S O M M A I R E

 

-  page  2          Editorial par Daniel Brillaud, inspecteur d’académie, président de l’AMOPA 79.

 

-  page  3           Composition du bureau de l'association

 

-  page  4          Compte rendu  de l’assemblée générale 2006 au lycée Jean-François Cail – Chef-Boutonne.

 

-  page  9          Dossiers :  « les hommes célèbres nés en Deux-Sèvres ». Pierre Moinot

      

-  page  10         Thouars et son patrimoine

       

p  10      Thouars, ville d’art et d’histoire.

p  12      Marie de La Tour d’Auvergne. 

p  14      Evocation de la Résistance dans le Thouarsais.

p  18      Le dépôt de munitions : .. de l’ERGMu à l’ETAMAT.

p  20      Le Centre Régional Résistance et Liberté.

p  20      Ça plane pour la cité scolaire Jean Moulin.

p  25       La réserve naturelle du toarcien.

 

-  page  26        Programme assemblée générale 2007 et compte-rendu financier.

 

-  page  27        Liste des adhérents de l’AMOPA79 et des nouveaux promus.

 

 

Bulletin d’ information de l’association des membres de l’ordre des palmes académiques des Deux-Sèvres.

 

Comité de rédaction : les membres du bureau avec l’appui logistique du collège Fontanes.

Edité avec le concours du Conseil général des Deux-Sèvres.

 

Photo quatrième de couverture Conseil général des Deux-Sèvres : le château de Thouars vu du Thouet et du pont des chouans.
Editorial

 

_______________Rendez-vous dans « le plus beau collège de France » le 1er décembre_______

 

Une nouvelle fois, nous sommes heureux de vous adresser le bulletin annuel de notre association ; comme nous vous l’avons déjà indiqué, ce bulletin a pour objet :

-          bien sûr, d’honorer les nouveaux promus dans l’ordre des palmes académiques,

-          de créer un trait d’union périodique entre tous les adhérents,

-          de rendre compte des -modestes- activités de l’association,

-          de faire connaître les actions programmées au cours de l’année scolaire,

-          de promouvoir certains aspects du patrimoine local, notamment des éléments du patrimoine culturel que l’Ecole est chargée de transmettre ou qu’elle a générés autour d’elle,

-          enfin, de rendre hommage à quelques célèbres deux-sèvriens, et particulièrement à des personnalités qui ont illustré les valeurs de l’Ecole.

 

Célèbre ? Indéniablement, Ernest Pérochon, instituteur deux-sèvrien, l’est de par son œuvre et le prix Goncourt qu’il obtint en 1920.

Mais François Albert, Gaston Barré, Jacques Bujault, Georges Bordonove, Jean-François Cail, René Caillié, Gaston Chérau, Henri Clouzot et son fils Henri-Georges, Philippe de Commynes, Gabriel Delaunay, Maurice Fombeure, Thomas Jean Main, Henri Martineau, Louis Merle, Pierre Moinot (décédé le 6 mars dernier –voir article ci-après), Georges Picard, Edmond Proust, Claire Sainte Soline, Roger Thabault (… et tant d’autres) sont-ils aussi bien connus de tous ?

Quoi qu’il en soit, en lisant ce bulletin, vous (re)ferez connaissance avec Marie de la Tour d’Auvergne, sœur du grand Turenne, épouse du Duc de la Trémoille, qui fit construire à partir de 1638 le nouveau château de Thouars, château qui appartient à la ville depuis 1833 et qui abrite depuis 1931 un établissement scolaire. C’est en effet au collège Marie de La Tour d’Auvergne que se tiendra notre prochaine assemblée générale, le samedi 1er décembre 2007 (1). Retenez dès à présent cette date sur vos agendas.

Thouars, ville d’art et d’histoire, vaudra bien une visite, de même que le Centre régional Résistance et Liberté, très fréquenté par nos élèves en période scolaire.

Mais nous vous présentons dès aujourd’hui, dans cette brochure, quelques autres facettes du patrimoine local :

-          quelques éléments d’histoire locale, sur la ville et sur la Résistance dans le Thouarsais,

-          une présentation de la réserve naturelle du Toarcien, site patrimonial apprécié pour l’enseignement de la géologie,

-          un rappel sur la place qu’a tenu Thouars dans le réseau des chemins de fer français et sur le rôle important qu’ont pu jouer les cheminots thouarsais il y a quelques décennies .

 

Lors de l’assemblée générale du 1er décembre, il conviendra de choisir un nouveau site deux-sèvrien pour 2008 : nous vous invitons dès à présent à y réfléchir et, le moment venu, à faire connaître vos propositions.

 

Pour 2007-2008, plusieurs actions ont d’ores et déjà été programmées :

-          le 3 octobre, la deuxième partie de la conférence débat « Histoires parallèles du système éducatif français et des établissements niortais » au cours de laquelle nous avons approfondi l’histoire des collèges et lycées niortais depuis 1975 ;

-          la participation, désormais traditionnelle, à la conférence d’un grand témoin à l’intention des élèves préparant le concours national de la Résistance et de la Déportation ;

-          une conférence sur l’un des deux-sèvriens cités plus haut (en cours de préparation).

 

Encore une fois, je souhaite que chaque adhérent -chaque nouveau promu en particulier- puisse trouver du plaisir et de l’intérêt à participer à la vie de notre section départementale ; que chacun puisse continuer à tisser des liens chaleureux avec un réseau de nouveaux ou d’anciens collègues, tous animés par le même attachement à l’Ecole.

 

                                                                                                              Daniel Brillaud

                                                                                                              IA DSDEN, Président de l’AMOPA 79 (1)

 

(1) Le 1er décembre, j’aurai  quitté mes fonctions d’IA DSDEN 79 : Mme Annaïck Loisel m’aura remplacé.

 

LE   BUREAU  DÉPARTEMENTAL

 

Président

Daniel BRILLAUD

Inspecteur d’académie

Vice-présidents

Max BONNEAU

Martine FRADIN

Christian GENDRON

CASU honoraire

Chef d’établissement

Conservateur des musées

Secrétaire

Secrétaire adjoint

Camille SALÈTES

Maurice MOINARD

Chef d’établissement honoraire

Ancien directeur de la fédération régionale du Crédit Agricole

Trésorier

Trésorier adjoint

Michel BONNAUD

Danielle ROLLAND

Instituteur honoraire

Secrétaire générale inspection académique

Membres

Claude BOUTET

Jean-Michel BRIAND

Jacques GARANDEAU

Jean MAGAGNOSC

Jean-Pierre MANGIN

Claude MORILLON

Noël PIÉTRI

Georges  PINTAUD

Françoise PRESTAT

Claude QUÉTIN

Denis ROUSSEL

Aline SALÈTES

Jacques SÉGUIN

Professeur honoraire

Chef d’établissement

Professeur honoraire

Maître de conférence

Professeur

Professeur

Instituteur honoraire

Chef d’établissement

Maire adjoint  de Parthenay

Médecin retraité

Chef d’établissement

Professeur honoraire

Professeur honoraire

Vérificateur aux comptes

Jean JOURDAN

CASU honoraire

 

Comité d’honneur

 

Roger CORNU,  Officier de gendarmerie honoraire

Paul DESPILHO,  Inspecteur d’académie honorair

Simone FRANCOIS,  SCASU honoraire

Paulette GAILLARD,  Professeur honoraire

Simone LEGENDRE,  Directrice d’école maternelle honoraire

René ROUSSEAU,  Sous-préfet honoraire

 

 


Compte rendu de l’assemblée générale 2006

 

L’assemblée générale s’est tenue le 2 décembre 2006 au lycée Jean-François Cail à Chef-Boutonne.

 

Monsieur Hubert Vigneux, proviseur du lycée, avec quelques-uns de ses collaborateurs accueille les participants ; puis, chacun ayant pris place, il déclare…

« Monsieur le président, mesdames, messieurs,

C’est avec grand plaisir que je vous accueille au sein de notre établissement, honoré du choix qui est le vôtre d’y tenir votre assemblée générale.

Nous eussions aimés que le soleil d’ Austerlitz brillât au ciel de Chef-Boutonne, nous rappelant par ce signe que cette décoration fut instituée par Napoléon 1er.

Ce choix honore d’autant plus notre établissement professionnel, que celui-ci porte le nom d’un éminent capitaine d’industrie qui eût l’insigne privilège de parcourir les trois quarts d’un siècle qui fut le creuset de grands bouleversements tant politiques, industriels qu’économiques.

Ce nom rappelle à nos élèves les valeurs essentielles de l’Ecole de la République : EFFORT et TENACITE, vertus cardinales de la réussite.

Aussi je souhaite à votre assemblée générale un travail fructueux. »

 

Monsieur Daniel Brillaud, inspecteur d’académie et président de l’AMOPA 79, remercie chaleureusement monsieur Vigneux pour la qualité de son accueil ; il constate l’absence des élus locaux invités ès qualités ; monsieur le président du Conseil général et le conseiller général de Chef-Boutonne ont demandé à être excusés, ils prodiguent leurs encouragements à notre association.

En  présentant le rapport d’activité, le président note avec satisfaction la progression du nombre d’adhérents, considérant qu’il est dû pour une large part à la qualité du bulletin, édité grâce au concours du Conseil général… et à la prestation remarquable du comité de rédaction qui s’est encore étoffé cette année. Il demande à Camille Salètes de donner quelques précisions numériques.

 

Celui-ci, après avoir présenté les excuses d’une vingtaine d’adhérents et lu les mots de soutien adressés au président et à l’assemblée, communique les données numériques sollicitées… pour l’année 2005 notre association a compté 140 adhérents, la progression continue, 91 d’entre eux ont accusé réception de l’invitation de ce jour et 66 sont présents pour 53 repas. A noter que le bulletin numéro 18 a été envoyé à 265 personnes dont d’anciens adhérents non à jour de leur cotisation afin de les inciter à renouer et aux 49 promus de l’année 2006 ( janvier et juillet ).

 

Le président poursuit, il rappelle que le bureau s’est réuni à trois reprises, les 23 mai, 23 août et 4 octobre 2006.

