution est lente. En 1960, 12 % des Français seulement sont reliés au tout-à-l'égout. En Deux-Sèvres, la première station d'épuration est ouverte en 1971.

À partir de la deuxième moitié du XXe siècle, de nouveaux usages de l’eau apparaissent. L’eau devient un espace de détente et de loisirs : le tourisme se développe dans la Venise verte, des aires spécifiques sont aménagées pour la pêche et la baignade comme au lac Lambon et à Pescalis, et se pratiquent des sports d’eau tels que la spéléologie dans la rivière souterraine de Champdeniers ou le canoë kayak..

Depuis qu’elle coule à flot au robinet, on pourrait croire l’eau inépuisable. Mais le réchauffement climatique, les usages intensifs de l’agriculture et de l’industrie et la pollution nous ont appris ces dernières décennies qu’utilisation devait désormais rimer avec préservation.

Ainsi la préoccupation environnementale se manifeste à travers la création du parc régional naturel du marais poitevin en 1979 ou celle du pôle science et nature du Cébron en 2004. Si la mise en place des barrages du Cébron en 1982 et de la Touche-Poupard en 1995 – gigantesques châteaux d’eau – a permis de remédier en partie à la sécheresse, la vigilance reste de mise en ce début du XXIe siècle.

 

Puis, Claude Morillon, dans un élan poétique inspiré par Jean de La Fontaine, nous a invité à passer dans la salle de conférence pour y écouter Sébastien Dugleux (vice président du Conseil général, en charge de la politique de l’eau, de l’environnement et de l’espace rural) dont l’exposé fut brillant, très instructif et clôturé par de nombreux échanges avec le public.

Merci aux collaborateurs des Archives départementales qui ont, avec quelques amopaliens, assuré l’accueil.                                            Photo haut de page : Daniel Brillaud, Brigitte Pipon et Sébastien Dugleux

           

Ouvrage disponible : À la conquête de l'eau. Petite histoire d'eau en Deux-Sèvres, le catalogue de l'exposition,  avec de nombreuses illustrations, 2009, 72 p., est en vente (9€) aux Archives départementales.

 L'exposition est  disponible sous forme itinérante de 12 panneaux et peut être empruntée gratuitement sur  demande.

 


Concours de poésie pour adultes et scolaires de la Maison pour Tous de Moncoutant

 

Le traditionnel concours de poésie de la Maison pour tous de Moncoutant s’est déroulé en 2009 du mois de mai au mois de novembre.

50 enfants des écoles et 90 jeunes des collèges y ont participé, ainsi que 45 adultes de toutes les régions de France. Ils se sont partagés entre prose et poésie.

Le thème retenu,  était « la terre ».

Le jury comprenait des membres de l’AMOPA79, des Amis d’Ernest Pérochon, des représentants du Musée-Ecole de la Tournivelle et l’Essor Poétique de La Roche sur Yon. L’affluence exceptionnelle de candidats l’a mis à l’épreuve.

            Quelques modifications sont à attendre dans l’année à venir car nous déplorons la disparition de l’un des organisateurs de la MPT et les membres du jury complices depuis sept ans ont manifesté le désir d’être remplacés.    Le prochain concours s’ouvrira sans doute en 2011 à l’occasion du « Printemps des poètes »

 

 

Rallye citoyen des collégiens


        Depuis la suspension du Service national, un parcours de citoyenneté a été institué pour les jeunes dont la première étape est l’obligation de l’enseignement de la défense dans les programmes des collèges et des lycées. D’où l’idée de proposer aux collégiens des Deux-Sèvres, une journée ludique et conviviale où ils pourraient être évalués sur leurs connaissances et leurs compétences dans le domaine de la citoyenneté déclinée sous toutes ses acceptions à l’occasion d’une action éducative originale et ambitieuse. Mercredi 26 mai 2010 de 8h30 à 17h, à NIORT sur le site de Pré-Leroy, le troisième rallye citoyen des collégiens des Deux-Sèvres a rassemblé, provenant de 9 établissements, 25 équipes mixtes de 6 élèves volontaires.

 

Sous le patronage de madame Christiane Barret, préfète des Deux-Sèvres, avec le soutien de madame Annaïck Loisel, inspectrice d’académie, ainsi que  du général de brigade Didier Legrand, délégué militaire départemental et commandant de l’École Nationale des Sous-Officiers de St Maixent, cette journée de sensibilisation à la citoyenneté et à la défense civile et militaire, sous la forme d’un rallye pédestre a proposé douze ateliers ludiques et des espaces d’information. Ce projet éducatif partenarial innovant, au niveau de l’ensemble de notre département, s’inscrit dans le cadre ouvert des actions liées à l’éducation à la citoyenneté (éducation civique et CESC), dans ses trois dimensions complémentaires : civisme /civilité, responsabilité, socialisation, prise d’initiatives et autonomie.

 

Chaque équipe a été encadrée par un élève sous-officier de l’ENSOA et a participé aux épreuves suivantes :

Mémoire : programme de 3ème des collèges

Citoyenneté : programme d’éducation civique

Secourisme : les gestes de 1er secours

Connaissance de la défense : programme scolaire et stands d’informations

Topographie

Course d’orientation

Sécurité routière : théorie et pratique

Parcours de franchissement d’obstacles

Jeu d’adresse : force et précision

Cohésion : franchissement d’obstacles, en équipe,  avec un blessé

Connaissance du département

Développement durable (questions théoriques et pratiques)

 

La remise des prix a été présidée par madame Christine Barret, préfète des Deux-Sèvres, en présence de madame Valérie Deschler-Bouladoux représentant madame Loisel, inspectrice d’académie et du général de brigade Didier Legrand, Délégué militaire départemental et commandant de l’ENSOA.

Rendez-vous l’année prochaine le 25 mai 2011 pour une nouvelle édition avec de nouveaux ateliers.


 

Le canton de Mazières-en-Gâtine,

son histoire, son patrimoine        par Daniel Brillaud

 

Histoire

Mazières-en-Gâtine a pour origine un ancien village gaulois, puis gallo-romain, ravagé durant les invasions barbares. Au Moyen Âge, les seigneurs de Mazières étaient les vassaux des seigneurs de Verruyes, qui eux-mêmes dépendaient des seigneurs de Parthenay. À la Renaissance, la seigneurie de Mazières-en-Gâtine dépendait des comtes de Breuillac. Ces derniers y édifièrent le château du Petit-Chêne. La commune, en limite sud de la Vendée militaire, fut victime des guerres de Vendée : église incendiée et curé assassiné par les Vendéens.

Longtemps très isolée, surpeuplée et pauvre, la commune n'a commencé son essor économique et social qu'au cours de la seconde moitié du XIXe siècle grâce à la création de routes la reliant aux villes de Parthenay, Saint-Maixent et Niort. À la fin du XIXe siècle le désenclavement de la commune s'est poursuivi avec la première ligne de chemin de fer Paris-Chartres-Bordeaux (Paris-Chartres préexistait).

 

Géographie

La Gâtine est une région de vallons granitiques et de bocage située sur les contreforts sud-est du Massif armoricain. Elle correspond approximativement à l'arrondissement de Parthenay. Le mot gâtine signifie « terre gâtée », c'est-à-dire « mauvaise terre ».

La Gâtine est un réservoir d'eau pour la région Poitou-Charentes : le climat océanique apporte environ 1000 mm de précipitations annuelles, les infiltrations sont faibles et l’eau s’écoule de part et d’autre du massif. L'Autize, affluent de la Sèvre-Niortaise, prend sa source sur la commune de Mazières.

Chef-lieu de canton, Mazières-en-Gâtine est situé à l'extrême sud de la Gâtine, dans une partie déjà non granitique, aux portes de la plaine, à 25 km au nord de Niort, 15 km au sud de Parthenay. Le bourg se trouve sur l'axe routier Calais-Bayonne, qui a aujourd'hui beaucoup perdu de son importance du fait de l'expansion du réseau autoroutier. Depuis 2004-2005, le désenclavement routier, la pression démographique de l'agglomération de Niort et un cadre de vie préservé permettent à la commune de retrouver un certain dynamisme économique et démographique (installation de PME, création de lotissements communaux et privés, réhabilitation des maisons du centre bourg, maintien de commerces de proximité, création d'une zone d'activités près de la nouvelle rocade mise en service le 27 octobre 2008).

L'économie du canton reste tournée vers la terre (élevage de la race « Parthenaise », lait, arboriculture…), toutefois la Communauté de communes Sud-Gâtine abrite un certain nombre d'activités industrielles, artisanales et commerciales. Le tourisme vert tend également à se développer.

A la sortie sud de Mazières se trouve une importante carrière de diorite utilisée pour l'empierrement et l'entretien des routes et voies de chemins de fer. Dans cette carrière sont extraites chaque année 1500 000 tonnes de pierres en moyenne. L’entreprise exploitante, qui fait partie d'Eurovia (Groupe Vinci), est le principal employeur de la commune (198 personnes). Des visites pédagogiques sont organisées et prennent de l’importance avec l’appui de l’association « L’homme et la pierre ».

Plusieurs PME sont liées au transport de marchandises ou à l'agriculture (fabrication d'alimentation animale, matériel pour l'élevage) ; on compte aussi une société de chaudronnerie industrielle, une société de serrurerie/métallerie, une imprimerie et un atelier de PAO, une PME d'aménagement de magasins, un centre régional de gestion Manpower et le siège social du réseau de "Nettoie Chantier", premier réseau français d'agences de nettoyage écologique des chantiers de construction et de rénovation.

Le chef-lieu de canton abrite également un collège, une gendarmerie, un centre de secours, une maison des services médico-sociaux, une bibliothèque et une école de musique. À noter que le tissu associatif est particulièrement développé et varié.

 

Personnalités liées à la commune ou au canton de Mazières

 

  • Roger Thabault (1895-1979), pédagogue et sociologue, a publié une monographie portant sur l'évolution de Mazières (cf. article ci-joint page 31). Le collège porte son nom.
  • Serge Clément, sculpteur, y est né en 1933.
  • René Verriet de Litardière, botaniste né à Mazières en 1888 (portrait page 34)
  • Hamlaoui Mekachera a été ministre délégué aux Anciens Combattants de 2002 à 2007.
  • Jean-Marie Morisset conseiller général du canton depuis1988, député de la circonscription depuis 1993, a présidé le Conseil général des Deux-Sèvres de 2001 à 2008. Il collabore à l’élaboration de ce bulletin en nous offrant sa perception de l’évolution du canton depuis vingt ans (pages 23, 24, 25).

