S O M M A I R E 

page  1 -  Sommaire – Bureau départemental

page  2  - Editorial par Daniel Brillaud, inspecteur d’académie honoraire, président de l’AMOPA 79.

page  3  - Compte-rendu  AG 2008  au collège Maurice Fombeure de Ménigoute.

page  8  - Hommage à Paul Despilho.

page 11 -  Nos activités

 -  Conférence : Edmond Proust, résistant et bâtisseur par Michel Chaumet,

 -  Concours de poésie de Moncoutant,

 -  Rallye citoyen des collèges.

 

Dossier :  CELLES  SUR  BELLE

page 13 - Le collège François Albert, son histoire, qu’est-ce qu’un cours complémentaire ?

page 16 - Eléments sur la vie du canton (histoire, économie, protestantisme…)

page 21 - François Albert : un homme politique aux talents multiples.

page 24 - Louis Joubert : un inspecteur général engagé.

page 26 - André Gaillard, pionnier de la fédération des parents d’élèves.

page 28 - René Gaillard, bâtisseur inlassable.

page 30 - Programme de l’assemblée générale 2009 et compte-rendu financier.

page 31 - Liste des adhérents de l’année 2008 et des nouveaux promus 2009.

 

LE   BUREAU  DÉPARTEMENTAL  2008

Président 
  Daniel BRILLAUD Inspecteur d’académie honoraire
Vice-présidents
  Max BONNEAU CASU honoraire
    Annaïck  LOISEL Inspectrice d’académie DSDEN 79
Secrétaire
  Camille SALÈTES Chef d’établissement honoraire
Secrétaire adjoint
  Maurice MOINARD Ancien directeur de la fédération régionale du Crédit Agricole
Trésorier
  Michel BONNAUD Instituteur honoraire
Trésorier adjoint
  Jacques  SÉGUIN Professeur honoraire
Membres
  Claude BOUTET Professeur honoraire
    Alain CHAUFFIER IEN Directeur IUFM honoraire
    Christian  CHIRAUX Professeur honoraire
    Catherine  DUVAL Chef d’établissement
    Jacques GARANDEAU Professeur honoraire
    Jean MAGAGNOSC Maître de conférence
    Jean-Pierre MANGIN Professeur
    Claude MORILLON Professeur
    Noël PIÉTRI Instituteur honoraire
    Georges  PINTAUD Chef d’établissement
    Françoise PRESTAT Maire adjoint  de Parthenay
    Claude QUÉTIN Médecin retraité
    Roger QUINTIN Professeur honoraire
    Denis ROUSSEL Chef d’établissement
    Aline SALÈTES Professeur honoraire
Vérificateur aux comptes
  Jean JOURDAN CASU honoraire

 

Comité d’honneur

Roger CORNU
Simone FRANCOIS
Paulette GAILLARD
 
Simone LEGENDRE

René ROUSSEAU
 
Officier de gendarmerie honoraire
SCASU honoraire
Professeur honoraire

Directrice d’école maternelle honoraire
Sous-préfet honoraire

 

      Bulletin d’information de l’association des membres de l’ordre des Palmes académiques des Deux-Sèvres.

Comité de rédaction :   tous les membres du bureau avec l’appui logistique du collège Fontanes.

Conception et mise en forme :  le secrétariat AMOPA79.

 


Editorial

 

_______________Rendez-vous à Celles-sur-Belle le 12 décembre 2009

Localement, beaucoup d’hommes se sont illustrés autour de l’Ecole__________

 

 

Ainsi donc l’assemblée générale de la section AMOPA 79 aura lieu au collège de Celles-sur-Belle ; quel plaisir de se retrouver dans un lieu où l’on a été élève ou professeur ! Certes nous avons connu le collège François Albert sous un autre jour : Cours complémentaire, ou CEG, ou CES, ou enfin collège tout court mais dans ses anciens locaux, avant la restructuration réalisée en 1934.

Je saisis l’occasion du choix de cet établissement pour souligner le rôle joué par une poignée de Cours Complémentaires ruraux et par quelques Ecoles Primaires Supérieures plus citadines dans la démocratisation d’un enseignement devenu secondaire, mais qui, au départ, était dénommé Primaire Supérieur (voir l’historique ci-après). En effet, combien d’enfants issus de catégories sociales modestes, très peu concernées par les lycées de la Préfecture et les collèges (au sens napoléonien, c’est-à-dire futurs lycées) des Sous-préfectures, ont pu poursuivre leurs études après le certif’ et devenir cadres dans les services des Postes, de la SNCF, des Impôts ou autres administrations et entreprises ? Combien ont été préparés avec succès aux concours d’entrée dans les Ecoles normales primaires et devenir des « hussards noirs de la République » anciens ou modernes ? Dans ma promotion, à l’EN de Parthenay, un tiers des élèves étaient issus de Celles-sur-Belle…

 

Bien sûr, selon une tradition désormais bien établie, nous rendons hommage dans ce bulletin à celui qui a donné son nom à l’établissement, l’ancien député François Albert, qui fut Ministre de l’Instruction publique et qui a contribué à la création de l’établissement sur le site actuel.

Nous évoquons l’histoire locale, celle de l’abbaye en particulier, et, dans la période contemporaine, celle du renouveau économique de Celles-sur-Belle sous l’impulsion, notamment, de Pierre Billard.

Nous mettons en lumière différents personnages du canton qui ont œuvré autour de l’Ecole.

Nous rappelons ainsi l’action de Jacques Bugeault, précurseur de l’enseignement agricole, auteur du fameux Almanach, tiré à cinq cent mille exemplaires.

Nous avions déjà évoqué l’œuvre de l’académicien Pierre Moinot, fils d’instituteurs né à Fressines, romancier, ancien Directeur des arts et lettres du ministre Malraux, initiateur du CSA sous l’autorité de François Mitterrand ; le 12 mars dernier, son successeur, Jean-Loup Dabadie, prononçait son éloge à l’Institut.

Nous rappelons l’histoire de Jean Migault, instituteur protestant à Mougon, victime des dragonnades sous Louis XIV. Autre grande figure du protestantisme à Mougon, Louis Joubert fut inspecteur général d’histoire et géographie, mais aussi responsable régional de l’Organisation Civile et Militaire pendant la Résistance.

Nous rendons hommage à deux illustres enfants de Triou – mon cher village natal. René Gaillard, normalien à Parthenay, qui fut professeur d’EPS avant d’accomplir, en tant que député-maire de Niort, une œuvre considérable, notamment au service de l’Ecole ; son homonyme, André Gaillard, ancien élève du CC de Celles-sur-Belle, qui fut l’un des six premiers employés de la MAIF, fondateur de l’association départementale de parents d’élèves Cornec, auteur de romans historiques (centrés notamment sur le village de Triou et sur les dragonnades)

Enfin, dans un canton où la langue régionale est encore vivante, sans pour autant avoir obtenu, durant des siècles, le moindre soutien de l’Ecole, nous avons sollicité un ancien enseignant, défenseur érudit de ce patrimoine linguistique, artiste, malgré lui, à l’esprit très agile, pour nous faire une présentation illustrée du Poitevin-Saintongeais : Ulysse Dubois.

 

Le bulletin rend évidemment compte des activités de la section au cours de l’année 2008-2009.

L’assemblée générale de Ménigoute connut un succès particulier : le spectacle donné l’après-midi devant une salle comble, rendant hommage au poète Maurice Fombeure et aux frères Pacher, donna lieu à un enregistrement précieusement conservé.

Un autre grand moment de cette année fut la conférence « Edmond Proust, fondateur et résistant » donnée à Niort le 11 mai 2009 par Michel Chaumet. L’instituteur fondateur de la MAIF, devenu Colonel Chaumette pendant la résistance, fut un des plus illustres personnages de notre département.

Hélas, cette année fut aussi celle de la disparition d’un membre de notre Comité d’honneur : le 5 janvier 2009, Paul Despilho, Inspecteur d’académie honoraire s’éteignait ; ce fut un « grand » à plusieurs titres ; nous lui rendons hommage.

 

Nous arrêterons les grandes lignes du programme 2009-2010 lors de l’AG de Celles-sur-Belle.

Encore une fois, je souhaite que chaque adhérent - chaque nouveau promu en particulier - puisse trouver du plaisir et de l’intérêt à participer à la vie de notre section départementale, que chacun puisse continuer à tisser des liens d’amitié dans un réseau de nouveaux ou d’anciens collègues, tous animés par le même attachement à l’Ecole.

 

                                                                                                              Daniel Brillaud

                                                                                                              Président de l’AMOPA 79


Compte-rendu de l’assemblée générale 2008

 

L’assemblée générale s’est tenue le 29 novembre 2008 à Ménigoute, au collège Maurice Fombeure.

 

Alain Meyer, principal du collège accueille les participants dans le restaurant scolaire où les attend une table joliment décorée, pleine de viennoiseries et autres douceurs qui donnent le tonus nécessaire à une telle réunion.

Après quelques mots de bienvenue, il invite le président Daniel Brillaud à ouvrir la séance.

 

Le Président adresse des remerciements

- à M. Meyer et son équipe… (part prise dans l’organisation de cette journée)

- à M. Gilles Bertineau, directeur de la maison de retraite, correspondant local NR et Président du musée Raoul Royer de Ménigoute, qui accueille ce matin les conjoints de certains Amopaliens et leur offre une visite de Ménigoute.

- à M. le Président du Conseil général, qui a accepté de mettre à notre disposition cet après-midi la salle dite « La grange » à l’IFFCAM

 

Il ajoute : « Nous sommes heureux de nous retrouver aujourd’hui dans l’un de ces petits collèges qui assure le maillage territorial de l’Ecole dans le département, un collège qui réussit bien d’ailleurs, un collège bien ancré dans le tissu patrimonial : il s’appelle « Maurice Fombeure » et nous avons d’abord placé cette journée sous le signe du poète local ; beaucoup d’autres éléments sont à valoriser ici, et nous avons essayé de le faire à l’aide de notre bulletin.

Nous n’oublions pas non plus que nous sommes dans une petite ville dont le Maire a longtemps été le Sénateur Dulait, qui fut président du Conseil général des Deux-Sèvres, et donc en charge des collèges depuis la première loi de décentralisation ».

 

Il remercie les élus et les personnalités qui ont répondu à notre invitation et présente les excuses de ceux qui ont été empêchés.

Il remercie chaleureusement tous les membres de l’association présents.

 

 

Rapport moral et d’activité

 

Présenté par le secrétaire Camille Salètes qui donne des indications sur les présents et transmet les excuses de quelques adhérents absents.

Quelques données numériques caractéristiques de notre section

      Adhérents à jour de cotisation :

            1998 : 93                1999 : 93                2000 : 94                2001 : 98                2002 : 105                 

            2003 : 108              2004 : 119              2005 : 128              2006 : 149              2007 : 157

 

    Participation à l’assemblée générale :

Le bulletin a été envoyé à 270 personnes (adhérents 2007 à jour 157, adhérents non à jour  13, promus de l’année  41, promus de l’an dernier qui n’ont pas encore adhéré  39,  invités et élus 20). Nous avons reçu 96 réponses (35,5%), 72 personnes sont présentes dans la salle dont 62 adhérents. Le repas sera servi tout à l’heure à Auberge de la Buissonnière(Vasles) à 59 convives. (Remerciements renouvelés à Alain Meyer et à ses collaborateurs pour leur investissement dans la préparation de cette journée).

Les réunions du bureau

Le bureau a été réuni cinq fois en 2008, les 16 janvier,  24 avril, 8 juillet, 11 septembre, 24 septembre et une réunion technique le 5 novembre pour l’envoi des invitations et des bulletins.

Conférences

Invitation à la conférence de François Dubet, sociologue de l’éducation, au lycée P. Guérin « Qu’est-ce qu’une école juste ? » le 27 mars 2008, à 18h.

Conférence-débat « Ecoles Normales en Deux-Sèvres au XXème siècle » à  l’IUFM le mercredi 7 mai 2008 à 18h à l’occasion du bicentenaire des Palmes académiques.

Un fascicule rassemblant toutes les interventions a été réalisé, il est à la disposition de tous les participants à l’ AG. Cet évènement est relaté dans le bulletin n°20 pages 10 et 11.

Rencontre du cercle Pierre Moinot, en présence de membres de la famille, le jeudi 5 juin 2008, au foyer du centre Du Guesclin à Niort.  Maurice Moinard participe aux   travaux de ce  groupe.

 

Bulletin

Comme chaque année, un travail collectif important a été fourni par les membres du bureau et les experts auxquels nous avons fait appel. Le contenu du numéro 20 est centré sur Ménigoute et son patrimoine ainsi que sur Maurice Fombeure et ceux qui l’ont chanté.

Le changement de majorité au Conseil général a été suivi d’un nouveau positionnement en ce qui concerne l’édition de ce bulletin qui ne sera plus prise en charge. Une subvention  pourrait être accordée en compensation, mais seulement à partir de 2009 compte tenu des calendriers budgétaires ; celle-ci a été demandée par courrier le 15 septembre, le dossier est en cours d’instruction. Le coût de l’édition du bulletin n°20 (environ 900€ pour 300 exemplaires, par Imprimerie Nouvelle Angevin) sera imputé au budget 2008.

 

Site internet

En voie de création, …….ce serait une coïncidence intéressante que parmi les nouveaux promus il y ait un spécialiste (ou deux) dans ce domaine !!!!  et qu’il soit spontanément candidat à l’élection au bureau.

Concours

AMOPA79 a participé au jury du concours de poésie organisé jusqu’en 2006 par l’association Kancel, en 2007 et 2008 par la maison pour tous de Moncoutant, sous l’autorité de Noël Pietri (cf. page 12 du bulletin).

« Défense et illustration de la langue française » : nous avons offert le 12 septembre 2008 une récompense à une élève de l’école publique de Chanteloup pour son poème « un rêve »

 

Bourses

L’AMOPA attribue, depuis 20 ans, des bourses à des jeunes particulièrement méritants pour la réalisation d’un projet personnel de stage ou d’études, en France ou à l’étranger, pendant les congés scolaires d’été. Un appel à candidature est lancé au sein des établissements (retour attendu avant le 1er février 2009).

 

Repas et spectacle de l’après-midi 

Apéritif pour tous les présents, ici, après les remises des Palmes académiques, puis repas à « l’Auberge de la Buissonnière » de Vasles et enfin spectacle « Moment Maurice Fombeure » Grange de l’IFFCAM.

Nos remerciements vont aux intervenants bénévoles Maurice Pacher et ses proches, Jean-François Coq, Barbara Bouilly et Dominique Simonet ainsi qu’à l’équipe chargée de toute l’organisation,  Alain Meyer, Maurice Moinard et Claude Morillon.