L’AMOPA79 a participé au jury du concours organisé par l’association Kancel, ouvert aux écoliers, sous la forme poétique et glorifiant la Sèvre, sous l’autorité de Noël Piétri.

Le 7 février 2006, au lycée Jean Macé de Niort, et dans le cadre de la préparation des élèves des lycées et collèges aux épreuves du concours national de la Résistance et de la Déportation, une conférence a été donnée par  Mme Jacqueline Fleury et M. Michel Chaumet.

Le 8 novembre 2006 au collège Jean Zay de Niort une conférence a été proposée : 

  « Il y a soixante dix ans : 1936 – un événement – un destin – une culture  » :

- un événement : les élections législatives de 1936 dans les Deux-Sèvres par Jacques Garandeau

- un destin : Jean Zay, ministre de l’Éducation nationale par Jacques Séguin

- une culture : la politique scolaire, scientifique et artistique du Front populaire par Claude Morillon

Des chansons d’époque choisies par Maurice Moinard ont été interprétées par Denis Soulisse.

La toute nouvelle salle de conférence du collège était remplie d’un public très attentif puis conquis par la qualité des interventions, il s’est même laissé aller à chanter avec Denis Soulisse. Nous avons constaté ce soir-là que certains collégiens et lycéens avaient beaucoup de chance d’avoir des professeurs de cette trempe ; cependant il reste une question sur la température du sang de l’historien que Claude Morillon n’a pu (ou voulu) trancher. 


Parmi les projets, le président rappelle qu’il souhaite intervenir sur l’évolution du système éducatif à travers l’histoire des établissements niortais et fait appel à tous ceux qui pourraient fournir de la documentation sur ce thème.

Concours « nous l’Europe » lancé par le bureau national de l’AMOPA .

Quelle participation ?

L’association des amis d’Ernest Pérochon organisera un concours , l’AMOPA lui apportera son soutien.

L’AMOPA79 poursuit son objectif de mettre en valeur les personnalités des Deux-Sèvres qui ont participé au rayonnement de l’éducation nationale ; c’est ainsi que cette année notre attention s’est portée principalement sur Jean-François Cail, acteur essentiel de l’émergence de la France dans la société industrielle du XIXème siècle et qui, avant tous les autres industriels avait compris qu’une mutation technologique ne pouvait se faire sans le respect de l’homme mais qu’avec sa participation.

Quelques noms sont évoqués pour le prochain bulletin et l’assemblée générale 2007

Marie de la Tour d’Auvergne à Thouars, René Caillié à Mauzé-sur-le-Mignon, Maurice Fombeure à Ménigoute, Henri Martineau à Coulonges-sur-l’Autize mais aussi Louis Merle à Secondigny ou bien Raymond Migaud à l’Absie. Le nord du département ne doit pas être négligé et à ce sujet, madame Simone Legendre, commandeur dans l’ordre des palmes académiques fait un brillant éloge de Marie de La Tour d’Auvergne ainsi que du collège de Thouars qui porte son nom, elle ne cache pas qu’elle verrait bien l’assemblée générale 2007 s’y tenir.

 

Le président met le rapport d’activité aux voix , il est adopté à l’unanimité.

 

Maurice Moinard demande la parole pour une intervention à la mémoire de personnes ayant participé activement à la défense et à la promotion de l’école laïque :

 

 

Jacques Couriveau, décédé il y a quelques mois, longtemps professeur de « gymnastique » et familièrement appelé Totoche, a œuvré bien au-delà des établissements scolaires pour la promotion du sport. Il est devenu maire de Chef-Boutonne et il a consacré beaucoup de temps et d’énergie à la réhabilitation du château de Javarzay dont il était très fier et que nous visiterons cet après-midi.

 

 

Octave Servant, militant de l’association des parents d’élèves, personnage incontournable du développement agricole  par le biais du mouvement coopératif et mutualiste, président de la coopérative du Poitou et de la Saintonge (qui fut par la suite absorbée par le Capsud puis par la coopérative de Civray).

 

 

Louis Doignon, ancien maire de Chef-Boutonne et conseiller général, grand maître de la Grande Loge de France et qui est à l’origine de la création du lycée professionnel dans lequel nous sommes réunis aujourd’hui.

 

Compte rendu financier

 

Le compte rendu financier est présenté par le trésorier, Michel Bonnaud.

Jean Jourdan, vérificateur aux comptes a procédé le 10 octobre 2006 à l’examen approfondi de la comptabilité.

« En application du mandat que votre assemblée générale du 18 octobre 2003 a bien voulu me donner, j’ai procédé à la vérification des comptes 2005 de la section des Deux-Sèvres de l’AMOPA en présence de monsieur Michel Bonnaud, trésorier. J’ai constaté la parfaite concordance tant en dépenses qu’en recettes avec les titres justificatifs et les enregistrements effectués sur les registres de comptabilité, toutes les opérations apparaissent sincères et véritables. Recettes 2856,00€ ; dépenses 2793,06€ ; excédent 62,94€ ; solde précédent 3050,14€ ; solde au 31 décembre 2005   3113,08€ »

 Il invite l’assemblée à voter le quitus au trésorier.

 

Le compte rendu financier est adopté à l’unanimité.


Renouvellement du bureau

 

Le président indique que tous les membres actuels restent candidats, l’assemblée par un vote unanime les reconduit dans leurs fonctions. Il met aussi aux voix la demande spontanée émanant de Georges Pintaud ; celui-ci récemment promu officier et ayant pris la suite de Camille Salètes au collège Fontanes, trouve naturel de faire en sorte que ce lieu continue à accueillir les réunions du bureau et du comité de rédaction du bulletin. Election à l’unanimité, acclamée comme il se doit.

 

Remise des palmes académiques à 16 récipiendaires :

 

Officiers : M.Briand, Mme Chauffier, M.Plantecôte

 

Jean-Michel Briand et le président Daniel Brillaud

Françoise Chauffier

Robert Plantecôte

 

Chevaliers : Mme Aimé, M. Andrault, M. Arnaud, M. Barreau, Mme Coudert, M. Fernandez, Mme Guélou, Mme Marchet, Mme Masson, Mme Pichelin, Mme Pilot, M. Poupard, M. Vigneux,

 

Christiane Aimé

Gérard Andrault

Bernard Arnaud

Le président fait d’abord un bref rappel historique :

- le 17 mars 1808 Napoléon 1er signe un décret traitant de l’organisation de l’Université, des grades, des titres, fonctions, attributions, costumes. Des palmes sont alors brodées sur la tenue universitaire en reconnaissance de certains titres et mérites.

- en 1866, Napoléon III détache les palmes des costumes et en fait une décoration.

- en1955 : l’ordre des palmes académiques est créé avec trois grades, chevalier, officier, commandeur.

Martine Guélou

Cathy Coudert et Hubert Vigneux

 


Il précise le sens qui est donné à l’admission dans l’ordre des palmes académiques :

- reconnaissance des mérites d’une personne dont la conduite a particulièrement illustré un attachement aux valeurs de l’école républicaine, un sens élevé du service public d’éducation ;

- attachement aux valeurs de la République et de l’école : liberté, égalité, fraternité, laïcité, foi en l’éducabilité ;

- attachement aux valeurs humanistes : respect de l’autre, respect de la liberté de conscience, en particulier ; sens de la solidarité ; sens élevé du service : conscience professionnelle, sens de l’intérêt général, sens des responsabilités, appropriation des missions assignées à l’Ecole, loyauté ;

- engagement professionnel, qualité des services rendus, exemplarité dans l’exercice du métier ;

- contribution au rayonnement de l’école publique : dans le cadre strict de l’exercice des missions, ou au dehors ( implication dans des activités à la périphérie de l’école, relations avec des partenaires des secteurs éducatif, culturel, sportif, social, économique ; fonctions électives, responsabilités syndicales ).

Claude Fernandez Daniel Brillaud et Alain Chauffier

Marguerite Masson et Claude Quétin

Corinne Pichelin

 

Les présentations des récipiendaires et de leurs services se déroulent ensuite dans un climat chaleureux ; le président fait observer que la convivialité et la simplicité de la manifestation n’enlèvent rien à la profondeur des marques de reconnaissance.

 

Nicole Marchet

Monique Pilot

Pierre Poupard

 

 

 

 

 

Repas au lycée Jean-François Cail

 

 

 

 

 

 

 

Visites

 

L’après-midi est consacré à deux visites :
           

Le château de Javarzay, monument du XVIème siècle, le plus grand château du sud des Deux-Sèvres, situé dans Chef-Boutonne est devenu propriété communale en 1982. Géré par « Les amis du château de Javarzay » il abrite des collections diverses. Nous avons le plaisir d’y rencontrer Jean-Louis Thomas qui dédicacera son livre sur Jean-François Cail.

 

 

Le groupe amopalien devant le château

Maurice Moinard et René Rousseau apprécient la finesse des lingeries anciennes.

 

 

L’église Saint-Hilaire, inscrite au patrimoine mondial de l’humanité, dont la construction s’est achevée au début du XIIème siècle et qui est située sur le chemin des pèlerins en route pour Saint-Jacques-de-Compostelle.

 

 

escalier de l’entrée

façade occidentale

la nef

 

 

Compte-rendu et photos : Camille Salètes

 


 

 

Pierre MOINOT (1920-2007)
de l’Académie Française.

Grand-croix de la Légion d’honneur
Croix de guerre
Officier des Palmes académiques
Officier du Mérite agricole
Commandeur des Arts et des Lettres
Bronze Star Medal
 
L’école de Fressines porte son nom…

Pierre Moinot est né à Fressines le 29 mars 1920, dans « la maison d’école », ses parents y étaient instituteurs, des instituteurs laïques et républicains ; il a passé là son enfance ainsi que chez ses grands parents, cultivateurs à Clussais ; ses derniers écrits portent la marque de cette campagne dont il a souvent décrit les paysages ainsi que ceux, étranges et mystérieux, du Marais Poitevin qu’il a soigneusement observés lorsque ses parents étaient en poste à Magné.