 

Évolution du canton depuis 20 ans     par Jean-Marie Morisset

 

Michel Bertrand, durant sa longue carrière d’enseignant et de directeur du collège de Mazières en Gâtine, observa la vie du canton, recueillit photographies et témoignages et mis en forme ses réflexions dans une plaquette diffusée en 1985.A la suite du livre de Roger Thabault intitulé « 1848-1914 – Mon village de Mazières », Michel Bertrand a retracé l’histoire de Mazières dans toutes ces composantes de 1914 à 1954.A travers ces deux ouvrages, on constate d’une part que si au XIX° siècle, la canton a vu naître ses écoles et a connu un désenclavement précoce grâce à sa situation géographique, sa route et le chemin de fer, il a profité aussi de la profonde mutation économique de la première moitié du  XX° siècle due à l’électrification, à l’adduction d’eau et à l’arrivée du gaz dans les campagnes. On constate d’autre part que depuis 1954, le canton de Mazières a évolué au même rythme que la France rurale avec ses fragilités et ses mutations. 

Le canton de Mazières est un canton moyen quant à sa population, laquelle est répartie sur 12 communes. Paradoxalement, ce n’est pas Mazières, le Chef-lieu, qui est le plus peuplé. On note en effet une augmentation importante à travers les différents recensements. Si le canton a perdu près de 1.000 habitants entre 1968 (7.231 hab.) et 1990 (6.135 hab.), on note une augmentation significative depuis maintenant 20 ans puisqu’au dernier recensement, il comptait 6.807 habitants, soit une augmentation de 9,26% par rapport à 1990, un taux largement supérieur à celui du département (5,88%) et à celui des dix cantons du Pays de Gâtine (2,54%). Cette augmentation est le résultat des actions décidées par les élus du canton à travers une opération programmée d’amélioration de l’habitat et des programmes de lotissements dans plusieurs communes. Je ne voudrais pas oublier également les investissements importants réalisés par les communes dans l’aménagement de leur centre-bourg pour rendre le cadre de vie plus accueillant.

L’analyse qui va suivre a pour seule ambition de donner une brève photographie du canton à travers les principaux évènements de ces vingt dernières années. Conseiller Général du Canton depuis 1988, j’ai eu en effet l’occasion de constater son évolution à travers les réalisations et les projets des communes et de la Communauté de communes et de rencontrer aussi beaucoup de solidarité et de mobilisation auprès des différents acteurs du territoire.

Solidarité et mobilisation contre l’exclusion

De nombreux acteurs se mobilisent contre l’exclusion dans notre canton depuis maintenant plusieurs années pour apporter un soutien aux personnes les plus fragiles à travers plusieurs structures  soutenues par les élus du canton.

L’association Intermédiaire, mise en place en 1988, a pour objectif d’aider un maximum de personnes à trouver un emploi durable et pour vocation première de mettre en relation les demandeurs d’emploi et les employeurs pour des périodes de courte durée. La Banque alimentaire vient en aide aux familles les plus démunies. Son soutien est très apprécié par les familles qui traversent des périodes difficiles et pour lesquelles les aides sociales se révèlent insuffisantes. Le canton de Mazières bénéficie également des services de Gâtine emploi, structure du Pays de Gâtine, qui est à l’écoute des jeunes de 16 à 25 ans au plus près de leurs besoins tant en matière d’emploi que de logement.

Il faut ajouter également le travail conduit au sein de chaque CCAS des différentes communes.

 

Solidarité et mobilisation autour des personnes âgées

Le vœu de la plupart des personnes âgées est de rester chez elle le plus longtemps possible. C’est pour cette raison que depuis 20 ans, les élus ont eu à cœur de développer les services adaptés aux besoins. Je pense tout particulièrement :

- au soutien apporté par le SIVOM des aides ménagères et auxiliaires de vie aux personnes seules pour les aider dans leur vie de tous les jours,

- au service de portage de repas à domicile, lequel fonctionne maintenant depuis 1993 à la grande satisfaction des bénéficiaires,

- au service de soins infirmiers à domicile dont le travail est reconnu et apprécié par tous,

- au réseau gérontologique mis en place pour mieux coordonner les actions en faveur des personnes âgées et adapter ainsi les moyens d’aide et de soutien à leurs besoins.

Par ailleurs, il convient d’accueillir convenablement dans des structures adaptées les personnes qui en ont besoin. C’est pourquoi, depuis 10 ans, des travaux importants d’extension et d’humanisation ont été entrepris dans les deux maisons de retraites se trouvant sur le canton (La Ménardière 80 lits – Château Bourdin 78 lits), lesquelles ont fusionné dans une gestion commune depuis 2002 et pris la dénomination « EHPAD – Résidence les deux Châteaux ».

 

Solidarité et mobilisation à travers une vie associative dense

Il est souvent question de la disparition du bénévolat dans les associations. Ce n’est pas le cas pour notre canton puisque près de 140 associations, à travers leurs activités et leurs projets, apportent leur contribution à l’animation et au développement dans des domaines très variés (sport, vie sociale, culture, tourisme..). Depuis maintenant 20 ans, chaque année, les élus du canton les invitent à se rassembler à l’occasion de la cérémonie des vœux et les remercient de leur bénévolat. Les boulangers du canton offrent à cette occasion la traditionnelle galette des rois.

 

Solidarité et mobilisation à travers les grands projets

Le canton de Mazières a connu sur son territoire, au cours de ces vingt dernières années, deux grands chantiers : la construction du barrage de la Touche Poupard sur la commune de Saint Georges de Noisné et la construction de la déviation de Mazières en Gâtine.

Chacun le sait, il n’est pas facile de mettre en place des projets aussi structurants. Toutefois, ces deux chantiers ont pu être menés à bien grâce à la volonté des élus et des habitants des communes concernées.

Autant le projet du barrage a été quelque peu compliqué dans les procédures du fait de la contestation d’associations et de certains élus départementaux, autant la construction de la déviation de Mazières n’a pas provoqué d’oppositions locales grâce essentiellement à l’accompagnement et à l’attention qu’ont apportés les élus de Mazières dans les relations avec les commerçants, les propriétaires et les fermiers concernés par les emprises.

Le Barrage de la Touche-Poupard

Préoccupation majeure de la dernière décennie du 2Oème siècle, l’eau fait partie de notre culture et de notre patrimoine. L’abondance de nos étangs et de nos plans d’eau témoigne d’ailleurs de l’attention que nous portons, chez nous, à cet élément essentiel. Il était naturellement dans la vocation de la Gâtine « château d’eau des  Deux-Sèvres » de tirer les conséquences d’une situation culturelle et géographique si particulière.  C’est pourquoi, suite à la sécheresse de 1976, le département s’est donné les moyens d’assurer la sécurité d’approvisionnement en eau pour les Deux-Sévriens.

Ce fut d’abord en 1982 la construction du barrage du Cébron, près de St Loup sur Thouet en 1982   (11millions de m3).

Le barrage de la Touche-Poupard a été décidé en 1988 et mis en eau en 1995. Il s’agit d’un barrage poids en béton compacté d’une hauteur de 36 mètres, implanté sur un resserrement de la vallée du Chambon. Ce barrage, d’une capacité de 15 millions de m3, s’étend sur près de 180 ha et remonte jusqu’à la commune de Clavé sur environ 8 km. Sur la totalité du volume stocké, 15 millions de m3, 7 sont réservés à l’alimentation en eau potable (consommation d’environ 100.000 habitants), 5 au soutien d’étiage de la Sèvre Niortaise et du Marais Poitevin et 3 pour la compensation des prélèvements de l’eau économique.

Tout le monde reconnaît aujourd’hui (même certains contestataires de l’époque) l’utilité de cet investissement stratégique pour la sécurité de l’eau potable dans les Deux-Sèvres.

La déviation de Mazières en Gâtine 

Entre Niort et Parthenay, sur l’axe routier d’intérêt régional dit « la Sévrienne », le contournement de Mazières faisait débat depuis fort longtemps (le premier projet prévu en 1975 avait été en effet rejeté par les élus de l’époque, compte tenu de l’impact de cet ouvrage sur les commerces du bourg.

Avec les 8.800 véhicules qui traversaient le bourg, dont 1.400 poids lourds, et l’augmentation du trafic, l’aménagement d’une déviation était devenu indispensable.

Ce nouvel axe routier de 4,4 km va permettre:

- à la Communauté de communes de pouvoir recevoir dans de bonnes conditions de nouvelles entreprises,

- à la Commune de Mazières d’envisager la programmation de la réhabilitation de son centre bourg ,

aux communes du canton d’accueillir de nouveaux habitants.

Solidarité et mobilisation grâce aux actions de la Communauté de communes

Depuis 20 ans, les élus du canton ont appris à se rassembler, à organiser leurs pouvoirs, leurs moyens autour d’un développement durable. Ils ont compris progressivement que ce n’est que dans la concertation entre tous les acteurs que pourra s’exercer et s’appréhender une vraie politique de développement volontaire et d’organisation de leur territoire.

C’est la raison pour laquelle, dans un premier temps, 9 communes du canton ont créé la communauté de communes du Pays Sud-Gâtine en 1993. Deux communes (Vouhé et les Groseillers) sont venues les rejoindre après les élections municipales de 1995. Ce n’est qu’en 2001, après l’adhésion de la commune de Saint Lin, que le périmètre de la Communauté est devenu identique à celui du Canton.

Si les premières années de fonctionnement de la Communauté ont été quelque peu hésitantes, ce n’est vraiment qu’à partir de 2000 qu’elle a trouvé son rythme de croisière après avoir fait évoluer et redéfini ses compétences.

Ces dernières sont nombreuses : aménagement de l’espace, développement économique, logement, création de garderies périscolaires et centre de loisirs, transports scolaires, mise en place des structures d’insertion, déchets ménagers, écoles, voierie d’intérêt communautaire, prise en charge des bâtiments communautaires (gendarmerie, perception, aire sportive).

En décembre 2000, en votant la mise en place de la taxe professionnelle unique, elle a su se donner les moyens financiers pour réaliser plus facilement ses projets et aboutir à une plus grande solidarité.