Un recueil de poésies de Maurice Fombeure a été réalisé  et distribué (pour le spectacle de l’après-midi et pour le plaisir au-delà de cet évènement).

Un cédérom « Moment Maurice Fombeure » a été spécialement réalisé par Dominique Simonet, Maurice Pacher et Claude Morillon, au CERDO (centre d’études de recherche et de documentation sur l’oralité de l’ UPCP Métive de Parthenay) pour une audition exclusive pendant le spectacle.

Le spectacle sera entièrement filmé (camescopes de Roger Quintin et Camille Salètes) et après montage le document sera gravé sur dévédé et offert aux intervenants. (Photo des choristes du collège ci-contre)

 

Le rapport mis aux voix est adopté à l’unanimité

 

 

 

 

 

 

Propositions d’activités pour 2009

 

Initiatives nationales

Programme habituel (concours, bourses…). A signaler la publication d’un ouvrage luxueux à l’occasion du bicentenaire des Palmes.

 

Initiatives départementales

Projet de conférence sur Edmond Proust, fondateur de la MAIF et ex Colonel Chaumette. Ce projet, à l’étude en relation avec la MAIF et l’historien Michel Chaumet pourrait se concrétiser au printemps prochain.

Poursuite du travail autour de Pierre Moinot, piloté par l’AURA (Association de Rayonnement Universitaire autour de l'Assurance)

 

Autres suggestions pour des conférences :

-  Georges Bordonove, ancien élève de Fontanes auteur de nombreux ouvrages historiques,

-  Henri Clouzot, fils d’enseignant, maître imprimeur, libraire, éditeur, auteur, journaliste,

-  Gaston Chérau, romancier, membre de l’académie Goncourt,

-  Claire Sainte Soline, pseudo de Nelly Fouillet (père instituteur qui a été maire de Niort), écrivaine

-  Georges Picard, ancien élève de l’EN de Parthenay, historien, poète homme politique,

- Gabriel Delaunay et son épouse Alice, anciens instituteurs, lui est devenu Préfet de région d’Aquitaine et a écrit plusieurs livres, elle inspectrice des écoles maternelles

 

Projet lié à l’établissement qui accueillera l’assemblée générale 2009.

- Collège Henri Martineau à Coulonges-sur-l’Autize,  Collège René Thabault à Mazières-en-Gâtine,

- Collège François Albert à Celles-sur-Belle,  Collège Ferdinand Renault à Pamproux,

- Collège Raymond Migaud à l’Absie,  Collège Louis Merle à Secondigny,

- Lycée Desfontaine à Melle,  Lycée Gaston Barré à Niort,  Lycée Jacques Bujault à Melle,

- Lycée Ernest Pérochon à Parthenay,  Collège René Caillié à Mauzé.

 

 

Ces quelques pistes sont commentées par l’assemblée ; le collège François Albert de Celles-sur-Belle semble le plus souvent cité.

Lors de sa prochaine réunion, le bureau arrêtera le lieu de l’assemblée générale 2009.

 

Bilan financier

 

Le compte-rendu de l’exercice est présenté par le trésorier Michel Bonnaud (cf. bulletin20 page 26).

Jean Jourdan, vérificateur aux comptes donne lecture de son rapport.

« En application du mandat que votre Assemblée générale du 18 Octobre 2003 a bien voulu me donner, j'ai procédé à la vérification des comptes 2007 de la section des Deux-Sèvres de l'AMOPA en présence de Monsieur Michel BONNAUD, Trésorier.

J'ai constaté la parfaite concordance tant en dépenses qu'en recettes avec les titres justificatifs et les enregistrements effectués sur les registres de comptabilité, toutes les opérations apparaissent sincères et véritables .

Le bilan définitif à la clôture de l'exercice 2007 s'établit comme suit:

Recettes  2512,00       Dépenses  2297,65     Excédent  214,35

Solde précédent  3441,48

Solde au 31 décembre 2007  3655,83

Niort, le 13 Août 2008 »

Il invite l’assemblée à voter le quitus au trésorier.

 

Le compte-rendu financier est adopté à l’unanimité et le quitus est donné.

 

Renouvellement du Bureau

 

Pour être en conformité avec les statuts, il convient de mettre aux voix de l’Assemblée générale un quart des mandats tous les ans. Le bureau ne doit pas dépasser 24 membres.

Six sièges sont à pourvoir : Ceux de Claude Boutet, Martine Fradin, Christian Gendron, Jean-Pierre Mangin, Maurice Moinard et Jean-Michel Briand.

Sont candidats  à un renouvellement : Claude Boutet, Jean-Pierre Mangin et Maurice Moinard.

Martine Fradin et Christian Gendron n’ont pas manifesté leur volonté de continuer et Jean-Michel Briand fera l’objet d’une mutation dans un département voisin à la rentrée 2009. Qu’ils soient vivement remerciés pour leur engagement et le travail fourni au sein du bureau de la section.

Sont candidats à une première élection :  Alain Chauffier et Roger Quintin.

Les cinq candidats sont élus à l’unanimité puis salués par un tonnerre d’applaudissements.

 

Remise des palmes à 19 récipiendaires

 

Ce moment toujours solennel, mais dans une ambiance bon enfant, prend une part de plus en plus importante de l’assemblée générale (16 remises en moyenne depuis quatre ans).

 

Les insignes d’officier sont remis à :

 

Mme Josiane Alamome, Mme Danièle Lampert et M. Bernard Trocmé par le président Daniel Brillaud.

Mme Nelly Muselli par Alain Meyer.

 

Les insignes de chevalier sont remis :

 

- par le président Daniel Brillaud à :

M. Joël Bourneau, Mme Catherine Dambrine, M. Didier Delouvée, M. Alain Grolier, M. Henri Nurdin, M. Alain Pairault, Mlle Annette Praud, M. José Remondière et Mme Isabelle Robert ainsi qu’à Mme Pierrette Marcusseau avec le concours de Maurice Boisgrollier.

- par Françoise Nerisson à Mlle Martine Gerriet,            - par Claude Morillon à M. Bernard Martin.

- par Jean-Michel Briand à Mme Caroline Quintard        - par Jacques Séguin à M. Roger Quintin.

- par Denis Roussel (en alexandrins) à M. Paul Roche.

 

 

 

SPECTACLE  MOMENT  MAURICE  FOMBEURE

 

Entretien avec Jean-François Coq et Maurice Pacher sur la vie de Maurice Fombeure à Bonneuil-Matours
(photo ci-dessus).

Le spectacle se déroule dans la grange de l’IFFCAM (régie : Dominique Simonet), la salle est comble (photo ci-contre), Claude Morillon assure la présentation avec une brillante autorité. 

     Nous applaudirons successivement :

La chorale d’élèves du collège sous la direction de Barbara Bouilly, avec Maurice Pacher et sa guitare.        

 

 

Des documents sonores et un court montage vidéo.

   

Récital de chants et de poésies par Colette Pacher , Annelyse Pacher-Béja, Maurice Pacher et Claude Morillon

(photos ci-dessus et ci-contre)

 



Hommage à Paul Despilho  

 

Témoignage de Jean-Pierre Peter

qui prononça l’éloge funèbre de Paul Despilho

 

 

C’est au terme des semaines de concours que, nommé jeune professeur agrégé à l’Ecole Normale d’Instituteurs de Laon (Aisne), j’ai rencontré Paul Despilho qui la dirigeait. J’avais souhaité un tel poste plutôt qu’un lycée, désireux d’enseigner à des jeunes gens d’origine souvent modeste et promis à une fonction de grande portée dans notre démocratie. Animé de cette vocation, je ne pouvais trouver chef d’établissement plus en harmonie avec mes vœux que notre ami, lui bien plus avancé que moi dans cet engagement !

 

 Arrivant de Paris je vins me présenter à lui, une semaine avant la rentrée. C’était le jour des épreuves écrites de français du baccalauréat (session de septembre). Après les échanges coutumiers, il me pria de l’accompagner, dans l’avenue,  à la rencontre des élèves qui revenaient des épreuves. Au hasard des uns et des autres, il leur demandait ce qu’ils pensaient de leur choix d’un sujet, de leur copie. J’observais, avec surprise d’abord, le ton un peu réservé, un peu timide même de ces paroles en pleine rue, les siennes comme les leurs. Je compris vite, au bout de quelques semaines, combien était grand son prestige auprès des élèves, et qu’il pouvait, de ce fait, et par beau temps si je puis dire, avoir vis à vis d’eux une sorte de douceur réservée afin de lisser la relation, de réduire la distance. Mais dans des circonstances plus difficiles, une autorité absolue émanait de lui, et d’autant plus calme.

 

Il avait l’habitude, à l’interclasse du matin (10 h -10 h 15) de sortir de son bureau et de venir bavarder un peu avec les uns et les autres d’entre nous dans la salle des professeurs. J’ai su plus tard que certains de mes collègues y voyaient une mesure de surveillance. Ils manquaient de finesse. J’ai pu juger à quel point c’était au contraire un accompagnement, un intérêt profond pour ce que nous faisions ou cherchions dans notre enseignement. Curieux de tout ; aucunement enquêteur. J’ai pu juger ainsi de l’étendue de ses connaissances, et dans maints domaines (autant culturels, artistiques que scientifiques), d’une profonde érudition. A l’occasion de ces bavardages brefs, et au bout de quelques mois, dans des entretiens plus longs à son bureau, la relation avec lui a été pour moi très féconde, d’abord dans un échange et une réflexion commune sur le fait, la technique et l’âme même de l’enseignement, puis au delà dans un début d’amitié sensible entre lui et moi, avec tout ce que la différence d’âge, donc d’expérience, implique.

 

De retour à Paris peu après pour un poste d’assistant à l’Université, je gardai relation avec Paul. Des visites à Laon, pour de brefs séjours chez lui et son épouse, me permirent de prendre la mesure des aménagements et réformes profondes, toutes remarquables, qu’il avait eu le courage et la détermination de réaliser en peu de temps pour cette École Normale, avec l’assentiment légèrement bousculé du Conseil Général. Il en résulta pour lui sa nomination à la tête de l’École  Normale de Poitiers, intéressante parce qu’elle préparait de jeunes instituteurs en poste à réengager des études pour la licence de sciences à l’Université de Poitiers. Il sut, dans des difficultés plus grandes, y tenir là aussi rôle de celui qui, sans agitation apparente, transfigure les lieux et redonne aux acteurs, professeurs et élèves, l’élan et le goût de faire.

 

Le choix dont il fut l’objet pour son poste d’Inspecteur d’Académie des Deux-Sèvres résulta assurément de cette efficacité discrète et entière avec laquelle il savait procéder. Je me souviens de ma première visite à Niort et des locaux préfectoraux presque indignes dont il héritait. Il en traitait oralement, dans notre bavardage, avec un humour souriant mais ravageur. Je fus presque sidéré, relativement peu de temps au-delà, de la tranquille détermination absolue avec laquelle il avait contraint le département (et divers ministères sans doute) à doter la ville d’une Inspection d’Académie digne de ce nom, et de plus, pleine d’agréments.

 

Dans ces premières années, ses fonctions l’amenaient assez régulièrement à Paris, pour de courts séjours ; je venais, moins souvent mais un peu plus longuement, en visite d’amitié auprès de lui et son épouse. C’était l’époque où je publiais mes premiers travaux universitaires d’historien, et je dois aux longues conversation que nous avons eues lors de ces rencontres, à ses conseils, à sa profonde culture, à sa curiosité également, oui, je lui dois beaucoup des premières qualités que j’ai pu acquérir dans ma formation à mon propre métier.

 

Il fut exemplaire en d’autres occasions aussi – et je n’insiste pas sur son passé militaire dont d’autres amis témoignent concurremment. Mais je tiens à rappeler comment, lors d’une nomination qu’on lui demandait de faire en passe droit et qu’il estimait injustifiée, sommé par le ministre, puis réticent et convoqué, il vint à Paris et, avant tout autre mot, posa sa démission sur le bureau du ministre. Il repartit confirmé dans ses fonctions.

Le courage ne lui manqua pas non plus, beaucoup plus tard, dans les épreuves successives du décès de son épouse Lucienne (elle avait été de toujours pour lui d’un appui inébranlable) puis tout récemment de la disparition prématurée d’Annie, sa fille unique. S’ajoutant aux cruelles  incapacités  physiques dues au grand âge, ce deuil fut pour lui la terrible blessure morale et vitale dont il ne se remit pas. Mais ses derniers mois de vie, dans une institution de soins où il choisit clairement d’aller sans détour à une mort naturelle mais voulue, nous donna à tous, ses amis, l’exemple d’une impavidité discrète et d’une grandeur dans la simplicité toutes romaines.

 

Depuis toujours, mais plus activement depuis sa retraite, il s’était engagé dans une fréquentation savante et assidue des textes de la spiritualité orientale, arabe, judaïque et chrétienne : traductions, analyse, réflexion, interrogation. Son érudition était grande, mais, bien que très discrètement, se laissaient percevoir plus profondément une appétence intime, un cheminement très prudent mais déterminé envers les sphères de l’Esprit.

 

Nous pouvons faire l’hypothèse que, s’il eut à choisir, c’est vers ces espaces qu’il s’en est allé.


Courte biographie     par Michel Bonnaud



Paul Despilho est né à Constantine  en 1912. Après un cursus scolaire à l’école primaire et primaire supérieure, il intègre l’école normale de Constantine (promotion 1928-1931)...école qui a eu aussi comme élèves Max Gallo et les frères Attali (entre autres). Il poursuit ses études et devient professeur de Lettres, puis inspecteur primaire. Il parcourt alors le Constantinois et le Sahara pour inspecter les écoles du bled et en installe de nouvelles. Sa parfaite connaissance du monde algérien a fait de lui un interlocuteur privilégié auprès des élus locaux et un conseiller efficace auprès des enseignants. Ces qualités le conduisent à Alger en 1955, où il occupera le poste d’adjoint à l’inspecteur d’académie. Le responsable du SNI d’Alger dira de lui : « J’ai apprécié la franchise et la compréhension avec lesquelles il abordait les problèmes. Je savais lorsqu’il avait dit non que ce n’était pas possible et qu’il eut été inconvenant d’insister ».

En 1957, il arrive à Laon pour diriger l’Ecole Normale de garçons. A partir de 1962, il assume la direction de l’Ecole Normale de Poitiers et en 1965 il est nommé inspecteur d’académie à Niort où il restera jusqu’à la retraite en 1977.

Attentif aux hommes et à l’évolution des conditions de vie, il agit pour mettre en œuvre des structures et des fonctionnements  pratiques et offrir les meilleures conditions possibles aux enseignants et aux enseignés.