Après quelques mois au lycée Fontanes, il poursuit ses études secondaires à Ajaccio puis à Périgueux ; études brillantes couronnées par un premier prix de français au Concours général. Il entre ensuite en khâgne au lycée Henri IV et achève en 1942 un diplôme d’études supérieures à l’institut de phonétique de Grenoble sur les parlers poitevins (il nous confiait d’ailleurs à l’occasion d’un entretien à Niort qu’il concevait d’abord les dialogues de ses personnages de roman en patois avant de les écrire en français…)

Mobilisé en 1940, prisonnier, libéré, puis repris, à nouveau enfui, il participe à un réseau de résistance, gagne le Maroc, prend part à la campagne d’Italie, débarque en Provence et termine la guerre à Sigmaringen ; blessé dans les Vosges, il est décoré de la Grand-croix de la Légion d’honneur à titre militaire. Reçu en 1946 comme auditeur à la Cour des Comptes, il quitte cette prestigieuse administration en 1986 comme procureur général.

En 1947, il publie dans Les Temps Modernes une nouvelle La nuit et le moment qui retient l’attention d’Albert Camus qui l’appuie auprès d’éditeurs parisiens ; dès lors il publie des nouvelles puis des romans chez Gallimard. En 1954 il obtient le grand prix du roman de l’Académie Française pour La chasse royale, en 1964 le prix des libraires de France pour Le sable vif, en 1979 le prix Fémina pour Le guetteur d’ombre, en 2000 le prix du Rotary pour Le matin vient et aussi la nuit, et en 2004 le grand prix Jean Giono pour le Coup d’état.

Pierre Moinot a aussi écrit pour le théâtre et la télévision (Mazarin en 1978, Jeanne d’Arc en 1988 et La Laïque en 1998 qui rend hommage à l’école à laquelle il est resté fidèlement attaché).

Il a également fait du journalisme et du grand reportage notamment avec Jules Roy et a collaboré aux scénarii de plusieurs films animaliers grâce à sa connaissance aiguë de la faune sauvage qu’il tenait de son expérience de chasseur.

En 1959, il entre comme conseiller au cabinet d’André Malraux mais démissionne en 1962 pour protester contre la faiblesse des crédits alloués à la politique culturelle. Rappelé par Malraux en 1966, il devient directeur des arts et lettres, entre au conseil d’administration de l’UNESCO, participe à la commission de réforme de l’ORTF et propose la création de la Haute Autorité de l’audiovisuel.

Elu en 1982 à l’Académie Française (au fauteuil de René Clair) il a pris soin de faire graver sur son épée la petite bougie entourée de barbelés, symbole d’Amnesty International, dont il a été membre du Comité exécutif jusqu’en 1977.

Dans le dernier bulletin de la Société Historique et Scientifique des Deux-Sèvres, Erick Surget écrit : « Homme de lettres, de culture et d’action, proche des siens, de sa famille et de ses cinq enfants, proche de tous les hommes à commencer par les plus humbles, Pierre Moinot aimait à dire sa fierté d’avoir sauvegardé l’habileté de ses mains et jamais désappris les leçons de choses de son grand père…il exhibait avec plus d’orgueil encore que s’il s’agissait d’un brillant diplôme universitaire le CAP de menuisier passé avec succès entre deux prix littéraires »

Pierre Moinot est décédé à Paris le 6 mars 2007, un hommage solennel lui a été rendu dans la cour des Invalides par Hélène Carrère d’Encausse et c’est l’académicien Pierre Jean Rémy qui a prononcé l’éloge funèbre à l’Académie Française.

Par Maurice Moinard Président de l’association des anciens élèves du lycée Fontanes

 


Thouars,  ville d’art et d’histoire

 

le château en 1699 (vue de Gaignières)

 

 

les écuries

 

Par sa situation géographique, sur une sorte de promontoire de granit rouge brun, dominant d’une quarantaine de mètres les méandres d’une rivière encaissée, le Thouet, qui lui sert de première défense vers le sud, Thouars fut de tout temps une position stratégique importante et un centre d’habitation depuis les périodes préhistoriques.

Au Moyen Âge, cette ville ne pouvait être autre que le siège d’une puissante forteresse dont certains seigneurs figuraient parmi les plus illustres familles de la région. Les vicomtes de Thouars étaient des seigneurs à très grand crédit et ont toujours occupé la première place après le comte de Poitou.

Le château, durant la Guerre de Cent Ans, tantôt anglais, tantôt français, fut pris, repris, incendié, démoli, reconstruit, jusqu’à ce que Du Guesclin, en 1372, y mit un terme et rendît définitivement le vicomté de Thouars au royaume de France.

À la fin  du XIVe siècle, à la mort de Tristan Rouault, dernier seigneur du Moyen Âge, la vicomté passa à la famille d’Amboise en 1397. Louis d’Amboise ayant refusé à Georges de La Trémoille, favori du roi Charles VII, la main de sa fille aînée, dut céder, en 1462, sa vicomté à Louis XI. Mais la famille de La Trémoille, qui avait fini par obtenir la main d’une des filles de Louis d’Amboise, s’opposa à la donation et, à la suite d’un procès qui dura onze ans, Louis XI céda peu de temps avant sa mort. Charles VIII, en 1489, restitua le domaine aux Amboise et c’est ainsi que la vicomté passa par héritage aux La Trémoille. Le plus célèbre, Louis II, épousa en 1485 Gabrielle de Bourbon, qui entreprit et dirigea la construction de la Sainte-Chapelle du château.

La Réforme fut marquée par des violences et durant quinze mois, la terreur régna sur Thouars. Le château et la chapelle furent épargnés.

En 1567, la vicomté, une des plus importantes du royaume, fut érigée en duché et Louis de La Trémoille fut le premier à porter le titre de duc. Son fils Claude embrassa le protestantisme. Il avait épousé Charlotte de Nassau, fille du prince d’Orange et elle-même princesse d’un protestantisme fanatique. Leur fils Henri épousa sa cousine, Marie de La Tour d’Auvergne, sœur de Turenne.

C’est elle qui fit construire, à partir de 1619, le château tel qu’il se présente aujourd’hui. Après avoir abjuré en 1628 entre les mains de Richelieu, au siège de La Rochelle, Henri fut le dernier seigneur de Thouars à vivre sur son domaine et ses successeurs, très attirés par la cour royale, abandonnèrent et la ville et le château.

À la Révolution, le château et la chapelle furent dévastés et vidés de tous leurs meubles mais sauvés de la destruction. Déclaré bien national, il fut d’abord donné par Bonaparte à Vaubois, général sénateur du Tribunal d’Appel séant à Poitiers puis, en 1809, érigé en principauté et attribué à Masséna, duc de Rivoli et prince d’Essling. Mais ni l’un ni l’autre ne purent accepter un tel cadeau, le considérant comme trop onéreux d’entretien.

La Seconde Restauration, par une ordonnance du 7 juillet 1825, rendit le château et sa chapelle au duc de La Trémoille en paiement des indemnités auxquelles il avait droit.

En 1833, la ville de Thouars fit l’acquisition de l’ensemble du domaine. La chapelle fut rétrocédée à la famille de La Trémoille en 1873.

Le château fut alors occupé par l’armée pour y loger un bataillon jusqu’en 1849 et devint un collège privé de 1854 à 1868, sous la direction de l’abbé de La Terrière.

Maison centrale de force, de 1872 à 1925 puis affectation au ministère de l’Education Nationale comme établissement d’enseignement secondaire et technique, tout en restant propriété de la ville.

Hormis le mur d’enceinte qui existe encore en très grande partie avec ses tours de défense, dont la mieux conservée est celle de Fringall, dénommée à tort tour du prince de Galles et qui servait de prison, ses portes, Prévost au nord, Maillot au sud et ses guichets, que reste-t-il de la puissante forteresse du Moyen Âge ? Absolument rien.

En effet, Marie de La Tour d’Auvergne, femme d’une grande intelligence, orgueilleuse et altière, a fait tout démolir, y compris les substructions, raser l’énorme butte sur laquelle était édifié le donjon, niveler entièrement le sol, afin de ne rencontrer aucun obstacle pour réaliser son projet grandiose de construction du nouveau château.

C’est une énorme masse comprenant un deuxième sous-sol partiel voûté, un premier sous-sol également voûté sous l’ensemble du corps de logis principal et des deux premiers pavillons en extrémité, deux niveaux, formant rez-de-chaussée et étage, et sur le tout, deux niveaux sous combles. L’ensemble est ouvert à l’est et domine la vallée.

Désirant abandonner l’architecture classique Louis XIII, Marie de La Tour d’Auvergne voulut rechercher une forme, une esthétique nouvelle, souvent hésitante, dont les proportions et l’harmonie n’étaient pas encore bien affirmées et qu’il faut considérer comme une architecture de transition.

Au premier étage se tenaient les appartements d’honneur dont toute la décoration qui devait être d’un luxe sans bornes a complètement disparu. Une salle de théâtre était installée dans un des pavillons. La cour d’honneur est entourée sur trois faces d’un portique en arcades et voûtes d’arêtes successives, supportant une terrasse accessible depuis les appartements du premier étage. Le château était pourvu de communs importants et d’une orangerie, longue de cent dix mètres, édifiée en 1650, avec aux extrémités des emmarchements grandioses conduisant aux jardins en terrasse descendant jusqu’au Thouet.

 

D’après Châteaux, Manoirs et Logis des Deux-Sèvres – Association Promotion Patrimoine – Editions Patrimoines et Médias.

Photos : Conseil général des Deux-Sèvres et collège Marie de La Tour d ‘Auvergne

 

 

 

Vue aérienne du château…on remarquera la chapelle à gauche

Le grand escalier

 

 

 

 

 

MARIE

 

DE  LA

 

TOUR

 

D’AUVERGNE

 

 

Marie de La Tour, née le 17 janvier 1601 à Turenne, est la fille de Henri duc de Bouillon (1555-1623) et de sa seconde épouse, Élisabeth de Nassau-Orange (1577-1642), fille de Guillaume le Taciturne et de Charlotte de Bourbon-Montpensier. Élevée dans la principauté indépendante de Sedan, elle reçoit de sa mère une éducation calviniste assez stricte. En 1619, elle épouse son cousin germain Henri de La Trémoille, duc de Thouars (1598-1674), qui lui est destiné depuis l'enfance.