Après l’extension de l’aire sportive, après la construction et la rénovation de l’ensemble des écoles du canton, la communauté de communes mène actuellement deux grands chantiers : la construction  d’une nouvelle gendarmerie et la mise en place d’une maison des services regroupant l’ensemble des structures assurant des services de proximité.

Initiative, solidarité, méthode et détermination sont les valeurs essentielles auxquelles s’est attachée la Communauté de communes pour préparer l’avenir du canton.

 

 

Le patrimoine

Les Commanderies : Saint-Rémy à Verruyes, des Antonins à Saint-Marc-La-Lande)

Les « commanderies » sont à la base de l'organisation territoriale des ordres religieux et militaires. Le mot commanderie a été utilisé par les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem à partir de la réforme de l'Ordre en 1267. Les historiens ont conservé cette appellation pour désigner les monastères ayant appartenu à des ordres militaires ; auparavant on les appelait « préceptories ». Ces dernières semblent avoir été créées après que Godefroy de Bouillon eût fait un don aux Hospitaliers de l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem pour services rendus, en 1099.

ci-dessus : commanderie de Saint-Rémy à Verruyes,

 ci-dessous à gauche : commanderie des Antonins à St Marc La Lande et à droite : moine antonin

 

Une commanderie des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem existait à Saint-Rémy dès 1208. Son précepteur était alors également celui de l’annexe que les Chevaliers de Malte possédaient au Saule de Clavé. Au milieu du XIIIe siècle les deux établissements furent réunis.

Le terme de commanderie désigne en général une circonscription constituée d'une maison-mère et de plusieurs maisons (domus) et terrains. Il s'agissait de grosses fermes, parfois fortifiées, qui comprenaient une chapelle et tous les bâtiments nécessaires à la vie de ses habitants (logements, réfectoire, écuries, salle de chapitre, etc.).

Une commanderie des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem existait à Saint-Rémy dès 1208. Son précepteur était alors également celui de l’annexe que les Chevaliers de Malte possédaient au Saule de Clavé. Au milieu du XIIIe siècle les deux établissements furent réunis.

Le terme de commanderie désigne en général une circonscription constituée d'une maison-mère et de plusieurs maisons (domus) et terrains. Il s'agissait de grosses fermes, parfois fortifiées, qui comprenaient une chapelle et tous les bâtiments nécessaires à la vie de ses habitants (logements, réfectoire, écuries, salle de chapitre, etc.).

 

Les commanderies servaient à la fois à rapporter de l'argent, grâce aux dîmes et autres taxes qu'elles percevaient, mais aussi à assurer la fourniture de biens alimentaires et de chevaux nécessaires à la réussite des expéditions et activités militaires en Terre Sainte. Des paysans, libres ou serfs, travaillaient ainsi pour le compte de l'ordre, et de nombreux artisans pouvaient être salariés par la commanderie.

C'est en 1260 que, pour la première fois, est attestée l'existence de la Commanderie des Antonins de La Lande dans un acte de donation par lequel le cardinal Ardoin se démet en faveur des Antonins d'une chapelle située au village de la Lande et dédiée à Saint-Blaise. L'Ordre de Saint-Antoine est alors riche de quatorze commanderies dans le seul diocèse de Poitiers: l'ensemble s'appelle Saint-Antoine de La Lande.

À la fin du XIe siècle une maladie singulière s’était répandue en Europe de l’ouest ; un moine bénédictin la décrivait ainsi :"Les membres rongés des nombreux sujets que le feu sacré dévorait, pourrissaient et devenaient noirs comme du charbon". C’était le mal des ardents, ignis sacer, ou peste de feu, feu d'enfer. Plus de 500 ans s'écoulent avant que l'origine de cette mystérieuse maladie soit découverte : il s'agit d'une intoxication due à l'absorption de blé dénaturé par le champignon du seigle ergoté, qui se manifeste soit par une gangrène, soit par des convulsions. Les Antonins se consacrent aux malades atteints d'ergotisme ; à la fin du XVe, ils exercent leur science de la médecine dans 370 hôpitaux. Avec le Baume de Saint Antoine et le saint Vinage, composés de plantes comme le pavot, la verveine, la renoncule, la gentiane, ils soulagent les douleurs de l'ergotisme.

Des soins ont-ils été dispensés à La Lande ? (cf. rubrique jardin) En tout cas, la localisation, proche d'un chemin de St-Jacques-de-Compostelle, lui a ouvert une vocation d'accueil et de charité.

 

Reprenons l’histoire de la Commanderie avec des extraits de « Les Antonins et La Lande » :

 

« Pendant la période de 1260 à 1500, nous disposons de peu d'informations. Cependant la liste des commandeurs nous est connue, et elle est ininterrompue jusqu'en 1562, date de la destruction de l'église et de la Commanderie par les huguenots. (...) A partir de 1620, l'ordre des Antonins envisage de reconstruire la commanderie et l'église. Il faut de nombreuses années avant que le nécessaire soit fait. (...) La Commanderie resta en ruine jusqu'en 1654. (...).

 L'Édit de Mars 1768 (Louis XV) décide qu'on ne pouvait recevoir de vœux des religieux avant 21 ans et statue la suppression des couvents où il y a moins de 15 religieux. (...) Pour éviter la ruine totale (les Commanderies des Antonins étaient des établissements composés de petits groupes de religieux), en 1775, les Antonins rattachent leurs Commanderies à l'Ordre de Malte (...)

 

Après la Révolution, les biens religieux sont vendus et l'ensemble de la Commanderie et de l'église deviennent propriété d'une personne privée qui les utilise pour sa ferme. Les dégradations sont considérables (...)

 En 1846, la commune, devenue propriétaire de la Commanderie, y installe la mairie et l'école mixte. La municipalité prend en 1983 la décision de se lancer dans l'aventure de la remise en état (…). Les travaux commencent dans l'église en 1985 et dureront deux ans.

Aujourd'hui la Commanderie est bien vivante (près de 10 000 visiteurs en 2004). Elle est redevenue un lieu d'accueil, de rencontres et de découverte, et rayonne bien au-delà de la commune et du sud de la Gâtine."

La commanderie de Saint-Marc-La-Lande et sa collégiale du XVIe, édifice de style gothique flamboyant (photo ci-dessus) le plus important des Deux-Sèvres, constituent en effet un espace culturel de premier plan, lieu d'événements artistiques permanent animé par sa « maison du Patrimoine ».

 

Autres éléments du patrimoine

 

Quelques sites archéologiques attestent d’une occupation humaine dès l’antiquité. La voie romaine "Chemin des Chaussées", partant de Périgueux et de Limoges pour rejoindre Nantes en traversant la Gâtine fut créée au IIIe siècle sous l’empereur Tetricus. Aujourd'hui, cette ancienne voie est reprise localement par la D2. Elle suit la ligne des crêtes qui constitue la ligne de séparation de deux bassins versants : celui de la Loire au Nord, celui de la Sèvre Niortaise et de la Charente au Sud. Pendant des siècles, les pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle l’empruntèrent.

Sur les collines de granit, ou dans les vallons marqués par les nombreux cours d’eau qui irriguent son territoire, la Gâtine révèle un patrimoine bâti de grande qualité marqué par le Moyen Age. Dès l’an mil, la vallée du Thouet est un lieu privilégié pour l’implantation des premiers villages. Des bourgs anciens sont massés autour de leur château, de leur église ou de leur abbaye.

 

A la fin du Moyen Âge, une période de croissance économique permet la reconstruction et l’embellissement des édifices ; de nombreux logis, manoirs et châteaux privés, cachés dans la campagne, datent de cette époque ; certains s’ouvrent au public de temps à autre (exemple : La Guyonnière).

ci-contre : château de la Guyonnière (XIVe) à Beaulieu-sous-Parthenay

Quelques édifices religieux témoignent de la diffusion du style gothique flamboyant (cas de la collégiale de Saint-Marc-la-Lande) Après cette grande période de construction, peu de chantiers nouveaux sont ouverts à la Renaissance. Les édifices du XVIe  siècle sont tout aussi rares, mais de grande qualité, tel le château de la Meilleraye, hélas en

ruine aujourd’hui.

                                              

ci-contre : ruines du château de la Meilleraye (XVIe) à Beaulieu-sous-Parthenay

Un petit manoir féodal, relevant de la baronnie de Parthenay, s'élevait jadis sur l'emplacement du château de La Meilleraye. Ce château fut le berceau de l'une des trois plus grandes familles locales de haute noblesse (De la Porte, Duc de la Meilleraye), avec les La Trémoille à Thouars et les Gouffler à Oiron et Saint-Loup-Sur-Thouet, qui furent étroitement mêlées aux grands évènements de l'Histoire de France sous l'Ancien Régime.

 

Le château de La Ménardière à St Marc (ci-contre) possède un bélier hydraulique encore en état de fonctionnement.

Inventé en 1796 par Mongolfier, réalisé en 1877 par la célèbre famille Bollée du Mans, cet ingénieux dispositif, restauré en 1987, monte l'eau jusqu'au jardin du château en utilisant l'énergie de la rivière. C'est le seul "bélier" de la région Poitou-Charentes fonctionnant encore a

Le château du Petit Chêne (photo ci-contre),

initialement demeure des seigneurs de Breuillac, transformé à la fin du XIXe siècle en style Louis XIII, a été récemment rénové.

 

Le golf du Petit Chêne, autour du château, offre un parcours de18 trous et un practice de 30 postes (dont 12 couverts). Il est situé à 3 km de Mazières-en-Gâtine en direction de Niort.

 

 

Entrez dans la ronde des jardins de Gâtine !

 

La Gâtine est un grand jardin... On la découvre au gré de ses humeurs ; des carrés clos protégés par des rideaux de haies, aux terrains parsemés de rochers extravagants, en passant par de fraîches prairies arrosées par les ruisseaux...

Le Pays de Gâtine a créé douze jardins pour illustrer ces paysages et pour retracer une partie de l’histoire locale...