Dans le département son nom restera attaché, entre autres, à la semaine niortaise, au CMPP (centre médico psycho pédagogique), au CDDP (centre départemental de documentation pédagogique), au CIO (centre d’information et d’orientation), structures qu’il a créées et développées.

Sur le plan associatif, il a créé l’AMOPA (association des membres de l’Ordre des Palmes Académiques) en 1973. S’il n’a pas voulu en accepter la présidence, il a toujours suivi avec intérêt les activités de l’association et il a participé aux manifestations tant que ses forces lui ont permis.

Au cours de sa vie, il a vécu une période militaire  très intense qui l’a profondément marqué. Après avoir suivi le peloton d’officiers de réserve à Saint-Maixent, il est nommé chef de peloton dans un Goum au Maroc. En 1942, il participe à la défense de la Tunisie face aux troupes de Rommel. Blessé grièvement en 1943, prisonnier des Allemands, il s’évade et réussit à traverser les Pyrénées. Breveté parachutiste, il rejoint les Forces Spéciales. Il était lieutenant-colonel de réserve.

Il est décédé le 5 janvier 2009. Il laisse le souvenir d’un homme de grande culture, de dialogue, ferme et attaché aux valeurs humaines. C’était un spécialiste éminent de l’Islam. Curieux de toutes les disciplines, mélomane averti, modeste et courtois, il savait mettre à l’aise. Ses qualités relationnelles l’avaient fait adopter par la population de la commune de La Foye-Monjault où il a vécu sa retraite. Il aimait bavarder simplement avec les gens qu’il rencontrait au cours de ses promenades.

Il était officier de la Légion d’Honneur, commandeur de l’Ordre National du Mérite et des Palmes Académiques.

Le colonel Cornu membre du Comité d’honneur de l’Amopa79, à l’annonce de sa mort, a parfaitement résumé l’homme et son œuvre en disant simplement :

« C’était un seigneur »                                                                                 Michel Bonnaud

 

Naissance du CMPP :  Centre Paul Despilho

par le Docteur Jean-Jacques May, neuropsychiatre - pédopsychiatre, directeur médical du centre médico-psycho-pédagogique de Niort de 1972 à 2008

 

En 1971, M. Despilho s’inquiéta que les enfants en difficultés d’adaptation ne trouvaient pas de possibilité d’aide ou de prise en charge dans le département des Deux-Sèvres et devaient recourir aux services du CMPP de Poitiers.

Travaillant de concert avec M. Toureille, directeur départemental de l’action sanitaire et sociale, il porta le projet de création de « l’association départementale des centres médico-psycho-pédagogiques des Deux-Sèvres » dont l’assemblée générale constitutive s’est réunie à l’Hôtel de la préfecture le jeudi 23 mars 1972 ; il y fut souligné la situation de l’enfance inadaptée dans les Deux-Sèvres, les réponses données par l’Education Nationale et l’intérêt d’associer les actions menées par l’Education Nationale et les services de santé au sein d’une association gérant des centres de soins à Niort puis à Thouars et répondant aux besoins confirmés par le Conseil Général et la municipalité.

 Il fut prévu une triple direction, médicale, administrative et pédagogique. M. Despilho confirma alors son intention de mettre à la disposition des CMPP du personnel détaché de l’Education Nationale et fut élu premier président de la nouvelle association. 

Le premier centre ouvrit le 1er octobre 1972, place Martin Bastard, avant de gagner son installation définitive 2, rue Camille Desmoulins à Niort sous la direction du Docteur Jean-Jacques May, neuropsychiatre pédopsychiatre, et de M. Jack Germonneau détaché de l’Education Nationale.

M. Despilho assura la présidence de l’association jusqu’au premier renouvellement de mandat. Soucieux de ne pas être en position de juge et partie, il céda la place à M. René Gaillard, maire de Niort, le 29 avril 1974, mais, tout comme son homologue de la DDASS, il souhaita conserver un rôle consultatif dans la vie de l’association.

Le CMPP de Niort porte depuis 2008 le nom de « centre Paul Despilho » pérennisant ainsi la mémoire de celui qui avait été un élément déterminant de sa création et confirmant par la même ses grandes qualités d’ Homme de lettres et de cœur.

 

   

Un témoignage émouvant
émanant de madame Simone François, du comité d'honneur de la section AMOPA79, qui a longtemps travaillé sous l'autorité de monsieur Despilho à l'inspection académique des Deux-Sèvres

    Je suis à la fois, fière d'avoir connu Monsieur Despilho et heureuse de pouvoir en parler aujourd'hui, c'est dire qu'il est toujours très présent dans ma mémoire..
    J'avais pris l'habitude depuis que j'étais en retraite - il y a déjà, une vingtaine d'années - de recevoir de temps à autres, un mot de lui,, de cette petite écriture à l'encre violette, écriture qui donnait tant de soucis à ses secrétaires ! Il usait aussi du téléphone ; c'était souvent au moment des fêtes de fin d'année,. Il me faisait raconter ma vie ! Il désirait connaître mes occupations, mes voyages. Il avait une telle écoute ! Parfois même il me conseillait dans les visites que je souhaitais faire dans les musées parisiens, dans les moins connus, mais que lui connaissait dans les moindres recoins !
    Il me revient qu'un jour nous avions évoqué, l'un et l'autre - chacun accroché à son appareil téléphonique, mais si proches - le ciel du désert, le ciel du Sahara, ce ciel à nul autre pareil, où brillent des myriades d'étoiles, ce ciel si pur que nulle pollution ne vient ternir !
    Je me souviens aussi très précisément que, responsable du Club des retraités de la MGEN, je le sollicitais pour qu'il vienne nous parler de l'Algérie, de la religion musulmane …ou de poésie. Je garde, comme un bien précieux, une petite cassette sur laquelle sa voix a été enregistrée ; il nous parlait de nos " grands " poètes mais aussi des poètes " mineurs " qu'il connaissait si parfaitement, mais il faut bien ajouter qu'il laissait souvent la parole à celui qui avait accepté de partager avec lui la compagnie de nos écrivains !
    Nous l'invitions, après ce moment de délectation, à prendre le thé, ce qu'il acceptait avec simplicité, il bavardait alors avec les uns, avec les autres, comme au sein d'une famille où chacun a à cœur de connaître les heurs, les souhaits - la vie en un mot - de ceux qui l'entourent.
    Combien de fois aussi lui ai-je parlé des problèmes physiques dus à " mon avancée en âge " et que j'étais bien obligée de constater !! Ainsi l'une des dernières fois où je l'avais eu au téléphone, alors que je me plaignais : " Monsieur l'Inspecteur (je n'arrivais pas à l'appeler Monsieur Despilho, bien qu'il m'en eût souvent priée) je pouvais jadis marcher pendant 15 km, puis ce fût 12, puis 10, puis 8 et j'en suis maintenant à 5 km… " Eh bien, m'a-t-il répondu dans un rire, moi aussi chère Madame François, j'en suis à 5….mètres !
    C'était là toute sa simplicité que nous avions tant appréciée à l'Inspection Académique, car, bien sûr, c'est dans le travail que je l'avais le plus fréquenté, lorsque pour une raison de service j'avais à " monter " -son bureau était au dernier étage- je savais que j'allais être accueillie avec un large sourire, que les explications qui me seraient demandées sur tel ou tel dossier litigieux, seraient reçues avec cette compréhension qui lui était propre, avec cette patience qu'il réservait aussi, à ceux qui venaient lui demander conseil. Il ne s'asseyait point en face de moi, mais à côté de moi, pour réduire, me semblait-il la distance et quelle distance !- qui séparait l'humble fonctionnaire de l'Education Nationale, très respectueuse de la hiérarchie que j'étais et son Inspecteur d'Académie !
    Je n'ai envers Monsieur Despilho, envers sa mémoire, qu'un sentiment de profond respect, de profonde admiration pour l'Homme qu'il était et qu'il m'a permis -un peu- de connaître .

 

Edmond Proust, résistant et bâtisseur

 

Initialement programmée « Edmond Proust, fondateur et résistant », Michel Chaumet, a souhaité changer le titre de la conférence au dernier moment, il expliquera pourquoi ultérieurement.

 

Le président de la MAIF Roger Belot absent est représenté par James Meunier, vice-président qui prononce le discours d’accueil et exprime sa satisfaction consécutive à l’initiative de l’AMOPA79, tant sur le sujet de cette conférence que sur le choix du conférencier et du lieu.

 

Le président de la section AMOPA79, Daniel Brillaud prononce le discours d’ouverture dont quelques extraits suivent :            La section deux-sévrienne de l’AMOPA, association des membres de l’ordre des palmes académiques s’efforce de promouvoir le patrimoine et les valeurs de l’Ecole républicaine ; en poursuivant cet objectif, elle s’attache en particulier à faire connaître les grandes personnalités deux-sévriennes, personnalités qui, d’ailleurs, ont souvent donné leurs noms à des établissements scolaires du département.

C’est ainsi que ce soir,11 mai 2009, nous avons souhaité mettre en lumière l’œuvre de l’instituteur Edmond Proust, personnage exemplaire dont les services rendus sont tout aussi exemplaires.

Cette conférence : « Edmond Proust, fondateur et résistant » est organisée en partenariat avec la MAIF, et je remercie le Président  Roger Belot de son appui,et les services concernés de leur précieux concours.

Le conférencier, Michel Chaumet, est un deux-sèvrien, agrégé de l’Université, Directeur du CRDP d’Aquitaine ; il est notamment l’auteur de « MAIF, l’histoire d’un défi » (Le Cherche midi, 1998) et de « La Résistance en Deux-Sèvres, 1940-1944 » (Geste édition, 1994).  Qui mieux que lui pouvait retracer la vie d’Edmond Proust (1894-1956), instituteur à Saivres, fondateur de la MAIF, résistant de la Seconde Guerre Mondiale connu sous le pseudonyme de « Chaumette » ?

Je le remercie très sincèrement pour sa disponibilité et son engagement, et, par avance, sans le moindre doute, pour la qualité de sa prestation. Prestation qui sera enregistrée et conservée.(….)

Je remercie les membres de la famille d’Edmond Proust ici présents.

Je remercie les élus et les différentes personnalités qui ont pu répondre à notre invitation. Enfin, je vous remercie, vous tous, venus nombreux ce soir, membres des associations de Résistants et d’anciens combattants, personnels de l’Education nationale, personnels de la MAIF, personnes intéressées par notre histoire locale, sensibles à l’hommage que nous pouvons rendre collectivement au fondateur et au Résistant.

 

L’exposé de Michel Chaumet se déroule en trois parties :

1- Quel homme était Edmond Proust, le surdoué, sa personnalité, sa psychologie ?

2- Le fondateur bâtisseur de la MAAIF

3- Le résistant « Chaumette »

 

Viennent ensuite les questions et les échanges avec la salle qui ne manque pas de personnalités très au fait des différents sujets abordés. Les petits enfants d’Edmond Proust parlent des moments passés en famille avec leur grand père.

Un grand moment d’émotion, de respect et d’admiration sera vécu en fin de soirée avec le témoignage d’Omer Auzaneau, compagnon de stalag d’Edmond Proust en 1941.

 

Photo Assemblée générale MAAIF en Avignon Avril 1953. Edmond Proust répond au Président Daladier, député-maire d’Avignon.

Concours de Poésie de Moncoutant

Ce concours littéraire traditionnel est organisé par la Maison pour Tous dans le cadre de l'exposition de Décembre "L'Art de la Maîtrise"

Ouvert aux adultes et aux solaires, il a pour thème en 2009 "LA TERRE ET L'EAU" L'envoi des textes (prose et poésie) sera clos le 15 Novembre 2009.

La MPT, des Sociétés vendéennes et Deuxsèvriennes de poésie, les Amis d'Ernest Pérochon, l'AMOPA79 sont partenaires pour l'évaluation.

Tous renseignements sur le règlement  :MPT Nadine DELAHAIE 10, Rue Jean Moulin 79320-MONCOUTANT

 Photo : Un lauréat écolier de Moncoutant, reçoit son prix ainsi que les lauréats poètes de La Rochelle, de Secondigny en présence de Claude Lahaye, Noël Pietri, Pierre Lorit poète parisien invité d'honneur pour la  remise du 10 Janvier 2009

 

Rallye citoyen des collégiens


        Mercredi 13 mai 2009 de 8h30 à 17h, à NIORT sur le site de Pré-Leroy, le deuxième rallye citoyen des collégiens des Deux-Sèvres a rassemblé, provenant de 9 établissements, 21 équipes mixtes de 6 élèves volontaires qui ont été évalués sur leurs connaissances et leurs compétence dans le domaine de la citoyenneté déclinée sous toutes ses acceptions à l’occasion d’une action éducative originale et ambitieuse pour les jeunes.

Sous le patronage de madame Christiane Barret, préfète des Deux-Sèvres, avec le soutien de madame Annaïck Loisel, Inspectrice d’académie, DSDEN ainsi que  du général de brigade Didier Legrand, délégué militaire départemental et commandant de l’École Nationale des Sous-Officiers de St Maixent, cette journée de sensibilisation à la citoyenneté et à la défense civile et militaire, sous la forme d’un rallye pédestre a proposé douze ateliers ludiques (portant sur la mémoire, la citoyenneté, le secourisme, la topographie, la course d’orientation, la connaissance de la défense, la sécurité routière, le chiffre, la cohésion, la connaissance du département et le développement durable)  et des espaces d’information. Ce projet éducatif partenarial innovant, au niveau de l’ensemble de notre département, s’inscrit dans le cadre ouvert des actions liées à l’éducation à la citoyenneté (éducation civique et CESC), dans ses trois dimensions complémentaires : civisme /civilité, responsabilité, socialisation, prise d’initiatives et autonomie.

Chaque équipe a été encadrée par un élève sous-officier de l’ENSOA pour participer aux épreuves proposées par chaque atelier.

Les prix ont été remis par madame la préfète, madame l’Inspectrice d’académie, le général Legrand, monsieur le directeur de la Jeunesse et des Sports, le représentant de la mairie de Niort, MAIF Prévention  et les présidents d’associations qui ont participé à cette journée. chaque collégien  recevant un  diplôme.

Le général Didier Legrand remet le prix à l’équipe du collège de  Champdeniers, lauréate, sous le regard de madame Annaïck Loisel, Inspectrice d’académie.

 

Rendez-vous l’année prochaine le 26 mai 2010 pour une nouvelle édition avec de nouveaux ateliers.

 

Brève histoire du Cours Complémentaire de Celles-sur-Belle

 

En 1899, le directeur de l’école primaire de garçons, M. Eugène Maireau, demande la création d’un cours complémentaire annexé : deux classes après le certificat d’études. Sa demande est acceptée et ces classes ouvrent successivement en 1900 et 1901 dans les locaux de l’école ; ces locaux avaient été construits en 1856 : un seul corps de bâtiment réunissait la mairie, deux maisons d’école et un prétoire de juge de paix.