 Peu à peu, elle prend la place de la duchesse douairière Charlotte-Brabantine comme maîtresse de maison et exerce son "autorité par procuration" notamment sur les terres de Laval et de Vitré. Accusée de mauvaise gestion, elle justifie la vente de domaines patrimoniaux et les frais engagés pour ses projets architecturaux dans un Mémoire écrit en 1661. Elle y explique la nécessité de rénover le château médiéval de Vitré et de reconstruire celui de Thouars, travaux qui commencent en 1638 d'après les plans de Jacques Lemercier.

Malgré la conversion de son mari au catholicisme en 1628, elle reste fidèle à la religion réformée et assume le rôle de protectrice des communautés huguenotes de Poitou et de haute Bretagne. Elle élève ses filles Élisabeth (1628-1640) et Marie-Charlotte (1632-1682) dans la religion protestante et convainc son fils aîné, Henri-Charles, futur prince de Tarente (1620-1672), de se reconvertir au protestantisme à sa majorité.

 Lorsque les temples de Thouars et de Vitré sont menacés de destruction, Marie de La Tour négocie d'autres emplacements et surveille la construction de nouveaux bâtiments. Ses convictions religieuses n'empêchent pas la duchesse de fréquenter la cour royale et les salons de la princesse de Condé et de la marquise de Rambouillet, comme en témoigne son Recueil de devises.

En 1648, Marie de La Tour marie son fils aîné à Amélie de Hesse-Cassel et obtient l'insertion d'une clause particulière dans les traités de Westphalie, accordant au duc le titre nominal de roi de Naples. Après avoir fait campagne pour la reconnaissance officielle du statut de "princes étrangers" de ses frères Bouillon et Turenne à la cour de France, elle se joint à eux lors de la première Fronde début 1649. Suite à la paix de Rueil, elle se rapproche de Mazarin dans l'espérance d'obtenir le gouvernement du Maine, et refuse d'adhérer au parti des princes. Lorsque son fils soutient ouvertement Condé en octobre 1651, elle reste en lien avec la cour et se pose en médiatrice.

 En 1656, elle obtient la libération de son fils, incarcéré à Amiens pendant plusieurs mois. Elle se lie d'amitié avec Mademoiselle de Montpensier et est une des premières à lui dédier son autoportrait.             

Ayant contribué au règlement du différend entre les églises protestantes orthodoxes et universalistes en faisant signer un acte réconciliateur (l'Acte de Thouars) en 1649, Marie de La Tour renouvelle son soutien à l'Église Réformée en 1659, lorsqu'elle accueille le dernier synode national à Loudun. La même année, elle défie les calvinistes orthodoxes en appuyant la nomination du pasteur Alexandre Morus au ministère de Charenton. Malgré l'insistance de son fils cadet Louis-Maurice (1624-1681), oratorien, la duchesse réaffirme sa fidélité au camp protestant en 1662 en accordant la main de sa fille Marie à Bernard de Saxe-Weimar, neveu du fameux général.

 La santé de Marie de La Tour se dégrade, mais elle refuse de se convertir en dépit des pressions de la reine mère. À sa mort le dimanche 24 mai 1665, son corps est porté dans la chapelle ducale de Thouars sans aucune cérémonie.

Les contemporains de la duchesse de La Trémoille la qualifient de "reine des protestants" et de "précieuse". Le premier sobriquet reflète l'accroissement de son prestige à Charenton après les mariages catholiques de Châtillon, Montausier et Marguerite de Rohan en 1645.

 Saint-Simon décrit amplement l'ambition politique de la duchesse, faisant écho aux Mémoires de Mme de Motteville et se laissant guider par son aversion personnelle pour les La Tour d'Auvergne et les La Trémoille.

Au XIXe siècle, Marie de La Tour est successivement vilipendée par Jean Berthre de Bournisseaux (Histoire de Thouars, Niort, 1824) qui l'accuse de tyrannie et de prodigalités, puis réhabilitée par Hugues Imbert (Histoire de Thouars, Niort, 1871), qui vante sa droiture et son humanisme.

 Aujourd'hui, son rôle politique paraît oublié. C'est en qualité de "précieuse" que Marie de La Tour est citée par les historiens de la littérature.

 

armoiries du duc de La Trémoille

devise de Marie de La Tour, duchesse de La Trémoille
- terrae conta gia nescit -
( elle ignore l’influence de la terre ).

 

 

 

 


 

Évocation de la Résistance

dans le Thouarsais

 

On a peu parlé des Deux-Sèvres pendant la Deuxième Guerre mondiale ; et pourtant…. il suffit de regarder la carte des parachutages dans le département pour se rendre compte que les deux-sèvriens (et notamment les thouarsais) ont refusé l’asservissement et, silencieusement, opposé une résistance farouche et efficace à l’occupant nazi qui s’est révélée particulièrement utile dans la préparation du débarquement allié. Les actions de sabotage, la désobéissance systématique, la collecte d’armes et de renseignements furent d’autant plus importantes pour les Alliés que ces faits de résistance se déroulaient dans l’arrière-pays de la Côte Atlantique.

Les groupes, réseaux et mouvements installés en Deux-Sèvres purent compter sur le courage et la complicité active d’éléments du monde rural (agriculteurs, instituteurs, médecins, pasteurs, etc.) sans lesquels tout aurait été plus difficile. Beaucoup ont payé très cher leur engagement dans la Résistance, torturés atrocement, fusillés ou déportés en Allemagne.

 

Dans les premiers mois de la drôle de guerre, certaines usines travaillant pour la Défense sont déménagées dans les Deux-Sèvres. Des flots de réfugiés venant du nord et de l’est arrivent : plus de 60 000 en septembre 1940 dont 10 000 à Niort. Fin 1939, des éléments de l’armée polonaise s’installent au camp de Veluché près de Saint-Loup-sur-Thouet.

            En juin 1940, l’armée allemande envahit le département, elle est à Thouars le 21 puis à Niort le 22. La stupeur passée, l’esprit de résistance fait, très vite, son apparition ; la mise en place de l’ordre allemand, liée aux lois et règlements du gouvernement de Vichy, allait conduire certains français du sentiment d’intolérance à l’occupant jusqu’à la nécessité de l’action. Dès les premières heures, une poignée de deux-sèvriens dont le nombre grossit peu à peu, s’engagent du nord au sud du département, dans des actions individuelles  contre le régime de Vichy et contre l’occupant : enlèvement de signalisations routières, lacération d’affiches, détérioration de câbles téléphoniques, sabotage de signaux sur les voies ferrées, inscriptions hostiles sur les murs.

            Les auteurs de ces premières actions ont été rapidement intégrés dans des groupes ou des structures plus élaborés. Ces réactions démontrent qu’un certain état d’esprit s’était levé qui ne semblait pas devoir s’éteindre.

 

            A Thouars, le 10 janvier 1941, à la veille d’une rencontre sportive franco-allemande, le terrain est inondé par l’ouverture d’une vanne et se trouve recouvert de glace. Le 28 mars, un drapeau français est hissé en haut du mât de la place Lavault où flottait d’habitude le drapeau nazi : les allemands interdisent alors la circulation de 18 heures à 8 heures du matin, le dimanche après 16 heures, et font faire par la police française des rondes de nuit et de jour. Du 9 au 11 avril, 250 jeunes gens sont requis pour assurer la garde, de jour comme de nuit, après le sabotage d’un fil téléphonique allemand.

 Après un autre sabotage de lignes téléphoniques dans la nuit du 19 au 20 mai 1942, 20 personnes sont arrêtées par les allemands, la plupart considérées comme communistes. 16 d’entre elles ont été libérées le 9 octobre après avoir été internées au camp de Rouillé, dans la Vienne.

            Ce type de représailles  s’est reproduit, notamment du 29 mai au 29 juin 1942 suite au sabotage de signaux sur la voie ferrée où 390 personnes furent concernées. Une sorte de mouvement souterrain paraissait donc sourdre de la situation, sans que soit bien déterminé dans quelle mesure exacte ce mouvement était totalement individuel ou déjà relié à des organisations naissantes ou existantes.

 

            La résistance au sein de la SNCF (plus connue aujourd’hui sous le nom de Résistance-Fer, bien que cette expression ne soit apparue qu’une fois la guerre terminée) est le type même d’un mouvement pratiquement unanime. On ne peut pas ignorer non plus que le tissu syndical et la tendance d’inspiration communiste, constituent dans une large mesure, le cadre dans lequel se développe cette résistance. A Thouars et à Niort, deux nœuds ferroviaires importants, se déroulent de nombreuses actions de résistance, visant à saboter le matériel roulant, à retarder des convois allemands, à faire disparaître des pièces de rechange commandées par la Reichsbahn pour les wagons allemands, ainsi, le dépôt de Thouars est le théâtre d’actions diverses : on y enregistre un fort ralentissement du rendement en août 1943, puis le 17 du même mois, l’enlèvement de la sirène donnant le signal des prises et des arrêts de travail (ceci pour protester contre un renforcement du contrôle des entrées dans les ateliers). Enfin, dans la nuit du 3 au 4 décembre 1943, des affiches manuscrites appelant à manifester en souvenir des fusillés de l’usine Rusz sont posées. Dans la soirée du 4 décembre, la Feldgendarmerie, alertée par les cheminots allemands, vient arrêter Hébert le chef du dépôt, et trois de ses collègues. A 23 heures, Georges Hébert et un contremaître sont cependant libérés alors que les deux autres sont transférés à Niort.

 

            Très vite, les premiers groupes se forment dans le nord des Deux-Sèvres. Deux personnalités exceptionnelles de Thouars, le percepteur Gabriel Richetta, et le chirurgien André Chauvenet,  réunissent leurs équipes et forment un groupe qui travaille avec les villages du nord Deux-Sèvres, de la Vienne et de l’Indre-et-Loire. Il collecte et cache les armes abandonnées en les entreposant dans différents endroits parmi lesquels figurent Tourtenay, chez la famille Pichot et Auboué chez Armand Chudreau. Un autre personnage d’exception, le docteur Daniel Bouchet de Saint-Loup-sur-Thouet rejoint le groupe.