La botanique, l'ornithologie, l'imaginaire, l'histoire, la géologie sont autant de thèmes déclinés dans ces espaces où il fait bon se promener.  (Cf. carte au site www.gatine.org )

 

 
  • Jardin des plantes médicinales à Saint-Marc-La-Lande

L'ancien jardin de la collégiale regorge de plantes médicinales utilisées par les moines Antonins qui accueillaient dans notre région les malades atteints du "feu sacré" ou du "mal des ardents". En plus de leur utilisation culinaire, ces plantes représentent la source d'inspiration de notre médecine actuelle. Un certain nombre entrent en effet dans la composition de médicaments. Leurs utilisations sont relativement diverses et ont évolué avec les découvertes médicales et scientifiques.

Sont donc réunis, dans ce jardin, plantes de sorcières, filtres d'amour, teintures végétales etc.

 

  • Val de flore à Soutiers

Le val de flore est constitué d'une mosaïque de milieux naturels d'une grande diversité. A partir de cette réalité, la communauté de communes a fait le choix de mettre en valeur ce patrimoine par un entretien original et exemplaire Pas de pesticides, pas de désherbants ; toute intervention humaine est faite dans la perspective de protéger et d'enrichir la biodiversité et cela donne une originalité toute particulière au jardin. La démarche est maintenant mise en valeur par des panneaux explicatifs et la réalisation d'ateliers d'initiation pour les scolaires dont le succès va croissant. C'est un endroit dont on redécouvre à chaque saison la diversité, les parfums, la vitalité naturelle et les plaisirs d'une nature que l'homme valorise avec des méthodes totalement respectueuses.

 
 
  • Jardin médiéval à La Guyonnière

Recréé dans l'esprit médiéval, le jardin est installé sur une île, entourée de fossés, à laquelle on accède par un pont-levis. Créé par le paysagiste Alain Richer, il présente neuf clos de subtils mélanges de fruits, de fleurs et de légumes tels sauge, véroniques, plantes à poisons, mouches à miel, halésias, petits fruits où aiment butiner les abeilles et les papillons...

 

Le patrimoine ne se limite pas à l’architecture, des associations locales, comme l’UPCP* Métive, participent activement au sein de la Maison de Culture de Pays (Parthenay) à la conservation et à la création autour de la langue poitevine, des danses et musiques traditionnelles.

 

 

 

Des écoles en réseau à Mazières en Gâtine 

 

 

Quand l’innovation dans le premier degré rencontre une dynamique de territoire.

 

Les territoires de Gâtine sont propices à l’innovation et à la solidarité. C’est donc sans difficulté que la volonté de l’Education nationale a rencontré la dynamique locale partagée par le président du Conseil général de l’époque et par les élus du canton de Mazières, président de la Communauté de communes en tête. Alain Chauffier -alors inspecteur adjoint à l’Inspecteur d’académie- nous présente la nature du projet dont il a été acteur au travers de l’interview de Milène Daclon, jeune  professeure des écoles particulièrement motivée par ce contexte de travail.

 

 

Quelle est l’origine du projet ? 

Le réseau des écoles du Pays Sud Gâtine a vu le jour à la rentrée 2004. Je me rappelle qu’en cours d’année scolaire 2003-2004, l’idée nous a été présentée de regrouper les écoles du canton en un réseau (1) qui serait coordonné par un des directeurs déchargé à mi-temps. Ce regroupement devait permettre aux enseignants des petites écoles rurales de sortir de leur isolement, de communiquer davantage et de travailler plus facilement en équipe, au sein d’une structure plus solide.

 

Pourquoi vous être engagée dans cette innovation ?

A ce moment là, j’assurais la direction de l’école de Clavé depuis deux ans, poste que j’avais obtenu à ma sortie de formation à l’IUFM en septembre 2002. J’ai très vite été intéressée par l’idée de cette organisation pédagogique inédite, facilitant les échanges entre les différentes écoles car, s’il y a de nombreux avantages à exercer dans des classes rurales, l’une des difficultés majeure est justement l’isolement et le fait d’être souvent seule à enseigner sur un même cycle.

 
  Comment le réseau s’est-il installé?

A sa création en septembre 2004, le réseau comptait six écoles (2) sur les sept écoles publiques du canton. La commune de Saint-Marc-la-Lande n’avait pas souhaité alors signer la convention qui unit toutes les collectivités concernées à l’Education nationale. Au vu de la dynamique créée, y compris en terme de carte scolaire, le Maire a finalement souhaité intégrer le fonctionnement. A la rentrée 2009, le réseau était constitué des sept écoles publiques de la Communauté de communes : 24 classes en tout. C’est Marie-Paule Gaucher, nommée sur le poste de directrice de l’école élémentaire de Mazières-en-Gâtine, qui a inauguré la fonction de coordonnatrice de réseau. Après son départ, Isabelle Guichard, directrice de l’école de Beaulieu-sous-Parthenay, a coordonné le dispositif pendant trois ans (3). Lorsqu’elle a souhaité reprendre sa classe à plein temps, j’ai pris le relais avec enthousiasme.

 

Quels sont les points forts de ce fonctionnement ?

Depuis 2004, les écoles ont petit à petit appris à se connaître, à travailler ensemble et autrement. La création du réseau a effectivement renforcé la communication entre les enseignants des différentes écoles, avec les élus et les divers acteurs du territoire (parents d’élèves, associations, collectivités…).

Un autre aspect majeur est l’aide apportée individuellement à chaque école dans ses propres projets. À la demande, le coordonnateur aide les directeurs dans leurs tâches administratives, à la préparation de certaines réunions. Il organise des formations et aide à l’organisation de divers projets. De par son action transversale, il constitue une « mémoire du territoire » qui se transmet lors des changements d’équipes qui sont fréquents dans les écoles rurales

 

 

 

Quel sens donnez-vous à votre action? 

L’un des rôles majeurs du coordonnateur est de créer du lien entre les écoles et les fédérer autour d’actions communes. Des conseils de cycle de réseau se sont mis en place. Nous pouvons échanger sur nos pratiques et construire ensemble des documents de travail. Des projets pédagogiques et sont menés chaque année dans différents domaines, permettant aux élèves des classes qui participent de se retrouver sur des objectifs partagés. Le coordonnateur a aussi pour mission de faciliter la communication entre les différents partenaires de l’école. Par exemple, sur notre territoire il a bien été identifié comme interlocuteur privilégié par la Communauté de communes ayant la compétence « Écoles », ce qui facilite un grand nombre de démarches. La liaison avec le collège de secteur a également été renforcée avec la mise en place de temps de formation communs aux enseignants des premiers et seconds degrés, d’actions réunissant des classes de CM et 6ème sur des projets spécifiques. Les associations de parents d’élèves se sont rencontrées à plusieurs reprises pour organiser ensemble des actions autour des projets du réseau.

Cette fonction est très différente de celle de professeur dans une classe. Je ne suis plus beaucoup avec mes élèves (une seule journée par semaine car j’ai aussi une décharge de direction) et il m’a fallu un temps pour m’adapter et accepter de confier mon groupe à la collègue qui complète mon service d’enseignante. Mais cette année de coordination a été très riche. J’ai eu l’occasion de changer d’angle de vision sur l’institution École et sur mon métier. J’ai particulièrement apprécié la relation développée avec les collègues, la Communauté de communes, les différentes associations de parents d’élèves .  Les tâches à accomplir sont très variées, avec une grande marge de création. Beaucoup de choses ont déjà été mises en place et beaucoup restent à développer pour aller encore plus loin vers la réussite scolaire en milieu rural. Quelques bonnes années de travail en équipe et en  réseau en perspective…

 

 

(1) La problématique de la mise en réseau des écoles rurales isolées s’est développée à l’éducation nationale bien avant les années 2000. Ici où là, elle fait l’objet d’avis mitigés de la part des enseignants et des élus locaux. En Deux-Sèvres une bonne adhésion de l’ensemble des partenaires a favorisé l’éclosion de projets sur l’ensemble du territoire dès 2004. Actuellement six implantations émaillent la carte du département (Argentonnais, Cœur de Poitou, Marais, Ménigoutais,  Nord Bocage, Sud Gâtine).

(2) Six écoles localisées sur cinq communes (Beaulieu, Clavé, Mazières (2 écoles), St Pardoux, Verruyes) ont été rejointes ensuite par St Marc La Lande. Voir le site de la communauté de communes du Pays de Sud Gâtine  et sa page réseau des écoles: http://www.cc-pays-sud-gatine.fr/viepratique/reseau.html.

(3) C’est elle qui a impulsé au sein du réseau le projet de recherche et d’exposition sur la déviation de Mazières auquel  Bernard de Litardière a contribué en produisant,  entre autres,  un film de 20mn sur la vie et l’évolution d’un chantier qui a marqué le territoire et ses habitants.

 

Photos des écoles de (de haut en bas) : Beaulieu, Clavé, St Marc La Lande, St Pardoux, Mazières, Verruyes

 

 

Roger Thabault  

Incarnation de l’idéal méritocratique de l’école républicaine 

 

par Michel Chaumet, d’après Pierre Arches

 

« En 1948, sous les arcades du Théâtre de l'Odéon, où, en ce temps-là, on pouvait, pour quelques francs, faire l'emplette de volumes d'occasion (ou les lire, sous la lampe, debout, durant des heures), j'achetai un exemplaire de Mon Village, de Roger Thabault. Ce livre, je l'ai encore. Par lui, pour la première fois, je pris conscience du profond bouleversement qui affecta le monde rural français dans la deuxième moitié du dix-neuvième siècle. Par lui, et à travers l'histoire du petit village de Mazières-en-Gâtine, je m'avisai que cette transformation était plus profonde encore que n'en pouvait me laisser percevoir ce que je savais de l'histoire politique de la France. Car la modernité qui fait irruption dans ce petit village ne fait pas que le transporter d'une période historique à une autre, elle l'introduit à une nouvelle ère de l'humanité, à une nouvelle civilisation. »

Ce bel hommage de l’historien américain de la ruralité française, Eugen Weber, concerne un petit ouvrage paru en 1944, traduit en américain en 1971 et  réédité onze ans plus tard par les Presses de la Fondation Nationale des Sciences Politiques dans la collection Références. Ces éditions successives en France et à l'étranger prouvent l'intérêt considérable qu’a suscité ce livre.

Son auteur, un enfant du pays, Roger Thabault ! Mais qui était cet enfant de Mazières ?

 

La formation

 

Le parcours de Roger Thabault jusqu'en 1929, apparemment sans surprise, est celui d'un enfant du peuple remarquablement doué, qui a choisi de se consacrer à l'enseignement.