M. Maireau part en retraite en 1917. M. Saboureau, puis M. Dubois lui succèdent. Le Cours Complémentaire devient mixte en 1926, conformément aux dispositions nationales : 5 filles sont admises aux côtés des 30 garçons.

M. Brault, arrivé en 1922, adjoint de M. Dubois, puis directeur de 1929 à 1941, crée une nouvelle dynamique en développant la préparation aux concours et à l’insertion professionnelle : une troisième classe est créée et l’espace commence à manquer. En 1933, la mairie décide de faire construire un nouveau groupe scolaire au bord de la route de Limoges : les nouveaux locaux, comprenant les classes de maternelle, de primaire et du Cours Complémentaire sont inaugurés en 1934. Le groupe scolaire prend le nom patronymique de François Albert, député de la circonscription récemment décédé, ancien ministre de l’Instruction publique. En 1936, avec la loi Jean Zay, le Cours Complémentaire intègre l’enseignement du second degré.

En 1940, Celles connaît l’Occupation et le groupe scolaire est partiellement réquisitionné : les maternelles retournent dans les anciens locaux. Des baraquements initialement prévus pour accueillir des réfugiés sont utilisés comme salles de classe. Un intérim est assuré à la direction du Cours Complémentaire, car M. Chauvineau, qui devait succéder à M. Brault, est prisonnier en Allemagne.

M. Chauvineau arrive en 1945 et, avec beaucoup de rigueur,  d’énergie et d’abnégation, il impulse avec l’équipe enseignante un nouveau développement : à son départ en retraite, en 1963, on compte 420 élèves pour 12 enseignants ; la renommée de l’établissement est telle que, au-delà du canton, des élèves viennent de Melle, de Prahecq et de Niort (transport par train, puis par bus ; pour certains, pensionnat en famille d’accueil). En 1959, avec la réforme Berthoin, le Cours Complémentaire devient  un CEG (Collège d’Enseignement Général). M. Chauvineau obtient la construction de deux classes de sixième et de deux classes de cinquième ainsi qu’une nouvelle cantine  et un atelier pour le travail manuel. Les contenus d’enseignement se rapprochent de ceux des classes de 6ème à 3ème des lycées. Une classe dite de seconde regroupe après le Brevet les élèves qui préparent les concours administratifs ou d’entrée à l’Ecole Normale.

J’ai personnellement dirigé cet établissement après M. Biget, de 1969 à 1994. J’ai mis en œuvre progressivement deux nouvelles grandes réformes du Ministère de l’Education nationale (voir ci-dessous) : celle de Christian Fouchet (décret du 3 août 1963, puis celle de René Haby sur le collège unique pour tous (1975). Une modification des rythmes scolaires est intervenue en 1968 : le congé du jeudi a été remplacé par l’après-midi du mercredi (dédié au sport scolaire dans le cadre de l’UNSS) et celui du samedi. Je me suis efforcée d’adapter les locaux, suite au  départ des classes primaires, dans un nouvel ensemble construit aux Boyaux par la Commune, de 1971 à 1976 ; deux préfabriqués  ont été remplacés par une construction définitive. De nouvelles salles spécialisées ont été créées, un centre de documentation et d’information a été ouvert. Un restaurant scolaire en self-service fut inauguré le 26 octobre 1984. 490 élèves étaient accueillis en 1994, pratiquement tous issus du canton, suite à la sectorisation et à l’ouverture de nouveaux collèges.

Les Loi de décentralisation (1982-1985) ont ensuite bousculé le cadre institutionnel : le département est devenu l’autorité de tutelle compétente pour la gestion matérielle et financière des collèges. Dès sa prise de fonction, Mme Mousset, nouvelle principale, a dû accompagner, de 1994 à 1999, un ambitieux programme de restructuration : le collège a pris le visage que l’on connaît aujourd’hui, la façade de 1934 sur la route de Limoges étant respectée. Il est fonctionnel et offre un excellent cadre de travail à la communauté scolaire ; environ 500 élèves y sont scolarisés chaque année. Mme Alleau et M. Arnout ont succédé à Mme Mousset.

 

                                                                       Marguerite Chaigneau-Geffard

 

 

 

            Les Cours complémentaires ont contribué à la démocratisation de l’enseignement …

 

 

« On a oublié les cours complémentaires. Le légendaire républicain s'est focalisé sur l'école primaire de Jules Ferry. L'école du peuple se complétait pourtant, après le certificat d'études, par un enseignement primaire supérieur dont les écoles primaires supérieures déjà prévues par la loi Guizot (1833), constituaient la forme achevée. Ces écoles primaires supérieures, très sélectives, refusaient dans les années 1930 plus d'élèves qu'elles n'en acceptaient. Elles assuraient quatre années de formation après le certificat d'études et conduisaient au brevet. Leurs élèves trouvaient facilement des places de commis aux écritures, de comptable, et même, pour les filles, d'institutrice.

Les cours complémentaires créés en 1887 étaient, pour citer le décret et l'arrêté du 18 août 1920, des établissements intermédiaires entre l'école primaire et l'école primaire supérieure. Leurs maîtres étaient moins qualifiés : c'étaient les meilleurs des instituteurs, tandis que ceux des écoles primaires supérieures étaient recrutés par un concours spécifique. L'enseignement lui-même était analogue, mais plus court, deux années en principe, portées cependant à trois ou quatre " pour ceux qui se destinent à des fonctions administratives et notamment à la carrière d'enseignement". De même niveau que le premier cycle du second degré, le primaire supérieur avait exactement les mêmes programmes depuis une décision prise en 1937 par le Ministre du Front Populaire, Jean Zay. La différence était si faible que Vichy put intégrer les écoles primaires supérieures dans le second degré en les transformant en collèges modernes.

Où était donc l'originalité du primaire supérieur ? Elle résidait d'abord dans un corps enseignant fortement marqué par son idéologie et sa coutume pédagogique. Ces maîtres n'avaient pas la formation universitaire des professeurs du second degré, qui étaient alors deux fois sur trois des agrégés. Leur style d'enseignement plus familier, plus proche des élèves, moins magistral, entraînait un contrôle plus personnel d'un travail plus encadré, des exercices moins ambitieux en apparence, mais gradués avec un soin attentif. L'horaire était plus lourd que dans les classes équivalentes des lycées ; trente heures par semaine contre vingt-cinq environ. Cet enseignement, dont la clientèle était modeste, était le lieu d'une promotion sociale ; leurs enseignants en avaient pleinement conscience. Mieux : ils en faisaient leur mission et leur fierté.

Sa seconde originalité tenait à sa souplesse : il "collait" littéralement aux besoins de sa clientèle. Cette souplesse était encore plus grande dans les cours complémentaires, car ils relevaient de l'inspection académique et non du ministère, qui ne les connaissait pas toujours tous. Ils pouvaient créer facilement, voire supprimer si le recrutement tarissait, des sections professionnelles où  les élèves recevaient, en même temps qu'un enseignement général large, la formation de base nécessaire pour trouver un emploi dès leur sortie. Ils pouvaient aussi ouvrir des sections de préapprentissage pour les élèves faibles, ou des cours d'adultes financés à faible coût par la municipalité. Dans un système éducatif qu'on croit à tort d'une uniformité jacobine, ces établissements décentralisés manifestaient une très grande adaptabilité [...] »

Antoine Prost historien, agrégé d'histoire, professeur honoraire à l'Université de Paris X.

 

Quelques points de repère :

1833 28 juin Loi Guizot : ouverture obligatoire d’une école de garçons dans toute commune de plus de 500 habitants (surveillance par le curé), ouverture d’EPS (Ecoles primaires Supérieures) dans les communes de plus de 6000 habitants (préparation du brevet supérieur qui permet d’enseigner dans les écoles primaires), ouverture d’une école normale d’instituteurs dans chaque département.

1879 9 août Loi Paul Bert : création des écoles normales primaires d’institutrices (22 existent, 62 seront ouvertes au cours des 10 années suivantes)

1881 16 juin 1ère Loi Ferry gratuité de l’enseignement primaire dans les écoles (dont bénéficiaient déjà 60% des élèves), les salles d’asiles et les écoles normales primaires. Institution du certificat d’études primaires en juillet.

1882 28 mars 2ème Loi Ferry : obligation scolaire pour les enfants des deux sexes de 6 à 13 ans ; laïcisation des programmes des écoles publiques (en classe, prière et catéchisme remplacés par la morale et l’instruction civique, enseignement religieux facultatif en dehors, le jeudi) ; programmes pour cours élémentaires, moyens et supérieurs ; mise en place définitive du certificat d’études primaires (20% en 1882, 33% en 1905, 50% en 1935) ; suppression du droit d’inspection par des religieux instauré par la loi Falloux.

1887 18 janvier Décret créant les cours complémentaires, classes d’enseignement primaire supérieur (2 ans) annexées à des écoles primaires et placées sous la même direction. En dehors de la voie générale (après le CEPE, préparation du BE, des concours administratifs, du concours d’entrée à l’EN), il peut être créé des cours accessoires de préparation professionnelle à l’agriculture, l’industrie ou le commerce (qui deviennent en 1892 des écoles pratiques de commerce et d’industrie).

1914 L’enseignement primaire supérieur (EPS et CC) progresse et accueille près de 10% d’une classe d’âge ; il a donné naissance à deux filières courtes :

             - l’une, générale, comprend environ 100 000 élèves

             - la seconde, technique et professionnelle, compte environ 20 000 élèves

         L’enseignement secondaire stagne ; il accueille environ 5% d’une classe d’âge.

1926 12 février (E. Herriot) Les programmes des écoles primaires et ceux des classes élémentaires des lycées et des collèges sont uniformisés ; mêmes enseignants instituteurs.

1936 9 août Loi Jean Zay : prolongation de la scolarité obligatoire jusqu’à 14 ans.

Décret du 31 décembre 1936 et 1er juin 1937 : Organisation des premier et second degrés (11ème à 7ème des lycées : 1er degré, EPS et CC : 2nd degré)

1937 21 mai  Programmes des EPS et du premier cycle des lycées et collèges uniformisés

1941 15 août Transformation des EPS en collèges (filière générale) et collèges techniques (filière technique et professionnelle), futurs lycées techniques en 1959 (loi confirmée en 1945) ; suppression de la gratuité dans le secondaire (gratuité rétablie à la Libération).

1958 4 octobre : début de la Cinquième République

Répartition des élèves :

60% école primaire et fin d’étude

10% école primaire et cours complémentaire

10% terminent au collège

10% terminent au lycée

10% terminent en enseignement professionnel et divers

8% d’une classe d’âge obtiennent le baccalauréat

1959 6 janvier : réforme Berthoin de l’enseignement scolaire

Ordonnance: obligation scolaire jusqu’à 16 ans (pour les élèves de 6 ans après le 01 01 59)

Décret :   -  cycle élémentaire de 6 à 11 ans

-    cycle d’observation de 11 à 13 ans

-    premier cycle du second degré de 13 à 15 ans

-    second cycle de 15 à 18 ans

Après le cycle d’observation :

45% fin d’études en 4ème et 3ème d’accueil

25% en 4ème et 3ème de Collèges d’Enseignement Général (qui remplacent les CC) : enseignement général court

10% en 4ème et 3ème de Collèges d’Enseignement Technique (qui remplacent les centres d’apprentissage)

15 à 20% en enseignement général long en lycée (les collèges deviennent des lycées et les collèges techniques des lycées techniques)

1963 Décret du 3 août : Réforme Fouchet des collèges

Création des Collèges d’Enseignement Secondaires qui ont vocation à se substituer

-          aux CEG (et ex Cours complémentaires),

-          aux classes du premier cycle des lycées

Le CES réunit sous le même toit tous les élèves du premier cycle du second degré, mais quatre filières sont maintenues : classique, moderne, transition et pratique (pré professionnel) ; il met fin au dualisme scolaire qui existait depuis l’Ancien Régime.

Prolongation du cycle d’observation et d’orientation ; l’orientation peut se poursuivre jusqu’à 15 ans.

Mise en place des CES :

1963            20                         1968     1542

1964            209                                 1969        1689

1965            393                                 1970        1898                       1975        3088 …Réforme Haby et collège unique

1966            603                                 1971        2161

1967            876                                 1972        2385

 

CELLES - SUR - BELLE          par Jacques Séguin

 

 

Perspectives historiques

 

D’où vient ce nom ? Cella désigne en latin un monastère, preuve qu’il existait là un très ancien sanctuaire dédié à la vierge, si l’on en croit la chronique d’un moine saintongeais du XIIème siècle. En 1020, on trouve mention, sur une charte de l’abbaye de Cluny, du hameau de Celles sous le nom de cellula (petit monastère). Puis au XIIème siècle, sous le nom de Notre Dame de Celle (sans le S), on retrouve le bourg de Celles relevant du siège royal et élection de Niort alors que  la paroisse était sous la dépendance de l’archiprêtré de Melle. Cette abbaye qui donna son nom à Celles dépendait de l’abbaye de l’Esterp en Angoumois et avait la bonne fortune de posséder une statue de la vierge, qu’on disait miraculeuse.

Le nom actuel, Celles-sur-Belle, date d’un décret d’octobre 1982, qui adjoignit au bourg celui du ruisseau qui le traverse.

 

Au Moyen-âge, d’illustres visiteurs ont honoré ce lieu de leur présence. Le plus ancien est Clovis, qui après la victoire de Vouillé en 507 contre les Wisigoths, serait venu prier dans ce qui n’était alors qu’une petite église, ce qui ferait de Notre Dame de Celles, l’un des plus anciens pèlerinages du Poitou. En 1095, la ville de Saint Maixent était menacée par une épidémie de peste, ce fut l’intercession de Notre Dame de Celles qui aurait sauvé la ville. Le nombre de pèlerins s’accrut en plus des passages de compostellans ; les dons affluèrent au monastère. En 1137, le prieuré fut érigé en abbaye qui s’affranchit du chapitre de l’Esterp en 1148. Les célébrités se succédèrent à Celles. Bertrand le Got, archevêque de Bordeaux, y séjourna en 1305, alors qu’il venait d’apprendre son élection à la papauté sous le nom de Clément V. Mais la figure centrale est Louis XI qui fit de nombreux pèlerinages à Celles, il offrit d’importantes libéralités pour la célébration de messes à son intention et pour embellir l’abbaye.

Autre visiteur de marque, François 1er en 1530.

 

L’histoire de Celles fut particulièrement marquée par la Réforme ; en 1568, une troupe de huguenots détruisit en partie l’église et l’abbaye. Henri de Bourbon, futur roi de France sous le nom d’Henri IV, en vit le triste spectacle, en entrant dans Celles le 20 mai 1586.