C’est à Thouars que le premier groupe de Résistance va s’organiser. Depuis début juillet 1940, Gabriel Richetta (dit Moulins), avait commencé à créer une organisation para-militaire qui s’était fixé comme premier objectif de récupérer et de cacher un maximum d’armes abandonnées dans la débâcle de l’armée française. Dès le mois de septembre, le docteur André Chauvenet (dit Douillard), venant d’être démobilisé, tente de rallier des sympathisants à son projet de lutter contre l’occupant. Il crée un groupe de résistance autonome et devient le chef d’un groupe qui comprend le docteur André Colas de Loudun (dit Nick), Gabriel Richetta, Raymond Chessé de Thouars et Armand Chudreau d’Auboué. Leur second objectif sera de collecter des informations sur l’ennemi.

Ce groupe prend une certaine ampleur en établissant des contacts en direction du Maine-et- Loire et dans la région de Bordeaux, mais, malgré des tentatives, aucun contact n’avait pu être établi avec Londres pour la transmission des renseignements.


A quelques kilomètres, à Saint-Loup-sur-Thouet, le docteur Daniel Bouchet (dit Bib), ami d’André Chauvenet, refuse également la capitulation. Son premier combat, il le livre au quotidien pour protéger ses administrés des exactions de l’occupant. Ses démêlés avec les allemands ont des échos jusqu’à la Préfecture des Deux-Sèvres où Robert Béchade est secrétaire. Ce dernier le met en relation avec un officier du service du contre-espionnage de l’armée, Daniel Bouchet entre dans les services secrets de l’armée avec deux missions : des renseignements sur mouvements des roupes ennemies en zone occupée et récupérer des armes pour les camoufler en attendant leur utilisation.

 

Le docteur Daniel Bouchet

 


            Le docteur Bouchet rencontre à Mortagne un camarade d’internat qui lui révèle sa participation à un groupe de résistance dirigé par Gilbert Renault (dit Raymond puis Rémy). Ce réseau a pris le nom de Confrérie Notre-Dame, Bouchet a communiqué à ce réseau des renseignements collectés pour les transmettre à Londres. A partir du 30 avril 1941, Bouchet va travailler aussi avec le groupe autonome de Thouars du docteur Chauvenet.

Chauvenet et Bouchet tissent une toile qui couvre une grande région de la Touraine au Bordelais ; cependant si le maillage régional des agents de renseignements est de plus en plus dense, la transmission des informations reste une priorité difficile à mettre en œuvre. La solution va venir de Rémy qui rapporte un premier émetteur radio surnommé Cyrano. Le poste émetteur est d’abord installé à Auboué chez Armand Chudreau avant d’être placé dans le service de la radiologie de l’hôpital de Thouars avec Bernard Anquetil (dit Lhermite) comme opérateur qui avait été embauché comme infirmier pour couvrir ses activités. C’est en mai 1941 le seul radio qui peut établir une communication régulière entre la Résistance et les services du BCRA du général de Gaulle à Londres. Il est arrêté le 30 juillet 1941 par la Gestapo après avoir détruit son poste. Il a été fusillé le 24 octobre 1941 au Mont Valérien sans avoir parlé sous la torture, sauvant ainsi le réseau de Rémy. Il a été un des tout premiers résistants à être fait compagnon de la Libération par le général de Gaulle. L’arrestation d’Anquetil et la perte du matériel radio portent un coup d’arrêt brutal mais de courte durée au réseau de Rémy. A Tourtenay, près de Thouars, 17 postes émetteurs sont parachutés ainsi qu’un nouveau radio, Robert Delattre (dit Bob). Les postes émetteurs sont cachés à Pas de Jeu près de Tourtenay avant d’être répartis sur les diverses antennes du réseau de Rémy. La transmission de renseignements retrouve sa pleine efficacité : de nombreux sous-marins allemands ont été coulés grâce aux messages transmis par la Résistance.            A son tour, le radio Delattre est arrêté le 17 mai 1942, emprisonné et torturé, il meurt d’épuisement à la prison de Fresnes, le 13 mai 1943 sans avoir parlé.

 

            Le 20 octobre 1941 le lieutenant-colonel Karl Hotz est abattu par des résistants devant la cathédrale de Nantes. Hitler ordonne que 50 otages soient fusillés, deux jours plus tard 48 sont abattus en représailles dont 27 internés au camp de Chateaubriant parmi lesquels, le plus jeune Guy Môquet (il n’a que 17 ans) et le plus âgé,  Henry Barthélémy (il a 58 ans) , cheminot retraité, ancien adjoint au maire de Thouars. La liste des condamnés avait été établie par Pucheu, ministre de l’intérieur du gouvernement de Vichy.

 

    

       L’évolution de la Seconde Guerre mondiale

Henry Barthélémy, fusillé par les nazis le 22 octobre 1941.

va entraîner la prise de mesures contre les communistes : 23 août 1939 pacte germano-soviétique, interdiction de l’Humanité dès le 27 août, dissolution du PCF le 26 septembre. De nombreux militants, dont Henry Barthélémy, sont arrêtés. Les prisons ne suffisent plus, on les concentre dans des camps comme Châteaubriant. Le décret du 9 avril 1940 institue la peine de mort pour délit d’opinion communiste.

Le 18 juin 1940, le général de Gaulle appelle à le rejoindre à Londres. L’Humanité du 10 juillet 1940 publie l’appel à la résistance de Maurice Thorez. Désormais, dans tout le pays les patriotes clandestins s’organisent : en mai 1941, le front national de lutte contre l’envahisseur crée les Francs-Tireurs Partisans Français (FTPF). Le 21 juin 1941, Hitler maître de l’Europe, envahit l’URSS. Une nouvelle vague anti-communiste se déclenche ; pourtant les sabotages se multiplient, la Gestapo réplique par la terreur. Des dizaines d’otages tirés des prisons, des camps, ou choisis dans la population sont fusillés. Les corps des fusillés de Chateaubriand sont disséminés dans les cimetières des environs. Un tailleur de pierre local sculpte, en secret, un monument érigé sur le lieu du martyr le 22 octobre 1944. Châteaubriant, reste un symbole de la résistance au nazisme.

            A côté des réseaux, s’installent, enfin, au fur et à mesure, trois grands mouvements :

 - « l’OCM » qui s’appuie sur les réseaux et les groupes actifs dans le nord du département, multiplie les parachutages d’armes et gagne peu à peu le sud ;

 - « Libération Nord », qui s’implante plus tardivement dans le sud des Deux-Sèvres, avec le général Faucher comme chef régional ;

 - et « Résistance » qui opère dans les Deux-Sèvres autour d’Henri Darsault et le sous-préfet Robert Béchade.

L’efficacité de cette première résistance en nord Deux-Sèvres, a été illustrée par l’importance des missions qu’elle s’est vue confier : parachutages des premiers postes émetteurs en France, atterrissages de « Lysander » près de Tourtenay pour récupérer des hommes ou du courrier.

Mais, aidée de la police de Vichy, la Gestapo veille et au début de 1942, la catastrophe s’abat sur le premier réseau de Résistance thouarsais : le docteur André Chauvenet est arrêté le 21 janvier 1942 en revenant de Saint-Loup, il est déporté à Buchenwald. Gabriel Richetta et Raymond Chessé sont arrêtés en mai 1942 et décapités le 1er septembre à Cologne. La Résistance thouarsaise est laminée mais pas totalement abattue car, parallèlement aux activités de résistance du groupe d’André Chauvenet, un autre groupe mène un combat dans l’ombre contre l’occupant : la résistance dans l’usine Rusz.

Quelques usines de la région parisienne sont venues s’implanter dans les Deux-Sèvres en 39/40. Parmi celles-ci, l’usine Rusz, fabrique à Asnières des pièces pour avions, dont des trains d’atterrissage, qui sont remisées dans les dépendances du château de Thouars. Cette implantation a commencé le 29 octobre 1939 avec quelques ouvriers appartenant déjà à l’usine bientôt suivis par d’autres collègues pour l’installation des machines. Quelques-uns qui appartiennent au Parti communiste sont membres de l’Organisation Spéciale 680, structure clandestine du PC. Au début de 1940, des ouvriers de la région thouarsaise sont embauchés.

Au cours du premier trimestre 1941, certains membres de l’OS 680, tels que Maxime Bacquet, Jean Brunet, Jean Richet, Joseph et Yves Berthou,  ainsi que Edouard Chénier, recrutent quelques collègues dans le but de créer un groupe plus conséquent qui pourrait agir contre les occupants. Dès la fin du premier semestre 1941, ce groupe est constitué de 24 personnes ; toutes ne sont pas employées à l’usine Rusz, toutes ne sont pas communistes, mais c’est autour d’un noyau « engagé » que se sont rassemblés les membres de ce groupe.

Des actions très diverses sont entreprises, allant de la distribution de tracts à la récupération d’armes et de munitions en passant par des manifestations hostiles à l’occupant comme la fabrication d’engins explosifs ou encore les sabotages au dépôt de locomotives et sur les organes des trains d’atterrissage fabriqués à l’usine.

Malheureusement les allemands sont aux aguets, ils surveillent ce qui pouvait être la naissance d’une résistance, et ils bénéficient de complicité interne. Une tentative de sabotage au dépôt de la SNCF le 19 avril 1942, déclenche une enquête  qui aboutit à l’arrestation progressive de 23 membres de l’OS 680 sur 24 . Un premier procès se déroule en juillet 1942 au tribunal de  Bressuire, il aboutit à des peines de prison et même quelques acquittements. Les autorités allemandes, ne trouvant pas les verdicts assez sévères reprennent toute l’affaire avec le concours de la Gestapo. La sentence tombe le 24 novembre 1942, onze des accusés sont condamnés à mort, trois de ces condamnations sont commuées en travaux forcés, ce qui voulait dire la déportation. Les huit condamnés à mort sont fusillés au camp de Biard près de Poitiers. Quant à Maxime Bacquet, le chef du groupe, qui a échappé aux arrestations du printemps, il est tout de même pris et fusillé à Angers le 13 décembre 1943. Bien peu des hommes et des femmes engagés dans cette Armée des Ombres ont échappé à la traque de la Gestapo, de la Milice ou des services français collaborant avec l’occupant. Ils furent, soit exécutés en France ou dans les forteresses allemandes, soit déportés. Peu d’entre eux ont eu le bonheur de revoir leur pays. 414 hommes, femmes, enfants des Deux-Sèvres ont été déportés, parmi lesquels, 224 résistants et 143 juifs. 132 seulement sont revenus, dont 6 juifs.