Son père, Julien Thabault est marchand-grainetier et joint à cette activité un portefeuille d'assurances. Le jeune Roger profite d’une enfance heureuse, baignée de tendresse, auprès de ses parents et de sa sœur. Le souvenir de ces années-là ne le quittera jamais.

À l'école communale, ses résultats sont remarquables, confirmés par sa première place au certificat d'études. Il est donc souhaitable qu'il puisse poursuivre des études. Sur les conseils de l'instituteur, ses parents choisissent l'EPS (Ecole Primaire Supérieure). Reçu premier à l'examen des bourses, Roger Thabault entre à l'EPS de Parthenay. Le voici engagé dans une voie irréversible qui, peu à peu, va l'éloigner de sa commune natale.

Ses quatre années d'EPS sont couronnées de succès. À chaque examen ou concours, Roger Thabault est largement en tête. Il n'en demeure pas moins toujours très attaché à sa commune natale.

Les vacances terminées, le voici élève-maître à l'école normale. Grand lecteur, Roger Thabault trouve les livres dont il a besoin à la bibliothèque de la ville, tant celle de son école est difficile d'accès! Sur le plan culturel cependant, Parthenay est limitée comme toute petite ville. Les journaux parisiens arrivent dans la capitale de Gâtine. Les normaliens peuvent les acheter au kiosque de la gare, mais leurs moyens financiers sont limités.

Par bonheur, ils vont être initiés à la culture de leur temps par un nouveau professeur qui enseigne le français et l'anglais, Charles Campodonico.

Ce jeune enseignant jouit d'un grand prestige. C’est avant tout un homme passionné de littérature, en particulier de poésie. Il jouera un rôle décisif dans la carrière de Roger Thabault, même s'il ne reste qu'un an à Parthenay, en lui faisant connaître la vie culturelle parisienne. Il permet aussi  à Roger Thabault de faire un séjour en Angleterre à Londres et à Oxford. Chance rare à cette époque et atout supplémentaire pour la suite de ses études.

Campodonico engage aussi son élève à se présenter au concours de l'ENS (Ecole Normale Supérieure) de Saint-Cloud car, à, ses yeux, Roger Thabault a toutes les qualités requises pour être reçu. Mais son ardeur au travail est telle que son état de santé se détériore et ne lui permet pas de passer les épreuves. Rien cependant n'est perdu pour Roger Thabault. Il a droit à une chance supplémentaire. Il pose donc sa candidature pour faire une 4e année dans une classe préparatoire, comme il en existe dans quelques écoles

 

 

normales depuis 1902. Sur les conseils d'un professeur, il choisit Caen. Sa demande allait être acceptée quand la guerre éclate.

De santé fragile, Roger Thabault est réformé. Mais les concours d'entrée aux ENS étant supprimés, il est plongé tout de suite, en 1914, dans la vie professionnelle.

Il est nommé à Secondigny et enseigne à une classe de 50 élèves de 8 à 12 ans « admirablement sages et confiants ». A la rentrée de 1915, il est muté à l’EPS de Parthenay et il vient enseigner dans un établissement où il avait été élève quelques années auparavant, et dont les classes ont été transférées dans une petite maison pour cause de transformation des bâtiments en hôpital militaire.

En ces jours difficiles, Roger Thabault a pour collègue un autre professeur, son beau-frère, Georges Picard. Admissible à l'ENS de Saint-Cloud en 1912, celui-ci avait été nommé la même année à l'EPS. Il devait s'illustrer par la suite par son œuvre littéraire et historique.

Mais Roger Thabault n'enseigne qu'un an à Parthenay car il est désigné pour suivre un an de préparation à l'école normale de Lyon. Il y suit les cours de la Faculté des Lettres où il est marqué par un professeur de géographie, Maurice Zimmermann qui le prend en amitié suite à une leçon sur les grandes villes allemandes qu'il avait beaucoup appréciée : « C'était, écrira Roger Thabault, une sorte de bohème bourgeois, célibataire, d'une intelligence et d'une culture prodigieuses. Il adorait discourir et aller au café. Après son cours, nous allions donc nous installer dans un des grands cafés de la rue de la République et j'avais là les cours de géographie les plus vivants, les plus riches en aperçus originaux qu'il était alors possible d'avoir ».

En 1918 enfin, la paix revient. L'année suivante, un concours de recrutement des professeurs d'école normale est organisé. Roger Thabault est reçu à un rang honorable dans l'option « Lettres ». Cette même année voit son mariage avec la fille d'un receveur des contributions directes. Nommé à nouveau à l'école normale de Parthenay, Roger Thabault reste dans son pays natal jusqu'en 1924.

À l'ENS de Saint-Cloud, où il s’installe ensuite, la préparation au concours d’inspecteur primaire lui permet de mieux comprendre la psychologie de l'enfant grâce à des stages auprès des docteurs Simon et Wallon, alors à la pointe de la recherche dans ce domaine. Parallèlement, il suit des cours de philosophie à la Sorbonne. Mais il est surtout accaparé par un diplôme d'études supérieures qu'il prépare sous la direction du sociologue Célestin Bouglé. Mais Paris lui offre aussi l'occasion d’assister à une Décade à Pontigny, invité par Paul Desjardins qui a remarqué sa rubrique nécrologique consacrée à Charles Campodonico, tué pendant la guerre.

Les Décades de Pontigny attiraient beaucoup de participants de la République des Lettres, et parmi eux, André Gide, Jacques Rivière et Roger Martin du Gard ou encore Jean Tardieu, Jacques de Lacretelle, etc., aux côtés de Charles du Bos et d'André Maurois qui, eux, sont des habitués.

Période de rêve pour les Thabault. Elle s'achève avec la réussite au concours d’inspecteur primaire. Thabault est nommé inspecteur primaire à Montluçon. Son installation dans cette ville marque une rupture, qui n'est pas seulement géographique. Il découvre un nouveau métier dans une région urbaine à forte population ouvrière, bien différente de sa Gâtine natale.

Il sait s'adapter et ses initiatives couronnées de succès sont vite remarquées par l'inspecteur d'académie, Jean Gotteland, lui-même administrateur hors pair bientôt appelé au Maroc. Ce dernier propose à Thabault de venir le rejoindre en tant que directeur pour l'enseignement primaire européen et israélite, avec rang d'inspecteur d'académie et sept inspecteurs de l'enseignement sous ses ordres.

 

Au  Maroc

 

Pour Roger Thabault, qui a alors 34 ans, cette promotion est inespérée. De plus,  la tâche à accomplir est exaltante dans un Maroc qui apparaît comme un « pays neuf ».

Thabault contrôle un enseignement qui ne touche qu'une partie très faible de la population. Mais partie essentielle puisque la mieux scolarisée malgré les efforts remarquables de Lucien Paye pour développer l'enseignement des Marocains musulmans.

Son bilan s'avère très satisfaisant en 1939, avant que l’avènement du régime de Vichy n’entraîne son retour en France. Dans l'exercice de ses fonctions, Roger Thabault avait en effet eu les meilleures relations avec la communauté israélite.

Or certains milieux français du Maroc applaudissent aux mesures prises très rapidement contre les juifs. Gotteland est alors obligé de quitter son poste : il est hosti­le au nouveau régime et sa femme est juive. Quant à Thabault, il proteste contre l’éviction des professeurs juifs. Mais la presse l'attaque avec une rare violence. Et le nouveau directeur de l'enseignement obtient alors qu'il soit mis fin à ses fonctions et qu'il revienne en métropole.  

Roger Thabault est nommé inspecteur d'académie à Bourges en novembre 1941. À la Libération, il est affecté aux mêmes fonctions à Bordeaux. Mais la soutenance d'une thèse de doctorat, en janvier 1945, lui

ouvre de nouvelles perspectives. Il peut espérer devenir professeur d'université ou inspecteur général.

Les circonstances vont lui permettre de revenir au Maroc. En effet, le Résident Général au Maroc cherche un haut fonctionnaire pour le poste qu'avait occupé Jean Gotteland avant-guerre. Roger Thabault l'emporte sur les autres candidats.

Une nouvelle page est tournée dans sa vie. Il a maintenant un poste très élevé.

Mais le Maroc qu'il retrouve en 1945 a profondément évolué. L’idée indépendantiste se développe et les difficultés redoublent avec des actes de terrorisme qui font de nombreuses victimes. Au même moment un autre protectorat, la Tunisie, obtient son autonomie tandis qu'en Algérie éclate l'insurrection.

Le gouvernement français, présidé par Edgar Faure, décide alors de changer de politique au Maroc et nomme un nouveau Résident Général, Gilbert Grandval, qu'il charge de trouver une issue à la crise.

Pour appliquer cette politique, Grandval veut former une nouvelle équipe de hauts fonctionnaires. Aussi le 13 juillet, Roger Thabault apprend-il de la bouche même du Résident Général que sa mission est terminée. La plupart des autres directeurs subissent le même sort. L'amertume laissée par ce brusque limogeage sera un peu atténuée par les adieux chaleureux que lui réservent les enseignants au moment de son départ.

 

Inspecteur Général

 

De retour en France, l'Inspecteur Général Roger Thabault se trouve, avec ses collègues, confronté à un problème urgent : la nécessité de transformer l'enseignement.

Mais il est aussi appelé à donner son point de vue sur l'éducation dans les pays en voie de développement. Il s'exprime aussi bien en tant qu'inspecteur général fort de son expérience marocaine qu’en tant qu'auteur de Mon village, le livre a attiré l'attention de tous ceux qui s'intéressent aux problèmes de l'enseignement dans les pays du Tiers-Monde.

C'est ainsi qu'en 1959, il donne une conférence sur ce sujet au London Instituts of Éducation. Ce dernier accueille des enseignants et des administrateurs de l'Afrique, de l'Asie et de l'Amérique latine. La thèse de Roger Thabault plaît car elle répond aux interrogations que chacun se pose sur le terrain. Ainsi se justifie la traduction de l'ouvrage qui le fera connaître aux quatre coins du globe.

Mais la France n'oublie pas l'expérience acquise par Roger Thabault. Aussi, en 1959, est-il chargé d'une tournée d'inspection en Afrique Noire.

Ses idées sur l'enseignement sont développées dans les Annales, la revue dirigée par Lucien Febvre, en 1945 par un article écrit à l'issue d'un séjour de six semaines aux États-Unis (février-avril 1954).