 

Suit une longue période de léthargie jusqu’à l’arrivée de Louis de La Rochefoucauld en 1622, abbé qui entreprit la reconstruction de l’abbatiale et de l’abbaye, dans un climat de contre-réforme. Le dernier abbé de Celles fut Talleyrand-Périgord qui prit possession de l’abbaye par procuration mais il n’y mettra jamais les pieds…

 

La Révolution de 1789 entraîna la dispersion de la communauté religieuse, la vente de ses possessions comme biens nationaux et la désaffection de l’église qui a servi de prison au moment des guerres de Vendée.

 

Une autre période creuse fut de la Révolution à la fin du XIXème siècle. Celles vit comme beaucoup de chefs-lieux de canton au rythme des saisons, avec ses foires et marchés. Les événements politiques du XIXème siècle se succèdent, premier Empire, Restauration, éphémère seconde République,  second Empire puis la troisième République et le colonialisme, et finissent par entraîner des répercussions jusque dans les provinces les plus éloignées.

Deux exemples à Celles, la diffusion de la presse régionale (le Mémorial de Niort) et l’arrivée du chemin de fer en 1870 avec la ligne Niort-Ruffec. Les bestiaux gagnaient le marché de La Villette à Paris, les grains étaient acheminés vers le port de La Pallice et à la fin du XIXème siècle, la laiterie et la distillerie amenaient leur lot de trafic, sans compter les trains de voyageurs, deux le matin dans le sens Ruffec-Niort et deux dans l’autre sens en soirée. Déjà le XXème siècle se profile avec les convois de citernes destinées aux usines de Celles et de Melle, nous y reviendrons dans un chapitre ultérieur.

Le patrimoine architectural

 

L’église abbatiale Notre Dame

 

Ce magnifique ensemble date du XIIème siècle et ce sont les dons de Louis XI, fidèle pèlerin de la vierge de Celles, qui ont donné l’impulsion la plus forte à sa construction. Nous le voyons encore car l’aspect extérieur n’a pas changé depuis plus de cinq cents ans.

Le clocher daté du XIIème et du XVème siècle est une tour massive, imposante, de près de cinquante mètres de hauteur, qui domine la campagne environnante et capte le regard du voyageur.

Le portail mérite notre attention pour son style très curieux : il comporte des voussures polylobées, aux figures grimaçantes et toutes différentes.

Quatorze petites colonnes finement sculptées soutiennent la voûte.

Certains spécialistes y voient une influence arabe, l’époque des Croisades ayant favorisé la diffusion de conceptions différentes de l’art. Ce portail a été restauré en 1855.

Entrons dans l’édifice, une fois ce porche franchi. Dans l’état actuel, la nef s’ouvre sur un escalier de 15 marches qui permet de descendre jusqu’au sol de l’édifice. Le narthex des XII, XV et XVIIème siècle est remarquable par l’absence de chapiteaux qui coupent habituellement les piliers : les colonnes s’élancent sur une hauteur de 20 m d’une seule venue, donnant à l’ensemble une élégance particulière. Les nervures se prolongent comme les branches d’un arbre jusqu’à la clef de voûte.   De plus le narthex mesure 70 m de longueur sur 24 m de largeur. Imposantes dimensions voire disproportionnées par rapport à la paroisse de Celles, mais il faut savoir que l’église paroissiale St Hilaire, était distincte de l’église abbatiale et que l’importance des pèlerinages justifiait une construction d’une telle ampleur.

Au fond de la nef trônent les statues de Notre Dame de Celles et de l’enfant Jésus, elles datent du XVIIème siècle. Quant à la statue primitive de la vierge de Celles, elle a disparu, elle était vénérée dans une chapelle dont il ne reste que quelques vestiges.

Le chœur s’orne de trente cinq stalles de noyer sculptées au XVIIème siècle. De chaque côté de l’autel court une balustrade en pierre précédée d’une grille en fer forgé.

L’église abbatiale comporte également un ensemble de chapelles, la symétrie de ces chapelles latérales donne l’impression d’une église à cinq nefs. La sacristie, située au sud  du transept était à l’origine une chapelle qui reliait l’église abbatiale à l’église St Hilaire et servait de salle du chapitre ; on y voit encore le blason de Mathurin II Joubert de la Bastide, avec ses cinq fléchettes en clé de voûte, ce blason a donné naissance aux armes de Celles, auxquelles ont été rajoutés trois oiseaux, symbole de la réunion des trois communes (Celles, Verrines et Montigné).

 

L’abbaye royale

 

 

Ce magnifique ensemble construit dans le style versaillais (classique) date de 1682. Il est l’œuvre de l’architecte François Leduc dit le Toscan (pour son goût pour l’italianisme). Le plan initial était grandiose : 80 m de façade mais on se contenta de 52 m. En 1993, pour donner la mesure de ce qu’aurait du être ce vaste ensemble, le soubassement a été prolongé sur la longueur manquante. Seuls le centre et l’aile droite ont été construits, avec une largeur de 10 m et une hauteur de 20 m à l’entablement.

 

La commune en fit l’acquisition le 23 avril 1971, d’énormes travaux de remise en état s’avéraient nécessaires et de 1971 à 1976, la modestie des moyens n’a permis que de parer au plus pressé, la collectivité ayant d’autres priorités dans les investissements. Un événement marquant pour le devenir du site allait accélérer l’inscription à l’inventaire des monuments historiques et  permettre l’obtention de financement, ce fut la venue, le 13 juin 1977, à Celles-sur-Belle de Raymond Barre, premier ministre, invité par le maire Pierre Billard.

De là le lancement de grands travaux, réfection des entablements de pierre, de la charpente et de la toiture, des cheminées, des deux pavillons de l’entrée principale, de l’escalier d’honneur de la salle capitulaire et du cloître. Il aura fallu 25 ans pour voir l’achèvement de ce programme de remise en état. L’aménagement des jardins mit un point d’orgue à cette rénovation, ajoutant un écrin vert au joyau de l’abbaye royale, l’axe central s’articule dans une perspective qui s’ouvre sur l’espace de l’aumônerie, espace agrémenté d’un traitement paysager ainsi que  d’une belle fontaine taillée d’un seul bloc. 

 

 

Le protestantisme

 

Au début du XVIème siècle, l’imprimerie vulgarise un grand nombre de textes jusque-là réservés aux clercs. Luther puis Calvin vont favoriser la traduction des textes sacrés dans la langue du peuple. La lecture de ces textes va les amener à mettre en questions les dogmes et les pratiques de l’Église. Ces idées nouvelles vont se propager par les ports, les commerçants et artisans. Cette terre du Poitou a été marquée par  la Réforme, mais cette particularité lui valut de connaître plusieurs périodes troublées de 1562 à la Révolution. Après les Guerres de Religion, avec l’arrivée d’Henri IV et l’édit de Nantes de 1598, le protestantisme se développa librement. Mais en 1685, Louis XIV dénonça l’édit de tolérance et envoie la troupe pour obtenir des conversions (les dragonnades), d’où des persécutions, des exils (Jean Migault qui depuis 1663, erre de Moulay, paroisse de Fressines, à La Rochelle avant de gagner les Provinces-Unies en 1688), des destructions de temples, des mises en terre clandestines, des assemblées du désert…

Depuis le XIXème siècle, les protestants retrouvent la liberté de culte ; de nos jours pins parasol, cyprès, cimetières familiaux marquent le paysage, la Maison du protestantisme à Beaussais permet de comprendre cette histoire, et le Centre Protestant de l’Ouest, depuis 1960, fut à Celles un lieu de libre parole, ouvert à la contestation, un lieu d’analyse et de recherche, de rencontre et de partage.

 

Histoire de Jean Migault.

Il nous a facilité la tâche en rédigeant, pour ses quatorze enfants, le récit de ses infortunes, afin qu’ils sachent et n’oublient pas : « Journal de Jean Migault, maître d’école (1661-1688), les dragonnades en Poitou ». Plusieurs copies de ce journal ont été écrites de sa main, parfois avec des variantes importantes.

            Jean Migault est un paysan originaire de cette partie du Poitou comprise entre Celles, La Mothe et Saint Maixent, qui se rattacha de bonne heure à la Réforme. Mais c’est un paysan dont les ascendants avaient été en contact avec des gens de condition sociale supérieure, et dont le père avait déjà exercé les fonctions d’instituteur, et de lecteur au temple. Jean Migault est aussi instruit qu’on pouvait l’être de son temps, sans être passé par un collège. Son récit n’est pas arrangé, il constitue un document de réelle valeur historique et témoigne de la solidarité étroite qui unissait les nombreux membres de la famille du narrateur et de leurs coreligionnaires de la même région.

Après son mariage le 14 janvier 1663, il s’établit à Moulay, paroisse de Fressines, dans une maison de famille, « il enseigna en public », reprit la charge de lecteur de son père et de secrétaire du Consistoire ainsi que l’office de notaire du seigneur de Mougon de 1670 à 1681, Louis XIV ayant  supprimé tous les offices tenus par les protestants.    La famille gagna Mougon où elle demeura en paix du 13 février au 22 août 1681 quand arriva un régiment de dragons (missionnaires bottés) chargés d’obtenir des conversions par la violence et des exactions. Puis ce fut une longue pérégrination qui devait l’amener à La Rochelle en s’arrêtant, plus ou moins longtemps, au grand Breuil, à Mauzé où mourut sa femme, à Marsay, à Olbreuse, dans les cachots de la tour St Nicolas à la Rochelle et enfin, le départ pour les Provinces-Unies le 19 avril 1688.

 

Remerciements à :

                Paulette Thebault , présidente du musée du Poitou protestant pour les renseignements fournis sur la MPP, « Maison du Protestantisme Poitevin ».

Jean-Marie Charpentier pour son travail sur « Le centre protestant de l’ouest, un lieu de culture critique ». 

 

 

Economie

 

Celles-sur-Belle fut une des premières localités des Deux-Sèvres à bénéficier de l’électricité en 1912. C’est en 1932 qu’arriva l’adduction d’eau. Autre progrès de l’entre-deux guerres, l’ouverture en 1934 d’un ensemble scolaire, qui comprenait classes maternelles, élémentaires, cours supérieur et complémentaire, baptisé du nom de François Albert, député du Mellois, ministre du Travail puis de l’Instruction Publique.

En 1965, inauguration d’une piscine, équipement rare pour une commune rurale de moyenne importance.

A partir de 1969, les investissements dans le domaine de l’immobilier se précisent : construction de 15 premiers logements de type HLM au lieu-dit La croix de la Boissière, d’une nouvelle gendarmerie et d’une maison de retraite de 46 lits inaugurée en 1970.

 

Au début du siècle et jusque dans les années 1950, se tenait le mercredi à Celles un marché important : bovins, mules  et porcs, lapins, volailles, œufs, légumes et fruits de saison. De dix à quinze kilomètres à la ronde, tout le monde accourait. La manifestation la plus importante était celle du 17 janvier, la foire aux mules qui attirait des acheteurs du sud de la France et d’Espagne.

 

La gare constituait alors un nœud de la vie économique celloise avec quatre trains quotidiens de voyageurs. Certains jours, le trafic était très important ; pèlerinage de la Septembrèche, foire aux mules, marchés, arrivée des betteraves à la distillerie,  animaux pour les abattoirs, matériaux pour l’économie locale,…etc. La gare était un lieu de passage, de rencontre, en un mot un lieu de vie et de rassemblement de la population.

 

Au début du XXème siècle, Celles était une commune essentiellement rurale. Outre l’agriculture, il n’existait que deux activités industrielles, la distillerie et la laiterie. Cependant tous les corps de métiers indispensables à la vie rurale étaient représentés, trois bourreliers (dix emplois), deux charrons (quatorze ouvriers), cinq ateliers de maréchal ferrant (douze emplois), onze mécaniciens, deux cordonniers (quatorze emplois), trois chaisiers, des tailleurs de pierre dont la famille Billard (huit emplois), quatre négociants en vin, un cordier, sans oublier un colporteur,  et les métiers nomades, repasseurs de couteaux, ramoneurs, étameurs. Une liste complète des artisans permet de se rendre compte de l’extraordinaire vitalité de Celles au début du XXème siècle.

 

Une des entreprises célèbres  de la fin du XIXème siècle à 1957 était la distillerie (photo ci-contre). À  l’origine, on y fabriquait du sucre de betteraves pour alimenter l’usine de Melle fondée en 1873 par Antoine Cail, fils du grand industriel Jean-François Cail, originaire de Chef-Boutonne. Après la saison des betteraves, on distillait les topinambours.

 

Autre entreprise celloise, la laiterie coopérative, créée en 1896, et qui se  développa rapidement et régulièrement. En 1946, on commença à collecter le lait de chèvre, ensuite d’absorptions en fusions, on aboutit à la coopérative de Sèvre et Belle qui collecte aujourd’hui du Saint-Maixentais au sud du département et déborde même en Charente.

 

Il faut également présenter la SOCOPA sud Loire.

En 1953, Daniel Archaimbault, négociant en porcs, crée un abattoir industriel à Celles puis en 1958, une extension avec un abattoir pour bovins. Ensuite, modernisation, restructuration améliorent sans cesse la productivité  et aboutissent à la SOCOPA sud Loire.

 

L’entreprise Pougnand est un autre exemple de la vivacité celloise. Michel Pougnand reprend en 1969 une menuiserie en faillite qu’il fait évoluer en diversifiant ses activités, comme la rénovation ou l’agencement de magasins. Il s’implique aussi dans la formation d’apprentis. Aujourd’hui l’entreprise compte plus de 50 salariés.

 

 


Une personnalité marquante de Celles-sur-Belle, Pierre Billard

 

Enfin, il faut citer l’entreprise Billard.

A l’origine une activité familiale d’extraction de blocs de pierre de taille, d’éléments de construction (chaînage, linteaux) et fabrication de monuments funéraires depuis 1838. En 1926, les frères Jean et Joseph créent une production de pierre artificielle en ciment blanc moulé ; l’affaire occupe six personnes jusqu’à la mort accidentelle de Joseph en 1933. Jean poursuit le développement de l’entreprise par la création d’un négoce de matériaux et la fabrication de blocs agglomérés. En 1937, ses deux fils Jacques et Pierre entrent dans l’entreprise comme apprentis, l’un comme tailleur de pierre, l’autre comme cimentier. Après la guerre, d’autres innovations permirent la progression de l’activité comme la fabrication de fosses septiques, de cheminées, de poutres et de dalles industrielles. Les établissements Billard deviennent un des premiers préfabricants de béton précontraint industriel.