 

 

Le général Faucher décorant le colonel Proust à Saint-Maixent-l’Ecole le 14 novembre 1947.

Le colonel Edmond Proust, « Chaumette » dans la résistance, instituteur dans le civil est le fondateur de la Maif et de la Camif.

 

 

 

 

 

 

Ce texte, rédigé par Jacques Séguin,  est  inspiré de l’excellent ouvrage de Michel Chaumet et Jean-Marie Pouplain, La Résistance en Deux-Sèvres édité par Geste Editions en 1994.

 

 

 

 

 

HISTOIRE  DU  DEPÔT  DE

MUNITIONS  DE  THOUARS

De l’ERGMu  à  l’ETAMAT

 

Situé sur une région au riche passé militaire, sur un plateau qui a vu l’invasion des Wisigoths, des Arabes, les combats des Plantagenêt, les batailles de la guerre de Cent Ans, les guerres du Duc d’Anjou puis, plus près de nous les guerres de Vendée, le parc d’artillerie de Thouars est né des besoins de la guerre 1914-1918.

Il est loin le temps où par arrêté du 21 octobre 1916, le préfet des Deux–Sèvres autorise la création d’un parc à munitions à Thouars, à proximité d’un nœud ferroviaire. On suppose que la décision de créer un dépôt, non loin d’un port et à proximité d’un nœud ferroviaire important permettait d’entreposer les munitions venant d’Amérique avant leur réexpédition vers les zones de combat. Le site de Thouars se prêtait à cette implantation : accès aisé vers l’océan, gare importante (liaisons directes avec Paris et Tours en particulier).

A l’origine, les stockages sont à l’air libre. Seuls quelques bâtiments sont édifiés dans le lieu que les Thouarsais surnommeront vite « les baraquements ». Le réseau ferré dessert en grande partie les zones de stockages. Suite au décret d’expropriation du 14 août 1921, petit à petit, sont érigés des bureaux, des logements, des hangars pour les munitions les plus sensibles. En 1924, commence la construction de ce qui deviendra  l’Entrepôt de Réserve Générale de Munitions de Thouars (ERGMu)

Parallèlement,  le réseau  ferré va s’amplifier  et l’entrepôt  sera relié au  réseau  national par trois embranchements :
- deux le raccordent à la ligne Thouars-Tours ;
- un le raccorde à la ligne Thouars-Saumur.

L’atelier de remise en état voit le jour à cette époque. En 1940, l’ERGMu compte quatre groupes de stockage et un groupe d’ateliers. La zone administrative est implantée dans le premier groupe. Il est évacué le 20 juin 1940 alors que la bataille de Saumur est engagée. Les allemands l’occupent du 24 juin 1940 au 16 août 1944, et le détruiront à 90%, ainsi que les archives, avant de se replier. Il n’y a plus d’alimentation en eau et pratiquement plus d’électricité. Le réseau ferré est détruit, le casernement et les logements militaires découverts.

L’entrepôt n’en a cependant pas terminé avec les malheurs. En août 1945, une explosion fait deux morts au groupe II. Le 13 juillet 1946, le feu prend dans un stock de munitions récupérées dans la poche de Royan. L’incendie dure trois jours du 13 au 15 juillet 1946, achevant de détruire le groupe II. Heureusement il n’y a pas de victime, à part un veilleur qui effectuait sa ronde et qui ne devra son salut qu’à la proximité d’un fût de 200 litres d’eau dans lequel il s’immerge pendant une journée, attendant une accalmie pour s’en extraire .

En 1947, une nouvelle explosion secoue le groupe III. Le feu a pris dans un tas de 200 tonnes de munitions qui attendent d’être enlevées pour destruction. Les projections sont nombreuses et, un peu partout, il faut lutter contre des débuts d’incendie.

En 1952, le personnel paiera à nouveau son tribut. Une caisse de détonateurs explose entraînant la mort de deux ouvriers. Malgré ces catastrophes, l’entrepôt se relève peu à peu de ses ruines grâce aux efforts conjugués du Service du Génie et du Service du Matériel. Le personnel de l’ERGMu oeuvre et les bâtiments se redressent, les voies de communications se rétablissent. L’établissement a alors le statut commun aux autres entrepôts de munitions et est indépendant sur les plans des personnels, des activités et des finances.

En 1956, il est à peu près reconstruit, parfois avec des solutions de fortune. Néanmoins, il peut recevoir 50 000 tonnes de munitions.
De 1960 à sa fermeture, les efforts ont porté sur l’adaptation à la manutention mécanisée.

De 1947 à 1971, l’ERGMu s’est vu rattacher le dépôt souterrain de Migné-les-Lourdines (situé à l’entrée de Poitiers), dont l'exploitation en tant que dépôt de munitions a cessé le 1er janvier 1971 : il a été évacué le 3 juin de la même année, son dernier chef de dépôt était le lieutenant Giorgini.
En 1974, le dépôt de munitions de Dirac a été rattaché à l’ERGMu. de Thouars. Il sera dissous en 1994, son dernier chef de dépôt était l’adjudant-chef  Sales.

Ayant, comme les autres ERGMu, diversifié ses activités, en 1978, l’Entrepôt de réserve générale de munitions de Thouars devient Etablissement de réserve générale de munitions (ERGMu), puis le 1er janvier 1994, suite à la réorganisation « ARMEE 2000 » il devient Etablissement du Matériel de l’armée de terre (ETAMAT).

En juillet 1996, la fermeture progressive de l’ETAMAT de Thouars est annoncée. Une antenne mobilité reclassement est créée afin de faciliter la réaffectation des personnels civils de l’établissement.
En septembre 1997, le programme d’évacuation de toutes les munitions avant le 1er mai 2000 est arrêté par la Direction Centrale du Matériel de l’Armée de Terre (DCMAT).

Après le départ de nombreux personnels administratifs, le rattachement de l’ETAMAT de Thouars à celui de Poitiers devient inéluctable : fin 1997, une décision ministérielle fixe la date de la transformation en détachement de l’ETAMAT de Poitiers, groupement technique n° 2 (DETMAT/GT 2) au 1er juillet 1998.

L’évacuation du groupe de stockage n° 3 est programmée pour le 1er juin 1998, celle du groupe de stockage n° 2 pour 1999 afin de diminuer le nombre de zones militaires sensibles.

Enfin, en 2000, l’arrêt des activités n’a lieu qu’après le départ des dernières munitions : jusqu’à cette date, les derniers militaires et civils en place ont poursuivi la mission de leurs aînés, avec la même rigueur et le même dévouement, refermant une chaîne de 84 ans.                    

Jacques Séguin

 

 

 

 

Conservatoire

 de la Résistance

 et de la Déportation

 des Deux-Sèvres

et des régions limitrophes

 

 

 

 

 

Centre Régional Résistance et Liberté

                 

Le Conservatoire de la Résistance et de la Déportation a été créé, en 1986, à Thouars, par un groupe d’anciens déportés et résistants du nord des Deux-Sèvres, au premier rang desquels le docteur Daniel Bouchet, l’une des grandes figures de la résistance dans les Deux-Sèvres, ancien déporté à Buchenwald.

 

            L’objectif de ses fondateurs était la centralisation, la préservation et la transmission de la mémoire de la Résistance en Deux-Sèvres et dans les régions limitrophes. Le choix de Thouars , comme son siège, s’imposait, cette ville ayant été, avec Niort et Parthenay, l’un des trois centres de la résistance dans le département.

 

Au fil des années, le Conservatoire a gagné en reconnaissance et en importance. Il est devenu un incontournable instrument de mémoire reconnu par toutes les instances dans ce domaine. Il a constitué, en effet, une inappréciable collection de documents sur la période 40-45, pratiquement tous inédits ( documents écrits, photographies, témoignages audio et vidéo etc…).

                                 

Il est très vite apparu que le Conservatoire ne pouvait poursuivre seul son travail de mémoire. A son initiative et avec le total soutien de la municipalité de Thouars, a été créé, en février 1998, le Centre Régional Résistance et Liberté, inauguré en juin 2001, qui comprend dans ses rangs, à côté des membres du Conservatoire, des élus de la municipalité de Thouars et des représentants d’associations patriotiques.

 

            Le Conservatoire et le Centre constituent, à l’heure actuelle, un centre d’information de grande qualité  tant pour les établissements scolaires et universitaires que pour les historiens et les chercheurs, un outil irremplaçable pour perpétuer le souvenir de ces années sombres de notre histoire.

 

             Le CRRL est le bras pédagogique du Conservatoire. Il dispose d’une salle d’exposition permanente et d’une importante bibliographie de vidéos et de cédéroms. Il a un site internet de qualité, très consulté. Il organise conférences, expositions et débats et reçoit de nombreux groupes scolaires en provenance de toute la région. Le CRRL travaille en collaboration étroite avec le monde enseignant.

 

            Outre son travail de collecte et d’exploitation des documents, le Conservatoire s’attache, pour sa part,  à une œuvre essentielle de « balisage » des lieux de résistance et à l’établissement de   circuits de la mémoire, « les Chemins de la Liberté » dans les Deux-Sèvres et les régions limitrophes. Les   « Chemins de la Liberté du Mellois » ont été  inaugurés en 2006.

 

            Le Conservatoire  est présidé par François Bouchet, fils du fondateur , le docteur Daniel Bouchet, et le CRRL par Michel Douarre, gendre de Gérard Pichot, ancien déporté résistant, ancien président du Conservatoire. 

 

Services proposés :  Consultation d’archives relatives à l’histoire de la Résistance et de la Déportation dans les Deux-Sèvres ; bibliothèque ; vidéothèque ; cédéromthèque ; exposition semi-permanente.

 

Depuis que le lycée de Thouars existe, on peut retrouver des traces et des témoignages de son action en faveur des activités aéronautiques.