Roger Thabault ne cache pas son admiration pour le travail effectué dans les établissements scolaires des États qu'il a pu visiter. Roger Thabault a apprécié le rythme de travail dans les Public Elementary Schools (6-14 ans, donc sans écoles maternelles) : congé le samedi et le dimanche, présence en classe de 8 h 30 à 15 h 00. Pas de cour de récréation « et quand il y en a, elle est peu utilisée » car l'enseignement n'impose pas « une quasi-totale immobilité ». Ce qui permet à Roger Thabault d'écrire : « Je pense que nos cours de récréation correspondent à une conception désormais périmée de l'enseignement primaire ». Il a constaté aussi combien les parents sont associés la vie de l'école. Enfin, outre le rôle des tests, il a apprécié l'absence d'examen « alors que dès l'âge de dix ans, les petits Français sont condamnés à subir des examens dont peut dépendre toute leur vie ».

Roger Thabault doit aussi s’attaquer aux problèmes de l’enseignement français qui entre dans une phase de démocratisation et de massification avec l’instauration de la scolarité obligatoire à 16 ans. Mais l'institution scolaire est-elle prête à recevoir tous ces élèves? Le second degré a été conçu pour une élite. Aussi la réforme Berthouin introduit-elle, à côté de l’enseignement long, le cycle court des collèges d’enseignement général. Mais que faire des élèves qui ne peuvent intégrer le nouveau cycle d’observation des classes de 5ème et 6ème.

La solution est proposée par Roger Thabault avec ce qui deviendra les classes de transition. Leurs élèves doivent pouvoir reprendre des études normales ou consolider et étendre leurs connaissances de base. Pour cela, les méthodes pédagogiques doivent être différentes : « II faut donner un enseignement proche de leur vie, de leurs intérêts, qui accroche et retienne leur attention, dont ils choisiront eux-mêmes les thèmes essentiels ».

Ayant pris sa retraite en 1965, Roger Thabault est mort le 2 mai 1979 à Neuilly-sur-Seine

 

 

 

 

 

 

 

René Verriet de Litardière

 

 Un botaniste français de renommée mondiale    par  Daniel Brillaud

 

 

Dans le cercle désormais trop étroit des botanistes français reconnus au niveau international, de par son œuvre, René Verriet de Litardière occupe une place de choix.

 

Né à Mazières-en-Gâtine le 24 juin 1888, il est fils d’un docteur en médecine, lui-même botaniste et naturaliste. Après des études secondaires au lycée Fontanes de Niort, il obtient en 1905 un baccalauréat Latin-Grec-Philosophie.

Tout en préparant sa licence ès sciences naturelles (obtenue en 1908) et en poursuivant ses études à l’Institut botanique de Poitiers, il suit les cours de la faculté de médecine, ce qui lui vaut d’être nommé médecin auxiliaire pendant la guerre 1914-1918.

 

En 1919, il occupe un poste d’assistant à la faculté des sciences de Lille ; il soutient sa thèse de doctorat ès sciences à Paris le 10 décembre 1921 sur un sujet de cytologie (étude de la cellule vivante) concernant les fougères.

Préparateur (1921-1928) puis chef des travaux pratiques de botanique (1928-1931) à la faculté des sciences de Lille, il accède au poste de directeur de l’Institut de botanique de la faculté des sciences de Grenoble (1931-1954). Il est, à partir de 1946, membre correspondant de l’Institut.

Professeur honoraire, il se retire, pour raison de santé, dans sa propriété de Mazières-en-Gâtine en 1954 ; il y décède d’une longue maladie le 24 octobre 1957.

 

Son œuvre, considérable, embrasse surtout la cytologie, la phytogéographie (distribution des plantes sur la Terre, la floristique (étude de la flore et de ses déplacements au cours du temps), la taxonomie (classement des êtres vivants). C’était un spécialiste de réputation mondiale pour les fétuques et quelques autres graminées. Il était aussi un expert en ce qui concerne les fougères de France.

 

Progressivement, il avait constitué un herbier monumental, collection privée la plus volumineuse d’Europe (30 000 planches, deux tonnes et demi de matériels…). Héritier, son fils Bernard en fera don au « Conservatoire et jardin botanique » de la ville de Genève afin qu’il puisse être accessible à tous les spécialistes ; son père avait pris l’habitude de réunir ses correspondants internationaux dans cette ville, chaque année.

 

René Verriet de Litardière fait plus de trente voyages en Corse et publie plusieurs ouvrages sur la flore de cette île. Chargé, en 1922 par l’Institut scientifique chérifien et en 1923 par le ministère de l’Instruction publique, de missions botaniques au Maroc, il explore le Grand Atlas et publie avec le professeur R. Maire d’importantes « Contributions à l’étude de la flore » de cet espace géographique.

 

Pendant son passage à Grenoble, il devient directeur du Jardin alpin du Lautaret. Il publie différents ouvrages de botanique alpine. Passant presque toujours ses vacances dans les Deux-Sèvres, il répertorie les fougères du département et de la région ; il étudie également les pelouses de ces territoires. Au total, ce sont plus de 150 articles ou contributions qui sont ainsi présentés dans les bulletins de la Société botanique de France, de l’Académie des sciences… de la Société botanique des Deux-Sèvres ou autres sociétés savantes.

 

    dans son laboratoire de Grenoble en 1952                       René Verriet de Litardière obtint de nombreux prix pour ses travaux scientifiques.

Il fut nommé officier d’académie en 1927, officier de l’instruction publique en 1932 (titres désignant les palmes académiques avant 1955), chevalier de la Légion d’Honneur en 1948.

Dans plusieurs témoignages, ses étudiants et assistants soulignent sa puissance de travail et son engagement ; ainsi par exemple, ils le voyaient revenir de Corse toujours aussi serein et enthousiaste bien qu’épuisé, marqué par les brûlures du soleil, les griffures du maquis, les blessures causées par les chutes dans la pierraille. Ils montrent leur admiration devant sa patience, sa méthode, sa minutie, devant la rigueur de sa pensée et de son travail ; derrière un maître réservé et un peu secret, ils découvrent une rare sensibilité, une grande culture classique, une vive curiosité, un esprit critique développé, un sens de l’équité et une bienveillante attention empreinte de générosité et de délicatesse.

 

A l’évidence, René Verriet de Litardière était tout à la fois un éminent scientifique et un grand homme.

 

festuca glauca

 

 

festuca pratensis

 

 Sources utilisées pour la rédaction de ce texte :

-   Bulletin des Laboratoires de Biologie Végétale de Grenoble et du Lautaret (1961)

-   Revue Nature entre Deux-Sèvres, Hors Série N°1, article d’Olivier Collober (2010)


 

Bernard Verriet de Litardière

Gros plan sur un ami de l’Ecole            par Alain Chauffier

 

 

Si on a des responsabilités en Deux-Sèvres, à la direction des services départementaux de l’éducation nationale (DSDEN), les occasions ne manquent pas de côtoyer Bernard de Litardière. L’homme est présent au conseil départemental de l’éducation nationale (CDEN), aux assemblées des délégués départementaux de l’éducation nationale (DDEN) et on le retrouve impliqué dans tout ce qui concerne le secteur de Mazières en Gâtine, des problèmes de carte scolaire aux divers évènements liés à l’exercice du métier d’enseignant en passant par la mise en place des réseaux d’écoles rurales  (voir article page 29) et  par les nombreux projets liés aux nouvelles technologies, à l’art et à la culture (1). Autant de projets qu’il accompagne ou initie infatigablement en pointant son objectif sur chacune des particularités de ses terres de Gâtine. Même si cela ne saute pas obligatoirement aux yeux à la première rencontre, retenez bien que Bernard Verriet de Litardière est d’abord un expert du virtuel, un être de lumière et d’images…

 

Petit fils de Charles, médecin et homme public largement connu (maire de Mazières  et conseiller général des Deux-Sèvres), Bernard, natif de l’Isère où ses parents résidaient, a  passé toutes ses vacances de jeunesse en Gâtine, dans la maison familiale. Après un premier poste de « professeur d’esthétique industrielle » (la chose n’est pas si commune !) à Grenoble en 1958, il accomplit cinq années comme enseignant à l’école des Beaux Arts de Bordeaux et rejoint enfin totalement notre région en 1966 comme professeur à l’école des Beaux arts de Poitiers.  Le voici donc universitaire comme son père René, botaniste de renommée mondiale passionné de nature et immense collectionneur (2). Enraciné à Mazières où il devient, sur les traces de son grand père, conseiller municipal en 1971 puis adjoint au maire en 1990, notre homme conjugue allégrement dynamisme  professionnel et implication dans la vie publique locale. On le trouve partout où le savoir et la pédagogie sont utiles et sa retraite en 1993 n’a pas diminué sa disponibilité.

 

Bernard de Litardière est un laïc convaincu qui met volontiers son talent et ses connaissances au service de l’école publique, au service de ces enfants de familles rurales qui méritent bien, comme les plus favorisés, l’accès au meilleur de la science et de ses usages. Avec lui -et souvent grâce à lui- on découvre, on expérimente, on s’émerveille, on apprend…  Avec lui -et grâce à des hommes comme lui- l’institution historique des DDEN(3) trouve encore du sens et peut apporter à l’école d’aujourd’hui une vraie contribution.

Voici donc cet « ami de l’Ecole » président des DDEN du secteur de Mazières dès 1966, animateur des ateliers informatiques des écoles en 1981 (4) puis de l’expérimentation d’internet dès 1995 ; il « se fait la main » en 1997 en créant le site internet de la Communauté de communes du Pays Sud Gâtine avant de réaliser celui des DDEN du département et celui de la fédération nationale en 1998.

 

L’énumération peut continuer tant l’homme est constant dans ses engagements : contribution au nouveau site pour les DDEN en 2007, réalisation d’un film sur chacune des communes du canton de Mazières entre 1997 et 2009, création d’un film spécifique pour l’assemblée générale 2010 de l’AMOPA79 … et bien d’autres productions ou projets sont en cours ou prévus !

Dans les nombreux articles publiés par la presse locale on peut choisir les mots qui conviennent à ce militant du progrès accessible et modeste : « un homme serein », « un maestro de l’image », « une disponibilité passionnée ». Dans une récente interview, il souhaite que les avancées les plus spectaculaires des sciences et de la technologie, profitent à tous, et il produit «De la coussote au satellite »(5).