En 1980, la société Billard SA comptait plus de 120 personnes. Elle a su s’adapter à l’évolution de la technologie et de la demande des chantiers de BTP. Pierre Billard, dernier PDG de la lignée familiale  jusqu’en 1985, a formé son successeur en la personne de Jean Bonnie. L’entreprise a désormais plusieurs sites de production rattachés à l’usine de Celles : Saintes, Royan, Châtellerault, Dangé-St-Romain et, en construction entre Celles et Melle, une nouvelle unité : LB7.

 

Pierre Billard a su mener une carrière aux multiples facettes : dirigeant d’entreprise visionnaire,  bénévole de 1965 à 1985 dans le club de foot local, maire de 1971 à 1995, président fondateur du district cantonal de 1972 à 1993, président du syndicat mixte du Mellois de 1979 à 1990, conseiller général de mars 1979 à mars 1998, vice-président du Conseil général, conseiller régional de 1986 à 1998, deuxième vice-président du Conseil régional , président de commissions (appels d’offres, travaux, contrats régionaux d’initiatives locales), etc…

           

            « Vous nous avez laissé, monsieur le maire honoraire, une commune en pleine expansion, dynamique, avec une situation financière à faire pâlir de jalousie n’importe quel nouveau maire…nous pouvons envisager l’avenir avec sérénité et volontarisme. »  disait Jean-Marie Roy, le nouveau maire de Celles, dans d’un discours prononcé en l’honneur de Pierre Billard

 

 

Conclusion


          
Celles-sur-Belle accueille près d'une centaine d'entreprises actives au service de sa population. S'appuyant sur des traditions de savoir-faire, le tissu économique repose, pour l'essentiel, sur un maillage relativement dense de TPE (très petites entreprises) autour de deux plus importantes, du secteur agro-alimentaire qui emploient plus de 400 salariés. Les petites entreprises personnelles, artisanales, industrielles, tertiaires et de services, très dynamiques ont l'avantage d'être plus réactives en cas de crise. A Celles-sur-Belle, 90% des entreprises ont moins de 10 salariés.

Chef-lieu d'un canton de 12 communes regroupées dans une communauté cantonale de plus de 11 000 habitants, la ville jouit d'une situation géographique agréable sur la rive droite de la Belle. Avec Verrines-sous-Celles et Montigné, communes associées à Celles-sur-Belle, le recensement de 2006 a dénombré une population totale de 3 676 habitants pour une superficie totale de plus de  3700 hectares. 

 

 

François Albert :  un homme politique aux talents multiples 

par Jacques Garandeau

 

 

François Albert est né en 1877 à Bordeaux, au hasard d’un voyage de sa mère. Des classes enfantines à la philosophie, il fait sa scolarité au lycée de Poitiers. Il intègre ensuite le Lycée Louis le grand puis l’Ecole Normale Supérieure où il était, d’après son condisciple Albert Bayet, « insupportable et charmant. Aux heures dites d’étude, impossible de travailler quand il était là. Il engageait la conversation. On faisait non de la tête. On baissait le nez sur un livre. Mais au bout de cinq minutes on était en plein débat ». D’après sa fille, sa conduite d’étudiant n’était pas celle d’un futur ministre. Pour avoir organisé un chahut monstre dans un amphithéâtre, il avait été exclu cinq mois des cours de la Sorbonne !(*)

 

Agrégé de Lettres « presque en se jouant », licencié en droit, il abandonne vite l’enseignement pour le journalisme « dont il a le don et la vocation » et « qui s’avère pour lui une seconde nature, un complément écrit à sa verve orale ». Il collabore à l’Homme Libre de Clemenceau, à l’Aurore, à l’Oeil de Paris, à la Dépêche de Toulouse puis plus tard dans les Deux-Sèvres à la Fraternité "organe coopératif de la démocratie poitevine, imprimé à Lezay, devenue "La Concorde".

Voici le témoignage d’un collègue, Georges Gombault : « Je le revois à l’Aurore. S’intéressant à tout, s’amusant de tout, il animait toute la rédaction. Il engageait d’interminables controverses et ponctuait son argumentation de ses éclats de rire stridents : car cet universitaire n’avait rien du pédant, il n’était même pas dogmatique. Il produisait sans peine et sans effort visible, la parole écrite était pour lui comme le discours, une forme de l’action. Il savait clarifier les questions les plus obtuses avec une facilité déconcertante… Il savait trouver le mot incisif, la formule pittoresque, le tour savamment naïf… Il se mettait à écrire, indifférent au vacarme et une demi-heure ou une heure après il remettait une copie nette, sans ratures.

Il fut un grand journaliste politique, informateur impeccable, commentateur sagace, juge lucide, guide sûr et philosophe de surcroît… de la lignée de Voltaire et de Paul Louis Courier . Son acuité était prodigieuse, il publia des milliers d’articles… documents qui serviront à l’histoire du temps.»

 

Il entre en 1904, à 27 ans, au conseil municipal de Béruges. Elu conseiller général de Vouillé en 1907, maire de Béruges en 1914, il est constamment réélu et garde ses deux mandats jusqu’à sa mort en 1933.

Pendant la guerre de 1914-1918, il continue ses activités de journaliste. « J’ai été dans un poste sans danger et sans gloire et si j’ai servi mon pays je n’ai pas fait figure de héros ».

 

Militant politique passionné, membre du parti radical, il connaît plusieurs fois l’échec : aux élections législatives de 1914 à Civray et aux élections législatives de 1919 au scrutin de liste (les radicaux ont 4 élus, il arrive cinquième !).

En 1920, il est élu sénateur de la Vienne pour un mandat de sept ans.

Au Sénat il affiche « toute la verdeur de son esprit critique et tout le labeur d’une intelligence avertie ». « Il est l’orateur le plus redoutable du Sénat... » « Il ne commence à vivre vraiment que lorsqu’il monte les marches de cette tribune où il peut donner la pleine mesure de lui-même. Il connaît sous tous ses angles la question qu’il va traiter, mais il est surtout remarqué par son style. Il n’emploie jamais de phrases interminables, au contraire ses phrases sont courtes, une suite de faits pertinents, seules quelques réminiscences classiques çà et là rappellent sa culture littéraire…

 Duelliste, il aime être interrompu car il est une fine lame oratoire ; la réplique est toujours acérée, sans être blessante, malicieuse et cruelle dans son intention, jamais dans sa forme. »

« Les flèches qu’il envoie sont le plus souvent d’une taquinerie bénigne mais elles peuvent être terribles. Victor Hugo a dit quelque part que « la taquinerie tient lieu de méchanceté à ceux qui n’en ont pas ». L’ironie de François Albert répond pleinement à cette définition : légère quand il s’agissait de travers et de ridicules elle ne devenait impitoyable que lorsqu’elle traduisait la révolte d’une conscience et l’indignation d’un cœur généreux. » (**)

 

 

En 1924, après la victoire du Cartel des Gauches, il devient ministre de l’Instruction publique et des Beaux Arts dans le gouvernement d’Edouard Herriot. Dès la rentrée d’octobre 1924 il procède à des changements : concours des bourses et programmes d’enseignement unifiés, enseignement des filles assimilé à celui des garçons, développement des collèges intermédiaires entre le primaire et le lycée. Mais ses deux grands actes sont la réunion d’une commission de l’Ecole unique et surtout l’abrogation du décret Bérard (qui supprimait l’enseignement moderne dans les classes de 6e et 5e).

A partir de 1924, il occupe la fonction de président de la Ligue de l’Enseignement, fondée par Jean Macé en 1866 dans le but de réunir tous ceux qui désiraient contribuer à l’instruction du peuple. Il donne à la Ligue « une part immense de son talent, de son cœur, de sa vie, il a puissamment aidé à lui restituer sa grande figure des temps héroïques ». Il défend l’Ecole unique « qui n’est pas autre chose que l’égalité des enfants devant l’instruction. Elle a pour but de découvrir, de faire surgir des masses populaires profondes les valeurs intellectuelles qui sont présentement condamnées par la pauvreté à rester inconnues et amorphes et d’en faire bénéficier le corps social tout entier ».

 

Quelques unes de ses prises de position permettent de mieux cerner le personnage.

Anticlérical farouche, il combat l’autorisation des congrégations et des associations diocésaines ; lors d’un congrès de la Ligue de l’Enseignement, il attaque le nonce, monseigneur Ceretti… et gêne Herriot qui a de bons rapports avec le prélat.

 

Il est hostile au vote des femmes avec un argument étrange. Il ne veut pas « dix millions d’électeurs nouveaux alors que vous avez toutes les peines du monde à faire que plus de la moitié se passionnent pour nos luttes électorales ».

 

Il souhaite l’établissement d’une paix durable. Il reproche aux Français et au gouvernement d’avoir cru à l’illusoire thème de « l’Allemagne paiera ». Il soutient le pacte de Locarno et la politique d’Aristide Briand : « Monsieur Briand nous domine tous ».

 

Il intervient pour le transfert des cendres de Jean Jaurès au Panthéon, il souhaite aussi le transfert de celles de Jules Michelet, d’Edgar Quinet et d’Ernest Renan !

 

La vie politique a ses aléas. François Albert est battu dans la Vienne aux élections sénatoriales de 1927. Il décide alors de se présenter aux élections législatives de 1928 dans les Deux-Sèvres, dans la circonscription de Melle, avec le soutien du sénateur Léopold Goirand. Il fait campagne pour « la Paix, la laïcité et la justice sociale » et est élu au premier tour (51,6%) puis réélu très facilement également au premier tour en 1932 (64,7%).

 

Du 31 janvier au 24 octobre 1933, il est ministre du travail du gouvernement Daladier. Le Président du Conseil désirait installer à ce poste un collaborateur sympathique aux socialistes, orienté vers des conceptions modernes et enfin, bien accueilli des travailleurs qui connaissent ses tendances démocratiques. 

Dans un pays frappé par la crise, il mène une politique de rapprochement des partenaires sociaux : arbitrage, conciliation, conversation.

Il modifie la loi sur les assurances sociales selon trois principes : simplifier les textes, faire un effort de justice et d’égalité, épargner de nouvelles charges à l’économie nationale.

 

Il meurt brutalement, en novembre 1933, des complications d’une simple grippe. Il n’avait que 56 ans. Voici quelques extraits de ce que ses amis écrivent sur lui :

 

« Il était un militant. Sa vocation véritable était d’aller droit au peuple, de le remuer par la plume et par la parole. Il faut l’avoir vu dans ces  réunions publiques qu’il aimait contradictoires. Il y triomphait. L’ironie, qui lui était familière, était faite en lui de conviction probe. Il gagnait la salle d’un mot, d’un geste. Il allait droit au point vif, saisissait l’adversaire, ne le lâchait plus. Les traits jaillissaient, imprévus, irrésistibles. La formule narquoise du paysan français s’alliait aux formules de l’humaniste raffiné. »

« Quant à la bonté, la tendresse de son cœur, elle ne fut jamais en défaut ».

« Ses manières affables, sa cordialité sans appâts, son abord facile, ses boutades immédiates, sa réplique, toujours spirituelle, ses connaissances profondes, sa culture étendue, son dévouement inlassable, lui avaient attiré une sympathie quasi générale. Il fallait le voir sur le marché de Melle, discuter avec les fermiers et les ouvriers des alentours. Rien ne lui était étranger : pas plus les petits secrets de  la vie paysanne que les grandes questions de la situation mondiale. On aimait son rire franc, sa main toujours tendue. Il « maniait » le patois poitevin avec cette même facilité dérisoire et déconcertante qui faisait que ses discours n’étaient parfois qu’un feu d’artifice d’ironie caustique où l’on retrouvait sa profonde connaissance de l’âme humaine. »

 

Intellectuel, journaliste, humaniste, parlementaire, ministre, élu local, ami toujours gai, François Albert a  été un être d’exception qui a marqué son temps.

 

(*) Les citations sont extraites de :

-          Françoise NOBLETZ : François Albert, sénateur de la Vienne et député des Deux-Sèvres, mémoire de maîtrise d’histoire contemporaine, Poitiers, 1975

-          L’œil de Paris, n° 275 du 2 décembre 1933

-          L’interview de Françoise Albert par Marguerite Chaigneau-Geffard

(**) François Albert était un enfant naturel, pupille de l’assistance. Lors d’une réunion publique, à un interrupteur qui l’insultait en le traitant de champi bâtard, il avait répondu : « C’est vrai, je ne connais pas mon père, mais je sais qu’il est le père d’un type bien. Toi, tu connais ton père, eh bien, tu pourras lui dire qu’il est le père d’un con ».  


Louis Joubert

un inspecteur général engagé      par Daniel Brillaud

 

Louis Joubert nait à Saint-Maixent-l’Ecole le 1er décembre 1909. Il connait peu son père, instituteur, tué à Verdun pendant la Première guerre mondiale. Il vit jusqu’à dix ans à Prailles où sa grand-mère était institutrice, avant d’entrer au lycée Fontanes, à Niort. Il obtient son baccalauréat à 16 ans. Après deux ans de classe préparatoire à Poitiers, il part à Bordeaux où il termine ses études universitaires en travaillant par ailleurs. Il est reçu premier à l’agrégation en 1935, alors qu’il enseigne l’histoire-géographie au lycée Victor Duruy de Mont-de-Marsan. Il obtient une mutation au lycée Montaigne, à Bordeaux, lycée qu’il n’a quitté qu’en 1965 après avoir refusé plusieurs fois des offres de nomination à Paris.

 

Sa première épouse lui donne un fils, Jean-Louis, mais elle meurt lors d'un second accouchement, en 1936. Il se remarie en 1939 et aura cinq autres enfants, Daniel, Claire, Denise, Alain et Christian.

 

Sa carrière d’enseignant est bien remplie. Il aime le contact avec les élèves, même les plus jeunes, et n’abandonne qu’à regret les « petites classes ». Il est notamment, au lendemain de la guerre, un pionnier des « classes nouvelles » où l’on introduit l’étude du milieu, le travail de groupe et la collaboration inter disciplinaire. De 1937 à 1951, il enseigne en classe de préparation à l’Ecole de l’Outre-mer. De 1952 à 1965, il occupe la chaire d’histoire en classes préparatoires littéraires. En marge de son travail au lycée, à partir de 1943, il assure aussi un cours d’histoire moderne à la Faculté des Lettres, puis, après la guerre, un cours d’histoire de l’art à l’Ecole d’Architecture, un autre sur l’Islam contemporain à l’Institut des Sciences Politiques. Deux jours par mois, il part à Montpellier pour enseigner l’histoire de l’Eglise à la Faculté de Théologie protestante. Il fait partie du jury du CAPES à partir de 1961.

Il est nommé Inspecteur Général d’Histoire-Géographie en 1965. Officier dans l’ordre des Palmes académiques, il est Docteur honoris causa auprès de la Faculté protestante de Montpellier.