Noël Pietri, ancien élève du lycée et instituteur honoraire, rappelle qu’en 1957 le collège-lycée du château proposait aux élèves de première et terminale des cours de préparation militaire « air » : « les cours eurent lieu pendant deux ans dans les salles de l’ancien lycée technique de l’autre côté de la rue, face au château. Cela permettait, suivant les résultats de l’examen, de demander et d’obtenir un sursis d’incorporation et d’être intégré prioritairement dans une base aérienne. Cet examen appelé «certificat individuel  devant servir à l’affectation d’un jeune dans l’armée de l’air » (emploi d’aide-mécanicien spécialisé exploitant radio) et le diplôme signé du commandant de la section cadre-air de Rochefort avec date d’obtention et notes était joint au dossier militaire de la jeune recrue. En confidence, cette sortie de l’internat en soirée permettait aussi, aux pensionnaires, de faire « un tour en ville » après la séquence ».

Plus récemment, le brevet d’initiation aéronautique (BIA) a pris le relais mais à des fins plus pacifiques et culturelles.

Les histoires de l’aviation à Thouars et celle de l’enseignement d’une culture aéronautique au sein du lycée se croisent de façon peut-être plus importante qu’ailleurs.

 

Pour les enseignants, il est indispensable de donner du sens aux apprentissages, d’impliquer les apprenants dans un projet personnel où ils se reconnaissent. Mais ce n’est pas facile, surtout en milieu rural, les jeunes n’osent pas avoir de l’ambition !

Pourtant, nous savons que pour la plupart d’entre eux, il sera nécessaire de quitter leur lieu de vie actuel, pour exercer un métier dans un secteur géographique où l’activité économique est plus soutenue. C’est le cas pour les jeunes vivant à Thouars. Leur avenir est bien souvent ailleurs !

Les enseignants tentent de communiquer leur propre passion et puisent parfois dans leur histoire personnelle les sujets à explorer.

Pour certains c’est le théâtre, la poésie, la musique, ou le sport, pour d’autres, comme Robert Charlaigre, proviseur adjoint au lycée Jean Moulin, c’est l’aviation. Ancien pilote de l’aéronavale, c’est naturellement qu’il s’engage dans la promotion de l’aéronautique. Il tisse des partenariats avec les associations de la plateforme aéronautique thouarsaise et crée des liens avec d’autres enseignants passionnés comme lui, Jérôme Bonnet, Sébastien Paris, etc.

C’est donc une équipe qui propose cette année encore, pour une vingtaine de jeunes, la préparation au BIA.

Ce Brevet va apporter aux jeunes une connaissance du monde de l’aviation et de l’espace. Ils aborderont l’aspect historique mais aussi la mécanique du vol (aérodynamisme), la météorologie et les règles de la navigation ; ainsi, ils comprendront pourquoi un appareil plus lourd que l’air se maintient en altitude.

Tout en apportant une connaissance, l’activité doit rester ludique. C’est là tout l’art de l’enseignant !

Pour cela, ils découvriront les sensations que procure le fait de tenir le manche d’un avion.

Chaque jeune pilotera environ 2h sous la vigilance de Jacques Monteiller, chef pilote et instructeur de l’aéroclub de Thouars, il participera également à 4h de vol en tant que passager (puisqu’il y a 2 places disponibles à l’arrière de l’appareil).

L’objectif de l’équipe d’enseignants est aussi de faire naître des vocations.

Ce groupe de néo-pilotes va pouvoir visiter la tour de contrôle de l’aérodrome de Poitiers et le centre régional de la météorologie.

L’armée de l’air est également partenaire de cette opération et les jeunes seront donc accueillis sur les bases aériennes de Rochefort et de Cognac.

 

En 1998, la Nouvelle République, dans un article reprenant mes propos qui sont toujours d’actualité, écrivait : « l’aéronautique a été choisie parce qu’elle appartient pour bon nombre de jeunes au domaine du rêve, voire de l’inaccessible ! Elle offre en outre, pour les enseignants, un support (l’avion) d’étude technique riche et complexe… ». En effet, piloter, réparer, construire un avion est très valorisant et apporte aux jeunes engagés dans de tels projets une valeur d’estime de soi importante. C’est pour cela que l’histoire du lycée de Thouars, qui ne s’appelait pas encore Jean Moulin, croise si souvent l’histoire aéronautique de la ville.

Très tôt, cette ville a accueilli un aérodrome et peu savent que dès les années vingt, une école de pilotage y avait été créée. Cette école était gérée par une association qui se nommait « l’aviation populaire » et utilisait deux avions : un « luciole biplan » et un « cricri Samson monoplan ».

 

 

cd-labaule-m

Caudron Luciole

 

Le lien entre cette première école et le lycée technique se nommait Yves Charlot, c’est lui qui assurait les cours aux élèves du lycée, ceux-ci étaient basés sur l’utilisation du morse, moyen de communication à l’époque. Il était pilote et instructeur à l’aéroclub. Mais, surtout, il avait débuté avec René Marchesseau créateur de l’association « l’aviation populaire » également pilote, et M. Oliveau, qui était mécanicien ; René Marchesseau, à lui seul, mérite pour les jeunes thouarsais qui se lancent dans cette aventure aéronautique, que nous relations une partie de son histoire.

Il fut le premier pilote en 1929 à rallier la capitale française à l’île de la Réunion en avion.

Le journal réunionnais de l’époque « le Peuple » intitulait son article : « L’oiseau de France est arrivé ! ». Nous pouvons sans chauvinisme intituler la suite de cette histoire :

L’OISEAU  DE  THOUARS  EST  ARRIVÉ !

 

« Signalé par le Grandidier à 10 heures à environ 185 milles de la Réunion, l’avion apparut à midi et quart annoncé par la sirène. Comme il allait à toute allure, à peine l’avait-on reconnu qu’il franchissait la ville, piquant droit sur Sainte-Marie.

Dès le matin, la population était massée autour du champ d’aviation attendant non sans anxiété les héros du raid. A 10 heures commence l’affluence des autos venues de tout le centre de l’île.

Le temps était au beau avec légère brise d’est. Ciel dégagé.

Il était midi 20 quand on aperçut l’avion. Il était déjà au-dessus de Saint-Denis. En moins de cinq minutes, il atteignait le champ d’aviation. Après deux tentatives, il atterrissait en gérant un virage impressionnant. La foule, rompant le cordon, envahit le terrain, acclamant les aviateurs au milieu d’un enthousiasme indescriptible;»...                                                    

(« Le peuple » du 27 novembre 1929)

 

 

 

C’est ainsi que l’adjudant-chef  René Marchesseau, chef pilote à l’école de pilotage de Thouars, assura aux commandes d’un FARMAN 192, immatriculé « F-AJJB » la première liaison aérienne entre le Bourget, Tananarive et Gillot, commune de Sainte-Marie de la Réunion.

L’aventure commença à l’initiative du capitaine Marcel Goulette, propriétaire de l’avion qui comme d’autres héros de la Postale (St Exupéry, Mermoz, Guillaumet…), souhaitait relier l’île à la métropole en moins de dix jours, ce qui était impossible par la voie maritime.

L’avion décolla du Bourget le 17 octobre avec à son bord  l’adjudant-chef René Marchesseau,  pilote,  le  capitaine Marcel Goulette, navigateur et le sergent-chef Jean-Michel Bourgeois, mécanicien.

C’est sans GPS et à l’aide des installations aéroportuaires sommaires que le FARMAN 192 rejoignit Colomb-Bechar, Bidon V, Niamez, Fort Archambault, Broken Hill, … Tananarive. Pour cela, il fallut braver les tornades, la médiocrité des pistes, un lion … (l’histoire du lion est cocasse : pour signaler la zone d’atterrissage un éleveur africain qui gardait sa vache était chargé d’allumer un feu de broussailles. Mais un lion a dévoré son animal et lui, pour sauver sa peau,  est parti en courant. L’avion a tourné longtemps avant de poser ses roues)…

La liaison Paris-Tananarive, soit 11 900 km, est bouclée en 8 jours. La voie de « l’express postal » est ouverte, moyennant un meilleur aménagement des escales.

Le plus difficile est à venir. C’est la traversée maritime entre Madagascar et l’île de la Réunion.

Le journal « Madagascar » titre, le 3 décembre 1929 : « L’impossible vol » et écrit : « Ceux de mes lecteurs qui ne connaissent pas la Réunion, ne peuvent se faire une idée de l’âpre désir  qu’ont les réunionnais de voir un avion aborder leur île, la survoler et s’y poser. [...]. Car, par suite d’une véritable fatalité, la patrie de Roland Garros est la seule colonie française et peut-être le seul pays du monde n’ayant jamais vu un avion ailleurs qu’au cinéma ».

 

Pour cette  traversée, il fallait augmenter l’autonomie de l’avion en posant un réservoir supplémentaire. Cependant, le problème principal restait la navigation car, à l’époque, l’équipage disposait uniquement d’une montre et d’une boussole. Il fallait donc compter avec la dérive du vent, qui pouvait vous faire rater l’île et vous perdre dans l’immensité de l’océan Indien.

 

Dans cette épreuve, ils seront aidés par le paquebot des Messageries Maritimes « Explorateur Grandidier », qui a appareillé la veille, vers 16 heures, pour la liaison mensuelle avec la Réunion. Marcel Goulette avait calculé qu’il devrait rattraper ce navire après deux heures et demie de vol. Si, au bout de ce temps, le « Grandidier » n’était pas en vue, il faudrait faire demi-tour.

 

La dérive fut plus importante que prévu. L’avion fit demi-tour et, sur le retour, les aviateurs virent la fumée du paquebot. La route, cette fois, devait conduire immanquablement à la Réunion. L’impossible vol avait donc réussi.

 

Notre thouarsais, René Marchesseau, quitta l’armée en 1932. En 1933, il tenta, sur un avion de tourisme, un nouveau voyage vers la Réunion. Par malchance, cette tentative s’interrompit à Zinder, au Niger, pour cause de défaillance du matériel. Notre pilote, au cours des années qui suivirent, se livra à différentes activités aéronautiques : transport public, école de pilotage qu’il avait fondée à  Thouars. Il disparaîtra plus tard, comme tant d’autres, dans le brasier de la Seconde Guerre mondiale, aux commandes de son avion.