Bernard de Litardière anticipe ainsi un nouvel humanisme qui n’oublie pas la poésie. Il sait l’agrémenter d’une petite touche bucolique, marque de famille ou empreinte de sa Gâtine bien aimée…  Si l’homme travaille en solitaire dans un antre plein de fils et d’électronique ou dans le vaste parc qu’il entretient lui-même avec soin, il éprouve profondément le « goût des autres », le plaisir des rencontres, la joie de l’initiation au beau. Vous pouvez lui faire confiance, il vous offrira bientôt de nouvelles lumières et d’étonnantes prises de vue!

 

(1) 1984 : Après avoir contribué à la naissance de l’Espace Mendès France à Poitiers, création d’une salle «d’initiation à la lumière » à destination des scolaires pour le musée Ste Croix.--  1997 : Campagne de communication pour le championnat de France UNSS.--  2000 : Création du DVD « la séparation de l’église et de l’état ».--  2002 : DVD « Une école dans les étoiles » (l’école de Verruyes à Toulouse).--  2003 : DVD et exposition pour les scolaires « De la vapeur au TGV ».--  2005 à 2008 : Suivi des étapes du contournement de Mazières avec le « réseau des écoles ». Film et exposition, mais aussi photographies aériennes d’une déviation que Bernard de Litardière - passionné de « belles mécaniques » - inaugure avec la « 6Ch RENAULT » de son grand-père !

(2)  René de Litardière a légué à son fils l’herbier le plus important d’Europe pour lequel le Muséum de Paris a manqué de place et qui est actuellement accueilli et valorisé à Genève (Cf. l’article qui lui est consacré dans ce bulletin)

(3)   « Le Délégué départemental de l'Éducation nationale (voir affiche ci-dessus) est un ami de l’école publique qui est nommé officiellement pour veiller aux bonnes conditions de vie des enfants, à l’école et autour de l'école. » (in wikipédia). Consulter également le site : http://www.ddenfed.org/delegue/une_fonction_dans_le_temps.html

(4)  Initié par Laurent Fabius en 1981, le plan IPT (informatique pour tous) a marqué le point de départ de l’utilisation des nouvelles technologies en milieu scolaire.

(5)   « De la coussotte au satellite », cette vidéo numérique produite pour l’an 2000 et largement diffusée depuis met en valeur l’évolution de la vie quotidienne en Gâtine au travers de l’eau, de l’agriculture et des voies de communication, avec beaucoup de réalisme, de tendresse et d’humour.

 

 

 

 

 

ASSEMBLÉE  GÉNÉRALE

 

Mazières-en-Gâtine - collège Roger Thabault - samedi 27 novembre 2010

 

 

Programme  de  la  journée

 

9h à 9h30            Accueil des participants par les membres du bureau

9h30                    Assemblée générale 

-       Accueil par Delphine Nibaudeau, principale du collège

-    Ouverture de la réunion par  Daniel Brillaud,  président

-    Rapport moral et projets d’activités

-    Renouvellement du conseil d’administration

-    Bilan financier

-    Projets assemblée générale 2011 et bulletin n° 23

-    Nouveaux statuts de l’ AMOPA et règlement intérieur de la section

-    Questions diverses

10h30                 Remise des décorations en présence des élus locaux

11h30                 Visite du collège

12h00                 Apéritif suivi du repas amopalien au collège

Menu : Salade poitevine – Filet mignon, sauce pommes vapeur et haricots verts – Fromages – Salade – Nougat sur crème anglaise et coulis de fruits rouges – Café – Vins assortis.

15h00                 Commanderie de Saint Marc la Lande. Raymond Sibileau président de la Maison du patrimoine présentera les activités éducatives proposées aux élèves, en présence de Pascal Ollivier président de la C.C. Pays sud Gâtine, puis film vidéo proposé par Bernard de Litardière « Patchwork sur le patrimoine éducatif et culturel du canton »                           

Fin vers 17h00              

 

 

Compte-rendu  financier 2009

 

 

Dépenses en €

 

Recettes en €

 

affranchissements

515,50

cotisations (quote part)

1096,00

assemblée générale

998,70

assemblée générale

1402,00

frais tenue compte

   9,50    

Subvention CG

  500,00

frais de bureau

304,07

 

 

fêtes et cérémonies

  96,80

 

 

don  (Cidan)

  30,00

 

 

Equipement informatique

139,04

 

 

Solidarité (gerbes)

130,00

 

 

impression du  bulletin

409,91

 

 

total

2633,12

total

2998,00

 

 

Actif                                                                           Passif

Compte courant : 3187,39                                                         Report :            2822,51           

                                                                                  Résultat exercice          364,88 

                                                                                  A reporter :  3187,39 

 

 

 

Photos page 4 de couverture - Auteur Bernard de Litardière - colonnes de gauche à droite

Saint Georges, château de La Touche Poupard

Mazières, château  du Petit chêne

Saint Pardoux, chêne de la Cigogne

Beaulieu, château de La Guyonnière

 

Paysage printanier

Saint Marc La Lande

Saint Lin, château de La Bouchetière

Vue du ciel

Mazières, collège Roger Thabault

Saint Marc La Lande, maison du patrimoine

Verruyes, Commanderie de Saint Rémy

Verruyes, plan d'eau

St Marc La Lande château de La Ménardière

 

 

Adhérents 2009 et promus 2010

 

Co = Commandeur

 

O = Officier

 

Ch = chevalier

 

 

M.

ALBINA    Alfred

Ch

79400 Exireuil

Mme

MARCUSSEAU-GARNIER    Pierrette

Ch

79400 Saint-Maixent l'école

M.

ANDRAULT    Gérard

Ch

79370 Verrines sous Celles

M.

MARSAULT    Philippe

O

79420 Beaulieu sous Parthenay

M.

ANDRIEUX    Yves

Ch

79140 Cerizay

Mme

MASSON    Marguerite

Ch

79000 Niort

M.

BARLET    Jean-Henri

O

79200 Parthenay

M.

MATTIODA    Daniel

Ch

79000 Niort

M.

BATY    Olivier

O

79000 Niort

M.

MECHICHE    Gabriel

Ch

79000 Niort

M.

BAUDOIN    Bernard

Ch

79000 Niort

M.

MELON    Jean

Ch

79100 Mauzé Thouarsais

M.

BELY    Jean

Ch

79270 Frontenay R.R

Mme

MESLET    Véronique

Ch

79270 Sansais

M.

BENOIST   Jacques

Ch

79300 Bressuire

M.

MEYER    Alain

O

79340 Menigoute

Mme

BERGER    Isabelle

Ch

79000 Niort

M.

MOINARD    Maurice

O

79510 Coulon

M.

BERNARD    Roger

O

79000 Niort

M.

MONNET    Joël

O

79260 Sainte-Neomaye

M.

BERNARD    Roger

Ch

79500 Melle

M.

MORILLON    Claude

O

79400 Azay le Brûlé

M.

BILLARD    Pierre

O

79370 Celles sur Belle

Mme

MOUCHEUX    Annie

Ch

79240 Le Busseau

M.

BJAI    Maurice

O

79000 Niort

M.

MOZZI RAVEL    Jacques

Ch

79220 Surin

M.

BONNAUD    Michel

O

79360 La Foye Monjault

Mme

MUSELLI    Nelly

O

79340 Coutières

M.

BONNEAU    Max

O

79800 Exoudun

Mme

NAUDIN    Pierrette

Ch

79230 Prahecq

Mme

BOTTE    Emilienne

Ch

79000 Niort

Mme

PAILLE    Marie-Thérèse

Ch

79400 Augé

M.

BOUCHET    Guy

Ch

79600 Airvault

M.

PAIRAULT    Alain

Ch

79260 Romans

M.

BOUCHON  Jean

O

79370 Celles sur Belle

M.

PAQUEREAU    Aimé

Co

79000 Niort

M.

BOURDIN    Jean-Marcel

O

79400 Saint-Maixent l'école

M.

PAULUS    Jean marie

O

79290 Argenton l'église

Mme

BOURDOIS    Odile

Ch

79000 Niort

M.

PECHEY    Bernard

Ch

79150 Etusson

M.

BOURNEAU    Joël

Ch

79270 Sansais

Mme

PENIT-TA     Minh-Nguyet

Ch

79600 Airvault

M.

BOUTEILLER Pierre

Ch

79000 Niort

Mme

PERRIN GRIGNON    Danièle

O

79500 St-Romans lès Melle

M.

BOUTET    Claude

Co

79300 Bressuire

Mme

PETORIN-HEURTEBISE    Andrée

O

79000 Niort

Mme

BOUTET    Michelle

O

79300 Bressuire

Mme

PICHELIN    Corinne

Ch

79000 Niort

M.

BOUTET    Yves

O

79100 Thouars

M.

PICHOT    Gérard

Ch

79100 Thouars

Mme

BRENET    Jacqueline

Ch

79230 Vouillé

M.

PIETRI    Noël

O

79320 Moncoutant

M.

BRIDIER    Maurice

O

79000 Niort

Mme

PILOT    Monique

Ch

79370 Celles sur Belle

Mme

BRILLAUD    Catherine

Ch

33390 Plassac

Mme

PINEAU    Christiane

O

79000 Niort

M.

BRILLAUD    Daniel

Co

33390 Plassac

M.

PINTAUD    Georges

O

79270 Epannes

Mme

BRION    Jeanne-Marie

O

79000 Niort

M.

PISTRE    Etienne

Ch

79800 La Couarde

Mme

BROTHIER    Michelle

Co

79000 Niort

Mme

PLANTECOTE    Pierrette

Ch

79000 Niort

M.

CACAULT    Lionel

O

79000 Niort

M.

PLANTECOTE    Robert

O

79000 Niort

M.

CHAIGNE    André

O

79360 Beauvoir sur Niort

Mme

POHIN CALLUAUD    Claudine

Ch

79000 Niort

Mme

CHAIGNEAU-GEFFARD Marguerite

O

79000 Niort

M.

POUPARD    Pierre

Ch

79190 Melleran

Mme

CHARTIER    Marie-Thérèse

O

79100 Thouars

Mme

POUPLIN    Noëlle

Ch

79140 Le Pin

M.