 

 

Il a dû interrompre une première fois ses fonctions d’enseignant en 1944-1945, suite à son engagement dans la Résistance. Cet engagement est effectif dès 1940, mais assez méconnu jusqu’en 1943 (Il aimait plaisanter sur ses aptitudes à la course à pied qui lui avaient permis d’échapper à la gestapo à Poitiers). A cette date, Membre de l’OCM, il devient Chef d’Etat-major de l’Armée Secrète de la région Sud-ouest, après la trahison du Chef Grand-Clément.

Il accepte, sur l’ordre du comité militaire de la Zone Nord, d’entreprendre des pourparlers avec la Gestapo afin de retarder la répression. Fin 1943, il gagne Alger, porteur de propositions allemandes de « négociation » auprès du Général De Gaulle**. Suspecté par les services de Sécurité algériens, il est retenu en résidence surveillée pendant dix-huit mois à Laghouat puis à Aumale.
C’est là qu’il approfondit sa connaissance de l’Islam et qu’il découvre la révolte algérienne : au moment des événements de Sétif, il parvient à empêcher un massacre à Aumale.

Réhabilité pendant l’été 1945, il est rétabli dans ses fonctions –desquelles il avait été radié par l’administration de Vichy. Un poste de Préfet lui aurait alors été offert et il aurait répondu : »ma place est auprès de mes élèves ». Néanmoins, il ne cessera d’avoir une action vigilante face à l’évolution de la démocratie française. Il sera élu conseiller municipal à Talence en 1965.

Une seconde interruption de ses fonctions d’enseignant a lieu en 1951-1952 lorsqu’il est détaché au CNRS. Il commence alors une thèse sur la rivalité franco-anglaise de la mort de Colbert au Traité de Paris (1683-1763) sous la direction d’André Julien, sa thèse secondaire devant présenter la correspondance de Dupleix. Il n’achève pas ces travaux, insuffisamment disponible et préférant l’action au travail solitaire de l’écriture. Spécialisé dans l’histoire coloniale et fortement engagé dans la vie du protestantisme, il consacre en effet une part importante de son temps à des missions dans le contexte de la colonisation et de la décolonisation (Inspection Générale et Société des Missions). Il ne cesse, par des conférences et des articles, de s’interroger sur la nature des liens entre Européens et colonisés, sur l’avenir des peuples africains et asiatiques. Il prend position lors des conflits indochinois, malgaches et maghrébins, en essayant de faire entendre à la fois les impératifs de la justice et du dialogue ainsi que les réalités historiques et sociologiques que ses interlocuteurs métropolitains ignorent trop souvent.

 

  

Sa foi et son métier l’ont amené à s’engager fortement dans deux dimensions de l’activité chrétienne.

La laïcité, d’une part : défense de l’école laïque (ainsi par exemple, avec son collègue J. Ellul, il fait fermer les écoles protestantes de Bordeaux) et participation des laïcs à la vie de leur Eglise (outre son enseignement à Montpellier, il est un paroissien actif et participe aux synodes régionaux et nationaux et aux instances dirigeantes de l’Eglise Réformée). L’œcuménisme d’autre part : il est responsable à partir de 1937 du mouvement Amitié, rassemblant des enseignants catholiques et protestants.

 

Il est nommé Chevalier de la Légion d’Honneur en 1968.*

 

A sa retraite, en 1974, il s’installe dans la maison familiale de Mougon. J’ai pu personnellement apprécier son attachement à la terre de ses ancêtres ; il avait toujours aimé venir travailler dans une ferme de sa famille à Triou, en adoptant une posture des plus humbles.           

Adolescent, je me souviens avoir tiré avec lui, dans le bruit et la poussière, les sacs de blé sur une moissonneuse batteuse.

Dès sa retraite, il devient pasteur à Niort. Lorsque sa santé le contraint à abandonner cette fonction, il poursuit depuis sa demeure la recherche d’un dialogue interconfessionnel jusqu’à sa mort, le 14 janvier 1982.

 

 

*légion d'Honneur remise par Gabriel Delaunay en 1969

** auxquelles il affirme n'avoir jamais cru, mais qu'il jugeait important de faire connaître à D.G.

 

 

 

 

André Gaillard, pionnier de la fédération des parents d'élèves

      par  Daniel Brillaud

 

 André Gaillard est un autre enfant de Triou, sans lien de proche parenté avec René. Figure du mutualisme, il est aussi le fondateur des premiers Conseils locaux de parents d’élèves (ex-fédération Cornec) et, à ce titre, l’initiateur de la semaine niortaise ; il est l’auteur de plusieurs romans retraçant la vie et l’histoire locales.

Il naît le 8 août 1911 ; ses parents, Espérance et Eugène, sont agriculteurs. Il fréquente la classe unique du village et poursuit ses études au Cours complémentaire de Celles-sur-Belle, alors situé près de l’église. Le Brevet Supérieur en poche, il travaille quelques temps à la ferme (de 1927 à 1935). Il prend plaisir à travailler la terre et dit « aimer aller siffler dans les champs ». Chemin faisant, très ouvert à la marche du monde, il étoffe sa culture.

 

Il prépare un concours d’entrée à l’Ecole nationale d’assurance ; il est, en 1936, la sixième personne embauchée par la MAIF. Rédacteur, il devient responsable du service contentieux. Plus tard, en prenant du recul, il effectuera de très intéressantes « recherches sur les origines du développement de la mutualité et de la coopération dans la région niortaise » (1985).

 

Mobilisé en 1939, il part combattre sur le plateau lorrain ; il est fait prisonnier le 22 juin 1940. Il reste dans la région de Berlin jusqu’à l’arrivée des Soviétiques en 1945 et prend part aux premières interventions après la prise de la ville. Il écrira un ouvrage sur ces épisodes, malheureusement jamais édité.

 

André avait eu un fils, Jacques, en 1939, avec Madeleine Bonmort, institutrice. De retour à Niort, il reconstruit une vie familiale avec Lucienne Chuillet, infirmière ; Yvette nait en 1947 et Claude en 1953.

 

Passionné par l’action éducative, laïc convaincu, il dépose en 1952 à la préfecture des Deux-Sèvres les statuts d’une association de parents d’élèves qui se développe au sein de la Fédération Cornec, future FCPE. André assume des responsabilités dans ce cadre jusqu’à la fin des études secondaires de Claude en 1973 : il est Président départemental et devient Vice-président national.

En concertation avec l’IADSDEN Paul Despilho, il conçoit un projet de réforme des rythmes scolaires (encore recommandé aujourd’hui par le Docteur Hubert Montagner, chronobiologiste) qui est expérimenté à Niort à partir de 1973 grâce à l’appui du Député-maire …René Gaillard.

 

Il assume également des responsabilités départementales et nationales au sein de la Libre pensée pour défendre ses convictions, notamment en matière de laïcité, en s’écartant des options intolérantes et dogmatiques.

 

L’heure de la retraite sonnée, il s’investit dans des recherches ethnologiques, sociologiques et historiques et se livre au plaisir de l’écriture. En dehors des deux ouvrages déjà cités, il rédige trois romans.

 

Le premier, le plus important (trois tomes) est une chronique qui puise dans son enfance : Le siècle trioulais (1880-1980), Editeur « Le bouquiniste, Poitiers ». André Gaillard présente son ouvrage : « Triou ne se distingue en rien des autres villages ; pas de château, ni d’artiste célèbre ; il peut passer inaperçu. Ce qui m’intéressait ? Les répercussions du progrès et mon étude va de la faucille à la moissonneuse batteuse ». Une saga tient le lecteur en haleine, et, en arrière-plan, mais avec finesse et précision, toutes les évolutions économiques, sociales, culturelles sont présentées et analysées.

 

Le second, Le sabre et la foi, 1984, édition du terroir, évoque, dans une première partie, les dragonnades dans la paroisse de Thorigné, en 1685, puis, les descendants d’un immigré conduisent le lecteur à travers l’histoire …jusqu’à la chute de Berlin, en 1945. Sur le fond, André Gaillard défend des valeurs qui lui sont chères.

 

Le troisième, Au soleil d’Oléron, 1990, Rupella, prend source dans le stalag III B, à Berlin : André s’est lié d’amitié avec un voisin de lit né à Saint-Georges-d’Oléron ; la guerre terminée, il lui rend visite dans son île, y achète une maison dans laquelle il vivra ensuite plusieurs mois par an et se familiarisera avec un nouvel environnement. Ainsi, au delà de l’intrigue qui structure son troisième roman, ce sont les scènes de la vie rurale et maritime de l’île qui éclairent chaque page.

 

 

Le regard d’André Gaillard sur les univers qu’il a traversés est pénétrant. Son œuvre reste vivante : avec profondeur et sensibilité, elle nous fait encore partager des expériences singulières, de précieuses analyses, un humanisme et une philosophie de la vie.



 


René Gaillard, bâtisseur inlassable     par Daniel Brillaud

 

 

René Gaillard naît le 22 janvier 1918 à Triou, dans une grande maison faisant face à la petite école du village. Cette maison a été construite par son père, d’abord artisan maçon, puis agriculteur.

Dans la classe unique de l’école, sa maîtresse -qui deviendra sa tante- ainsi que ses camarades sont frappés par son intelligence vive, par la rapidité avec laquelle il s’acquitte de ses tâches : l’efficacité semble lui importer, comme si le temps lui était compté. En 1930, il s’assoit sur les bancs de l’ancien collège de Melle, devenu école primaire supérieure.

Il est admis à l’école normale de Parthenay en 1934.

Si ce parcours scolaire a été déterminant pour le jeune Trioulais, l’environnement familial, les relations au sein du village ont aussi fortement contribué à forger une personnalité attentive à la complexité des relations humaines, ouverte aux différentes sensibilités politiques et religieuses, profondément attachée aux valeurs républicaines ainsi qu’à celles du monde paysan : sens de l’effort, simplicité, pragmatisme, loyauté et fidélité, qui n’excluent pas l’exercice d’un esprit libre, réaliste et critique.

 

Toujours en mouvement dès son plus jeune âge (« le mouvement, c’est la vie » disait-il), René Gaillard accélère de plus en plus le rythme de son travail et ses proches ont parfois du mal à suivre, aussi bien lorsqu’il donne un coup de main à la ferme ou aux battages que lorsqu’il commence à s’investir dans le milieu éducatif, sportif, ou politique.

 

Très tôt, il dispose de solides aptitudes physiques. A l’école normale, il ressent fortement les joies de l’intégration à l’équipe, le plaisir d’animer les groupes de jeunes qui lui sont confiés ; en outre, il aime la nature et les sciences naturelles.

Il opte pour le professorat d’éducation physique. Nelson Paillou, président du Comité national Olympique et sportif français, soulignera plus tard sa foi dans la jeunesse, sa croyance profonde dans les vertus des activités physiques et sportives, la place qu’il accordait au bénévolat, son attachement à une philosophie d’essence humaniste (« Le sport tel que je le conçois doit être avant tout générateur d’estime et d’amitié fraternelle »  dira René Gaillard aux Chamois niortais en 1984).

 

Il débute sa carrière en 1938 comme Chargé des sports à l’EN d’Albertville ; il s’y distinguera comme champion de Savoie UFOLEP en basket-ball et football. Il est mobilisé à Rennes en 1939. Il reprend à l’EN de Parthenay, en 1941, un poste de Chargé d’éducation physique ; il y entraîne une équipe scolaire qui devient championne de France de football UFOLEP.

Autres postes dans les Deux-Sèvres et mêmes succès sportifs ; il est dans l’équipe championne de France de hand-ball en 1943, année de son mariage avec Paulette Guilleux, enseignante, avant de s’engager dans les FFI (il devient lieutenant).

Après la Libération, la famille s’agrandit : Paulette et René vont élever cinq enfants avec générosité et affection : Françoise, Nicole, Geneviève, Catherine, Jean-Pierre.

René reprend ses activités avec entrain, assume de multiples responsabilités à des niveaux éminents dans le milieu sportif (UFOLEP, Ligue d’athlétisme, Fédération française de basket-ball et de hand-ball), syndical (secrétariat général FEN), mutualiste (Présidence de la section départementale MGEN, création et Présidence de la SMACL). Il fonde l’Amicale laïque niortaise et organise les premiers échanges entre Niort et la ville allemande de Springe. Dans l’Education nationale, il terminera sa carrière comme Principal de Collège en 1970.

Il assume ses premières responsabilités politiques comme conseiller municipal en 1959 ; il devient maire adjoint en 1965, Conseiller général en 1970, Maire en 1971 (toujours réélu par la suite), député en 1973 (idem), Vice-président des maires de France en 1977, Questeur de l’Assemblée nationale en 1984…

 

En vingt-cinq ans, il accomplit une œuvre de très grande envergure dans sa ville de Niort ; pour ne citer que ce qui a trait à l’action éducative et culturelle : piscine et centre aéré du pré-Leroy, patinoire, complexe de la Venise verte, divers stades et halles de sports, centre départemental de tennis, terrain de golf de Romagné ; développement extraordinaire des crèches, des écoles, collèges et lycées ; aménagement du temps scolaire (Niort ville pilote) ; construction du centre culturel du Moulin du Roc ; réorganisation de la foire exposition sur le site de Noron et essor sans précédent des échanges internationaux…

 

Il meurt brutalement et une foule immense se presse à ses obsèques le 30 décembre 1985. Dans son discours, notre ami Maurice Moinard dira, en s’adressant à Paulette : « vous le savez, c’est le cœur qui a lâché ; il avait le cœur fragile parce qu’il avait le cœur trop grand ».

 

Le Préfet Tracou terminera son intervention avec ces mots : « Madame, nous tous ici avons perdu un ami, mais nous gardons un exemple, l’exemple d’un homme énergique, déterminé, à la hauteur de tous les problèmes et de tous les événements, totalement dévoué au bien public. Sa trace à Niort et dans nos cœurs ne s’effacera pas »

 

Le Président de la république, François Mitterrand, écrira « Je sais combien il a partout donné le meilleur de lui-même en se dévouant sans compter pour sa ville de Niort, (…) sa région Poitou-Charentes ainsi qu’au Palais Bourbon (…) ».

 

René Gaillard aurait sans doute été heureux de savoir que sa fille Geneviève deviendrait un jour elle-même Député-maire de Niort…


ASSEMBLÉE  GÉNÉRALE

 

 

Collège François Albert à Celles-sur-Belle le samedi 12 décembre 2009

 

  

 

Programme  de  la  journée

 

9h15                    Accueil des participants par les membres du bureau

9h30                    Assemblée générale 

-       Accueil par  Mourad Arnoult, principal du collège

-    Ouverture de la réunion par  Daniel Brillaud,  président

-    Rapport moral et projets d’activités

-    Renouvellement du bureau

-    Bilan financier

-    Projets assemblée générale 2009 et bulletin n° 21

-    Questions diverses

 

10h30                 Remise des décorations

11h30                 Visite du collège

12h00                 Apéritif  au collège

12h30                 Repas Amopalien à l’Abbaye royale

15h00                Poésie et chansons par Ulysse Dubois    

                  

 

 

Fin vers 17h00              

 

 

Compte-rendu  financier

 


Dépenses en €      Recettes en €
      
affranchissement
503,00
  cotisations (quote-part)
937,00
assemblée générale
2015,85
  assemblée générale
1985,00
frais tenue de compte
8,00
  cotisations
259,00
frais de bureau
279,75
  buffet
140,00
fêtes et cérémonie
49,25
  médaille
60,00
don (Cidam)
30,00
    
  
buffet
155,75
    
  
livre (récompense concours)
21,50
    
   
impression du bulletin
892,22
    
   
cotisations
259,00
    
   
total
4214,32
 
total
3381,00

 

Actif  Passif
Compte courant : 2822,51  Report :  3655,83 
  Résultat exercice  -833,32
  A reporter :      2822,51

 


Adhérents 2008 et promus 2009

  Co = Commandeur  
O = Officier
 
Ch = chevalier
   
M. ALBINA    Alfred Ch 79400 Exireuil Mme MARCUSSEAU-GARNIER    Pierrette Ch 79400 Saint-Maixent l'école
M. ANDRAULT    Gérard  Ch 79370 Verrines sous Celles M. MARSAULT    Philippe O 79420 Beaulieu sous Parthenay
M. ANDRIEUX    Yves Ch 79140 Cerizay Mme MASSON    Marguerite  Ch 79000 Niort
M. AUGER    Michel Ch 79140 Cerizay M. MATTIODA    Daniel Ch 79000 Niort
M. BARLET    Jean-Henri O  79200 Parthenay M. MECHICHE    Gabriel Ch 79000 Niort
M. BATY    Olivier O 79000 Niort M. MELON    Jean Ch 79100 Mauzé Thouarsais
M. BAUDOIN    Bernard Ch 79000 Niort Mme MESLET    Véronique Ch 79270 Sansais
M. BELY    Jean Ch 79270 Frontenay Rohan Rohan M. MEYER    Alain O 79340 Menigoute
Mme BERGER    Isabelle Ch 79000 Niort M. MOINARD    Maurice O 79510 Coulon
M. BERNARD    Roger O 79000 Niort M. MONNET    Joël O 79260 Sainte-Neomaye
M. BERNARD    Roger Ch 79500 Melle M. MORILLON    Claude O 79400 Azay le Brûlé
M. BILLARD    Pierre O 79370 Celles sur Belle Mme MOTILLON    Christine Ch 17000 La Rochelle
M. BJAI    Maurice O 79000 Niort Mme MOUCHEUX    Annie Ch 79240 Le Busseau
M. BONNAUD    Michel O 79360 La Foye Monjault M. MOZZI RAVEL    Jacques Ch 79220 Surin
M. BONNEAU    Max O 79800 Exoudun Mme MUSELLI    Nelly O 79340 Coutières
Mme BOTTE    Emilienne Ch 79000 Niort Mme NAUDIN    Pierrette Ch 79230 Prahecq
M. BOUCHET    Guy Ch 79600 Airvault Mme PAILLE    Marie-Thérèse Ch 79400 Augé
M. BOUCHON  Jean O 79370 Celles sur Belle M. PAIRAULT    Alain Ch 79260 Romans
M. BOURDIN    Jean-Marcel O 79400 Saint-Maixent l'école M. PAQUEREAU    Aimé Co 79000 Niort
Mme BOURDOIS    Odile Ch 79000 Niort M. PAULUS    Jean marie O 79290 Argenton l'église
M. BOURNEAU    Joël  Ch 79270 Sansais M. PECHEY    Bernard Ch 79150 Etusson
M. BOUTET    Claude Co 79300 Bressuire Mme PENIT-TA     Minh-Nguyet Ch 79600 Airvault
Mme BOUTET    Michelle O 79300 Bressuire Mme PERRIN GRIGNON    Danièle O 79500 Saint-Romans lès Melle
M. BOUTET    Yves O 79100 Thouars Mme PETORIN-HEURTEBISE    Andrée O 79000 Niort
Mme BRENET    Jacqueline Ch 79230 Vouillé Mme PICHELIN    Corinne Ch 79000 Niort
M. BRIAND    Jean michel O 72205 La Flèche cedex M. PICHOT    Gérard Ch 79100 Thouars
M. BRIDIER    Maurice O 79000 Niort M. PIETRI    Noël O 79320 Moncoutant
Mme BRILLAUD    Catherine Ch 33390 Plassac Mme PINEAU    Christiane O 79000 Niort
M. BRILLAUD    Daniel Co 33390 Plassac M. PINTAUD    Georges O 79270 Epannes
Mme BRION    Jeanne-Marie O 79000 Niort M. PISTRE    Etienne Ch 79800 La Couarde
Mme BROTHIER    Michelle Co 79000 Niort Mme PLANTECOTE    Pierrette Ch 79000 Niort
M. CACAULT    Lionel O 79000 Niort M. PLANTECOTE    Robert  O 79000 Niort
M. CHAIGNE    André O 79360 Beauvoir sur Niort Mme POHIN CALLUAUD    Claudine Ch 79000 Niort
Mme CHAIGNEAU-GEFFARD   Marguerite  O 79000 Niort M. POUPARD    Pierre Ch 79190 Melleran
Mme CHARTIER    Marie-Thérèse O 79100 Thouars Mme POUPLIN    Noëlle Ch 79140 Le Pin
M. CHAUFFIER    Alain O 79270 Frontenay Rohan Rohan Mme PRESTAT    Françoise Ch 79200 Parthenay
Mme CHAUFFIER    Françoise  O 79270 Frontenay Rohan Rohan Mme PROUST    Marylène Ch 79260 La Crêche
Mme CHAUVIERE    Marie-Claire Ch 79300 Breuil-Chaussée M. QUETIN    Claude O 79260 La Crêche
M. CHIRAUX    Christian Ch 79000 Niort M. QUEVEAU    Gérard O 79140 Le Pin
Mme CHOLLET    Claudette Ch 79230 Aiffres Mme QUINTARD   Caroline Ch 79460 Magné
Mme COIRAULT    Ginette Ch 79200 Parthenay M. QUINTIN    Roger Ch 79460 Magné
Mme COPINE-NICOLLET   Simone O 79100 Thouars M. RE    Michel Ch 79000 Siecq
M. COQ    Jean-François Ch 79000 Niort M. RENAUD    Maximilien Ch 79000 Niort
M. CORBINUS    Albert Ch 79130 Secondigny M. ROBICHON    Franck Ch 79500 St Martin lès Melle
M. CORNU   Roger O 79500 Saint-Romans lès Melle M. ROCHE    Paul Ch 79260 La Crêche
M. COURTADET    Jean  Ch 79300 Bressuire M. ROCHER    Georges Ch 79000 Niort
M. COURTIN    René Ch 79000 Niort M. ROUSSEAU    René Co 79000 Niort
M. CREHIN    Jean-François Ch 79000 Niort M. ROUSSEL    Denis Ch 79410 Echiré
Mme DAMBRINE    Catherine Ch 79460 Magné Mme SAINT-SEVER    Andrée Ch 79000 Niort
M. DE LITARDIERE (VERRIET)    Bernard Ch 79310 Mazières en Gâtine Mme SALETES    Aline Ch 17000 La Rochelle
M. DESCHEMPS    François Ch 79480 Saint-Georges de Noisne M. SALETES    Camille O 17000 La Rochelle
M. DESPILHO    Paul Co 79360 La Foye Monjault M. SEGUIN    Jacques Ch 79270 Saint Symphorien
M. DUBOIS    Ulysse O 79120 Sepvret M. SIBILEAU    Marcel O 79160 Coulonges sur l'Autize
Mme DUPUIS    Michèle Ch 79000 Niort Mme SLIWA    Pierrette Ch 79400 Saint-Maixent l'école
Mme DUPUY    Christine Ch 79400 Saint-Maixent l'école Mme SOUCHET    Jeanne Lucette Ch 79140 Cirières
M. DURAND    Roger O 79410 Saint-Gelais M. TOUCHARD    Gilbert O 79320 Moncoutant
Mme DUVAL    Catherine Ch 79270 Frontenay Rohan Rohan M. VAL    Alain O 79260 La Crêche
Mme EVEN    Catherine Ch 79250 Nueil les Aubiers M. VALLET    Roger O 79600 Airvault
M. FAURY    Gilbert Ch 79000 Niort M. VASSEROT    Charles Co 79000 Niort
M. FERNANDEZ    Claude  Ch 79270 Frontenay Rohan Rohan M. VENARD    Bertrand Ch 79290 Bouillé Loretz
Mme FERRET    Claudine Ch 79210 Saint-Hilaire la Palud Mme VERRET PREVOT    Bernadette O 79210 Mauzé sur le Mignon
M. FOREST    Jean-Georges Ch 79200 Pompaire Mme VOYER    Françoise Ch 79000 Niort
Mme FOURCADE    Joëlle Ch 17700 Surgères  
Promotion du 1er janvier 2009
   
M. FOURNIER    Gérard Ch 79270 Frontenay Rohan Rohan M. BOUTEILLER    Pierre Ch 79000 Niort
M. FOURRE    Gabriel O 79450 Saint-Aubin le Cloud Mme LACROIX    Hélène Ch 79000 Niort
Mme FRADIN    Martine O 79320 Moncoutant M. LEMOTHEUX    Didier Ch 79220 Sainte Ouenne
Mme FRANCOIS    Simone O 79360 La Revêtizon  
Promotion du 14 juillet 2009
   
Mme FREREBEAU    Gisèle O 79170 Brioux sur Boutonne Mme ATTANA    Brigitte O 79160 Ardin
Mme GAILLARD    Paulette Ch 79000 Niort Mme BARZOTTI    Dominique O 79000 Niort
M. GAILLARD    Robert Ch 79000 Niort Mme BONNAUD    Evelyne O 79000 Niort
M. GARANDEAU    Jacques O 79000 Niort M. BURGAUD    Jean-Jacques O 79100 Sainte-Verge
M. GAROFALO    Julien Ch 79000 Niort M. PECHEY    Bernard O 79150 Etusson
Mme GAURIT    Charlotte O 79000 Niort Mme RENARD    Marie-Christine O 79260 La Crêche
Mme GENDREAU-DONNEFORT    Simone Ch 79110 Saint Martin d'Entraigues M. SUIRE    Dominique O 79500 Melle
M. GENDRON    Christian O 79000 Niort Mme BARBIER    Julienne Ch 79120 Lezay
Mme GERMAIN    Claudie Ch 79200 PARTHENAY Mme BLANCHIER    Geneviève Ch 79170 Secondigné sur Belle
Mme GERRIET    Martine Ch 79200 Parthenay M. BRECHET    Jacques Ch 79370 Thorigné
Mme GILABERT    Andrée-Jeanne Ch 79310 Mazières en Gâtine M. BRUGERE    Alain Ch 79000 Bessines
M. GILBERT    Henri Ch 79000 Niort Mme CHEYROUSE    Nadine Ch 79100 Taizé
M. GIRARD    Jean-Luc Ch 79300 Noirterre Mme CORNUAUD    Marie-Thérèse Ch 79500 Melle
M. GRIFFAULT    Guy Ch 79370 Celles sur Belle Mm COULIOU    Claude Ch 79230 Vouillé
M. GRIMAL    Denis Co 79170 Availles/Chizé Mm DESCHLER-BOULADOUX    Valérie Ch 79000 Niort
M. GROLIER    Alain Ch 79800 La Mothe Saint-Heray Mm FRAPPIER    Lucette Ch 79500 Melle
M. GUAY    Charles O 79000 Niort Mm GISBERT    Liliane Ch 79000 Niort
Mme GUERIN    Monique Ch 79140 Le Pin M. GUERINEAU    Bernard Ch 79370 Verrines ss Celles
M. GUILBOT    Christian Ch 79100 Thouars Mlle GUIOCHON    Michèle Ch 79140 Cerizay
Mme GUYON    Huguette Ch 79000 Niort M. JANVIER    Robert Ch 79500 Melle
M. HAYE    Jean-Marie O 79100 Thouars M. JOURDIN    Philippe Ch 79000 Niort
M. JEANNE    Christian Ch 79000 Niort Mme KERVICHE    Catherine Ch 79230 Vouillé
M. JOURDAN    Jean O 79160 Ardin M. LARRIEU    Bertrand Ch 79190 Sauzé-Vaussais
M. JUILLARD    Alain Ch 79230 Vouillé M. MARION    Christian Ch 79150 Argenton les vallées
Mme JUILLET    Françoise Ch 79240 L'Absie Mme MARTIN    Françoise Ch 79360 Marigny
Mme LAFAYE    Elisabeth Co 79230 Fors M. MARTY    Jean-Charles Ch 79410 Echiré
M. LARDEAU    Gabriel Ch 79180 Chauray M. MICHAUD    Christian Ch 79170 Chizé
Mme LAROUSSI    Marie-France  Ch 79100 Thouars M. MICHAUD    Jean Ch 79000 Niort
Mme LECAS-REGIMBART    Mariannick O 79270 Sansais M. MISBERT    Bruno Ch 79000 Niort
Mme LEGENDRE    Simone Co 79100 Thouars Mme MONTAUBIN    Liliane Ch 79160 Saint Maixent de Beugne
M. LEVEQUE    Michel Ch 79000 Niort Mme PARIZOT    Marie-Claude Ch 79230 Aiffres
Mme LIMOGE    Yvonne Ch 79240 L'Absie M. PREZEAU    Michel Ch 79600 Airvault
Mme LOISEL    Annaïck O 79000 Niort M. RENAULT    Alain Ch 79410 Saint-Gelais
Mme LOUCHOUARN-DEBROU    Nicole Ch 79140 Cerizay Mme RENAULT    Sylvie Ch 79230 Vouillé
Mme LOURROU    Andrée Ch 79400 Saint-Maixent l'école M. RONDEAU    Jean-Louis Ch 85200 Longèves
M. MAGAGNOSC    Jean Ch 79400 Saint-Maixent l'école Mme SOULLARD    Christine Ch 79300 Bressuire
M. MAGUY    Jean-Marie O 79000 Niort Mme THIOLLET    Jeannine Ch 79000 Niort
M. MANGIN    Jean-Pierre Ch 79160 Coulonges sur l'Autize Mme VEYRIER    Claudine Ch 79230 Prahecq
Mme MARCHANDIER    Josette Ch 79400 Saint-Maixent l'école Mme VILCOT    Liliane Ch 79290 Bouillé Loretz