CHAUFFIER    Alain

O

79270 Frontenay R.R

Mme

PRESTAT    Françoise

Ch

79200 Parthenay

Mme

CHAUFFIER    Françoise

O

79270 Frontenay R.R

Mme

PROUST    Marylène

Ch

79260 La Crêche

M.

CHAUMET    Miche

Ch

79230 Aiffres

M.

QUETIN    Claude

O

79260 La Crêche

Mme

CHAUVIERE    Marie-Claire

Ch

79300 Breuil-Chaussée

M.

QUEVEAU    Gérard

O

79140 Le Pin

M.

CHIRAUX    Christian

Ch

79000 Niort

Mme

QUINTARD   Caroline

Ch

79460 Magné

Mme

CHOLLET    Claudette

Ch

79230 Aiffres

M.

QUINTIN    Roger

Ch

79460 Magné

Mme

COIRAULT    Ginette

Ch

79200 Parthenay

M.

REMONDIERE    José

Ch

79000 Niort

Mme

COPINE-NICOLLET   Simone

O

79100 Thouars

M.

RENAUD    Maximilien

Ch

79000 Niort

M.

COQ    Jean-François

Ch

79000 Niort

M.

ROBICHON    Franck

Ch

79500 St Martin lès Melle

M.

CORBINUS    Albert

Ch

79130 Secondigny

M.

ROCHE    Paul

Ch

79260 La Crêche

M.

CORNU   Roger

O

79500 St-Romans lès Melle

M.

ROCHER    Georges

Ch

79000 Niort

M.

COURTADET    Jean

Ch

79300 Bressuire

M.

ROUSSEAU    René

Co

79000 Niort

M.

COURTIN    René

Ch

79000 Niort

M.

ROUSSEL    Denis

Ch

79410 Echiré

M.

CREHIN    Jean-François

Ch

79000 Niort

Mme

SAINT-SEVER    Andrée

Ch

79000 Niort

Mme

DAMBRINE    Catherine

Ch

79460 Magné

Mme

SALETES    Aline

Ch

17000 La Rochelle

M.

DE LITARDIERE (VERRIET) Bernard

Ch

79310 Mazières en Gâtine

M.

SALETES    Camille

O

17000 La Rochelle

M.

DESCHEMPS    François

Ch

79480 St-Georges de Noisne

M.

SEGUIN    Jacques

Ch

79270 Saint Symphorien

M.

DUBOIS    Ulysse

O

79120 Sepvret

M.

SIBILEAU    Marcel

O

79160 Coulonges/s/ l'Autize

Mme

DUPUIS    Michèle

Ch

79000 Niort

Mme

SLIWA    Pierrette

Ch

79400 Saint-Maixent l'école

Mme

DUPUY    Christine

Ch

79400 Saint-Maixent l'école

Mme

SOUCHET    Jeanne Lucette

Ch

79140 Cirières

M.

DURAND    Roger

O

79410 Saint-Gelais

Mme

THIOLLET    Jeanninee

Ch

79000 Niort

Mme

DUVAL    Catherine

Ch

79270 Frontenay R.Rn

M.

TOUCHARD    Gilbert

O

79320 Moncoutant

Mme

EVEN    Catherine

Ch

79250 Nueil les Aubiers

M.

VAL    Alain

O

79260 La Crêche

M.

FAURY    Gilbert

Ch

79000 Niort

M.

VALLET    Roger

O

79600 Airvault

M.

FERNANDEZ    Claude

Ch

79270 Frontenay R.R

M.

VASSEROT    Charles

Co

79000 Niort

Mme

FERRET    Claudine

Ch

79210 Saint-Hilaire la Palud

M.

VENARD    Bertrand

Ch

79290 Bouillé Loretz

M.

FOREST    Jean-Georges

Ch

79200 Pompaire

Mme

VERRET PREVOT    Bernadette

O

79210 Mauzé sur le Mignon

Mme

FOURCADE    Joëlle

Ch

17700 Surgères

Mme

VINCENT    Martine

Ch

79240 Le Busseau

M.

FOURNIER    Gérard

Ch

79270 Frontenay R.R

Mme

VOYER    Françoise

Ch

79000 Niort

M.

FOURRE    Gabriel

O

79450 St-Aubin le Cloud

 

Promotion du 1er janvier 2010

 

 

Mme

FRADIN    Martine

O

79320 Moncoutant

 

Néant

 

 

Mme

FRANCOIS    Simone

O

79360 La Revêtizon

 

 

 

 

Mme

FREREBEAU    Gisèle

O

79170 Brioux sur Boutonne

 

Promotion du 14 juillet 2010

 

 

Mme

GAILLARD    Paulette

Ch

79000 Niort

M.

COURTOIS    Jacky

Co

79000 Niort

M.

GAILLARD    Robert

Ch

79000 Niort

Mme

BILLEROT-GIRARD    Mauricette

O

79400 Saint-Maixent

M.

GARANDEAU    Jacques

O

79000 Niort

M.

GERMAIN    Michel

O

79200 Parthenay

M.

GAROFALO    Julien

Ch

79000 Niort

M.

REMIGNON    Hervé

O

79300 Terves

Mme

GAURIT    Charlotte

O

79000 Niort

M.

PECHEY    Bernard

O

79150 Etusson

Mme

GENDREAU-DONNEFORT Simone

Ch

79110 St Martin d'Entraigues

Mme

ROBERT-BALLAND    Josette

O

79270 Saint-Symphorien

M.

GENDRON    Christian

O

79000 Niort

Mme

AUBOIN    Françoise

Ch

79400 Saint-Maixent

Mme

GERMAIN    Claudie

Ch

79200 Parthenay

Mme

BECAM-MARCADET    Christine

Ch

79300 Bressuire

Mme

GERRIET    Martine

Ch

79200 Parthenay

Mme

BERGER-DAVID    Cluadie

Ch

17490 Siecq

Mme

GILABERT    Andrée-Jeanne

Ch

79310 Mazières en Gâtine

M.

BRECHET    Jacques

Ch

79370 Thorigné

M.

GILBERT    Henri

Ch

79000 Niort

Mme

BERGES-PRATZ    Jocelyne

Ch

79200 Chatillon/thouet

M.

GIRARD    Jean-Luc

Ch

79300 Noirterre

M.

BIAY    Jacques

Ch

79410 Echiré

M.

GRIFFAULT    Guy

Ch

79370 Celles sur Belle

Mme

BILLARD-LABOIRIE    Catherine

Ch

79000 Niort

M.

GRIMAL    Denis

Co

79170 Availles/Chizé

Mme

BONNET    Monique

Ch

79260 La Crêche

M.

GROLIER    Alain

Ch

79800 La Mothe Saint-Heray

M.

CHAIGNEAU    Jean-Paul

Ch

79800 Soudan

M.

GUAY    Charles

O

79000 Niort

Mme

CHAMARRE    Sylviane

Ch

79170 Chizé

Mme

GUERIN    Monique

Ch

79140 Le Pin

M.

CHAPPE    Frédéric

Ch

79270 Frontenay R.R

M.

GUILBOT    Christian

Ch

79100 Thouars

Mme

CHASSAIN-MOUCLIER    Dominique

Ch

79000 Niort

Mme

GUYON    Huguette

Ch

79000 Niort

Mlme

CHENIER-IZARD    Nathalie

Ch

79180 Chauray

M.

HAYE    Jean-Marie

O

79100 Thouars

Mme

CHOINIERE    Claudine

Ch

79000 Niort

M.

JEANNE    Christian

Ch

79000 Niort

M.

DESMIER    Michel

Ch

79410 Cherveux

M.

JOURDAN    Jean

O

79160 Ardin

Mme

DORNARD-BEDIN    Françoise

Ch

79000 Niort

M.

JUILLARD    Alain

Ch

79230 Vouillé

M.

DUGAS    Jacques

Ch

79320 Moncoutant

Mme

JUILLET    Françoise

Ch

79240 L'Absie

M.

FAUCON    Renaud

Ch

79150 Genneton

Mme

LAFAYE    Elisabeth

Co

79230 Fors

M.

GACHIGNARD    Bruno

Ch

85490 Benet

M.

LARDEAU    Gabriel

Ch

79180 Chauray

M.

GAUTREAULT    Jean-Luc

Ch

79200 Le Tallud

Mme

LAROUSSI    Marie-France

Ch

79100 Thouars

M.

GIBOUIN    Xavier

Ch

79360 Ste Blandine

Mme

LECAS-REGIMBART  Mariannick

O

79270 Sansais

Mme

GROSSET-PREZEAU    Marie-Thérèse

Ch

79180 Chaban

Mme

LEGENDRE    Simone

Co

79100 Thouars

M.

LEROUX    Hugues

Ch

79000 Niort

M.

LEMOTHEUX    Didier

Ch

79220 Saint Ouenne

M.

LESCORBIE    Bruno

Ch

79270 Frontenay R.R

M.

LEVEQUE    Michel

Ch

79000 Niort

Mme

MAGNIEN-RICHARD    Martine

Ch

79100 Ste Radegonde

Mme

LIMOGE    Yvonne

Ch

79240 L'Absie

Mlle

MICHAUD    Marylène

Ch

79600 Airvault

Mme

LOUCHOUARN-DEBROU  Nicole

Ch

79140 Cerizay

M.

PAILLE    Jean-Michel

Ch

79190 Pliboux

Mme

LOURROU    Andrée

Ch

79400 Saint-Maixent l'école

M.

PLANTIVEAU    Pascal

Ch

79000 Niort

M.

MAGAGNOSC    Jean

Ch

79400 Saint-Maixent l'école

M.

SICOT    Robert

Ch

79160 St Laurs

M.

MAGUY    Jean-Marie

O

79000 Niort

M.

SOURISSEAU    Bernard

Ch

79300 Boismé

M.

MANGIN    Jean-Pierre

Ch

79160 Coulonges/s/l'Autize

Mme

TABONE    Josiane

Ch

79000 Niort

Mme

MARCHANDIER    Josette

Ch

79400 Saint-Maixent l'école

M.

TAPIN    Jacques

Ch

79000 Niort

 

 

 

 

Mlle

TERRIER    Dominique

Ch

79000 Niort

 

 

 

 

Mlme

VERGER-PAILLAT    Annick

Ch

79240 La Chapelle St Etienne