 

«  … Dans la cabine, nous trépignons de joie et d’impatience. Nous piquons droit sur cette terre dont les détails commencent à se préciser à notre vue […]

Nous savons que le terrain est de dimensions réduites et encadré de divers obstacles. Côté mer, il est bordé de filaos puis, très haut sur les autres côtés, il est entouré par des poteaux porteurs de banderoles aux couleurs nationales et locales, qui vont gêner le pilote  dans sa prise de terrain.

Autour de ce nouvel aérodrome que nous allons étrenner, une foule se presse, dense et animée, pour voir « L’oiseau qui vient de France ». […]  Notre Marchesseau posera impeccablement l’avion F-AJJB sur ce premier aérodrome « Rivière des Pluies ». […]

Pour la première fois, un avion relie la Mère Patrie à sa fille de l’Océan Indien, lui apportant aussi l’hommage des aviateurs français à son héros natal, notre aimé Rolland Garros » … (mémoires de Jean-Michel Bourgeois, Mécanicien à bord)

 

Bientôt, nos jeunes aviateurs sauront qu’en langage aéronautique F-AJJB se dit : Fox, Alpha, Juliet(te) 2 fois, Bravo et comprendront ce qu’est une « prise de terrain ».

 

Que demain un jeune aventurier thouarsais nous fasse, lui aussi, rêver comme ce monsieur Marchesseau !

           

 

 

Jean-Michel Briand

 

 

 

Sources : l’histoire de l’aviation à La Réunion d’Alain Hoarau,le journal « Le Peuple », 27 novembre 1929, 3 et 12 décembre 1929, archives départementales, le journal « la Nouvelle République » du 13 mai 1998.

 

 

ci-contre : le lycée Jean Moulin vu d’avion

 

 

 

Hildoceras ( céphalopode du toarcien )

 

Réserve naturelle du Toarcien

 

Le Toarcien (de Toarcium, nom latin de Thouars, est un étage du Jurassique inférieur (Lias), s'étalant entre -186 et -179 millions d'années. Il succède au Pliensbachien et précède l'Aalénien.

            Le stratotype historique ou holostratotype de cet étage est situé dans la vallée du Thouet, à 3,5 km au nord-ouest de Thouars.

 

Géologie

 

En géologie, pour diviser le temps, sont utilisées les ères (primaire à quaternaire), les périodes et les étages. L'étage est l'unité de base, en quelque sorte l'étalon du temps géologique. Le stratotype est un affleurement type et il correspond à la référence utilisée au niveau international, sur tous les continents, pour corréler les sédiments entre eux. Le toarcien joue ce rôle pour un des étages du  secondaire  mais il  n'est  pas  le  seul puisqu'au  niveau de l'ouest  français  il  en  est de  même avec Cognac et le coniacien, Tours et le turonien (dans le secondaire) et Bordeaux et le burdigalien (dans le tertiaire). En ces temps du toarcien, la mer, après avoir peu à peu envahi la région la recouvre. Des coupes montrent qu'elle s'est avancée au début sur un relief littoral découpé et rocheux. Par la suite, elle est devenue assez profonde et le régime pélagique a favorisé alors le développement des fossiles, plus de quatre-vingts espèces d’ammonites, des foraminifères, des ostracodes, des lamellibranches, des gastéropodes, etc..

 

Histoire

 

Les roches sédimentaires (grès, calcaires) du site Thouarsais étaient exploitées par de petites carrières à ciel ouvert, qui en extrayaient des pierres de taille et du moellon. En 1849, Alcide Dessalines d'Orbigny se servit d'une de ces carrières, près de la ferme du Rigollier à Vrines, sur la commune de Sainte-Verge, pour établir le toarcien. Ce stratotype fut ensuite affiné par Etienne Eudes-Deslonchamps puis par Jules Welsh. En 1962, Jean Gabilly s'en servit pour définir de nouvelles subdivisions de l'étage, les "horizons", basées sur la répartition des faunes d'ammonites.

La coquille des ammonites se présente en une seule pièce enroulée en une spirale plane, le plus souvent involute (le dernier tour de coquille recouvre le précédent) même s'il existe quelques exceptions, surtout au crétacé, de coquilles avec des déroulements évolutes (le dernier tour ne recouvre pas le précédent). Le toarcien est surtout représenté par des harpocéras, finement ciselées. 

Le terme d'ammonite dérive d'Ammon, un des noms de Jupiter, représenté avec des cornes de bélier. Au cours des âges, les ammonites ont eu un rôle non négligeable dans certaines sociétés, leur accordant un pouvoir de protection, de médicament ou de fécondité. 

 

Conservation et valorisation

 

Créée par décret ministériel le 23 novembre 1987 au titre de la loi du 10 juillet 1976 sur la protection de la nature, la Réserve Naturelle du Toarcien est unique en Poitou-Charentes. Elle assure la conservation de deux anciennes carrières à ciel ouvert et fait partie des douze réserves naturelles en France qui ont pour vocation la protection du patrimoine géologique national.

Le Centre d’interprétation géologique du Thouarsais (CIGT) est la cellule d’animation scientifique, pédagogique et culturelle qui gère la réserve naturelle du toarcien.

En outre, pour les visites, divers équipements (panneaux d’informations générales, pupitres de lecture, mâts en bois avec chiffres arabes signalant les bancs successifs de la coupe-type, gardes-corps…) ont été installés pour l’accueil, l’information et la protection du public.

La Poste utilise régulièrement l’ammonite comme illustration des flammes philatéliques (affranchissement illustré associé au timbre à date).

 

Le comité de rédaction du bulletin remercie Didier Poncet, conservateur territorial du patrimoine, pour sa collaboration.


Assemblée générale

 

Thouars - collège  Marie de La Tour d’Auvergne

 

samedi 1er décembre 2007

 

Programme  de  la  journée

 

 

9h15 - 9h30       Accueil des participants par les membres du bureau

 

9h30               Assemblée générale

 

-       Accueil par  Nicolas Mazurier, principal

 

-   Ouverture de la réunion par M. Daniel Brillaud,  président

 

-   Rapport moral et projets d’activités

 

-   Bilan financier

 

-   Projets assemblée générale 2008 et bulletin n° 20

 

-   Questions diverses

 

10h30            Remise des décorations

 

 

11h30          Visite du collège

 

 

12h00          Apéritif

 

 

12h30          Repas AMOPALIEN

menu

 

 

 

 

boissons

Assiette landaise

Tronçons de lottillon à l’américaine avec des petits légumes

Salade de chèvre chaud                            
Tarte aux pommes glace vanille avec sa chantilly maison

Café

Eau de source et vins assortis   

15h00          Visites :       Le Centre Régional Résistance et Liberté

                                      La vieille ville

 

 

 

Compte  rendu  financier

 

Dépenses

 

 

Recettes

 

affranchissements

527,50

 

cotisations (quote part)

949,00

assemblée générale

1 649,10

 

assemblée générale

1560,00

frais tenue compte

13,00

 

remb. frais tenue compte

9,00

total

2 189,60

 

total

2 518,00

Soit un excédent de 328,40€

 

 

 

 

Solde à la clôture de l’exercice…

 

 

2005 = 3 113,08 €
2006 = 3 441,48 €

 

 

 

 

 

 

 

Adhérents 2006 et promus 2007

 

Co = commandeur

 

O = officier

 

Ch = chevalier

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

M.

ALBINA  Alfred

Ch

79400 Exireuil

M.

MATTIODA  Daniel

Ch

79000 Niort

M.

ANDRIEUX  Yves

Ch

79140 Cerizay

M.

MAY  Jean-Jacques

Ch

79370 Mougon

M.

ARNAL  Jean Claude

Co

33370 Artigues près Bordeaux

M.

MECHICHE  Gabriel

Ch

79000 Niort

M.

AUGER  Michel

Ch

79140 Cerizay

M.

MELON  Jean

Ch

79100 Mauzé Thouarsais

M.

BARLET  Jean-Henri

O

79200 Parthenay

M.

MENZAGHI  Charles

O

79200 Pompaire

M.

BATY  Olivier

O

79000 Niort

M.

MEYER  Alain

O

79340 Ménigoute

Mme

BAURUEL  Catherine

Ch

79160 St Maixent de Beugne

Mme

MOINARD  Josette

Ch

79510 Coulon

M.

BEGET  Armand

O

79230 Le Retail

M.

MOINARD  Maurice

O

79510 Coulon

M.

BELY  Jean

Ch

79270 Frontenay R.R

M.

MONNET  Joel

Ch

79260 Ste Néomaye

M.

BENOIST  Michel

O

79300 St Aubin du Plan

M.

MORILLON  Claude

O

79400 Azay le Brulé

Mlle

BERGER  Isabelle

Ch

79000 Niort

Mme

MOUCHEUX  Annie

Ch

79240 Le Busseau

M.

BERNARD  Roger

Ch

79500 Melle

M.

MOZZI RAVEL  Jacques

Ch

79220 Surin

M.

BERNARD  Roger

O

79000 Niort

Mme

NAUDIN  Pierrette

Ch

79230 Prahecq

M.

BILLARD  Pierre

O

79370 Celles sur Belle

Mme

PAILLE  Marie-Thérèse

Ch

79400 Augé

M.

BJAI  Maurice

O

79000 Niort

M.

PAQUEREAU  Aimé

Co

79000 Niort

Mme

BLANCHAREL CHERON Chantal

Ch

79200 Parthenay

M.

PAULUS  Jean marie

O

79290 Argenton l'église

M.

BONNAUD  Michel

O

79360 La Foye Monjault

M.

PECHEY  Bernard

Ch

79150 Etusson

M.

BONNEAU  Max

O

79800 Exoudun

Mme

PENIT-TA   Minh-Nguyet

Ch

79600 Airvault

Mme

BOTTE  Emilienne

Ch

79000 Niort

Mme

PERRIN GRIGNON  Danièle

O

79500 St Martin lès Melle

M.

BOUCHET  Guy

Ch

79600 Airvault

Mme

PETORIN-HEURTEBISE  Andrée

O

79000 Niort

M.

BOUCHON  Jean

O

79370 Celles sur Belle

Mme

PICHELIN  Corinne

Ch

79000 Niort

Mme

BOUILLET  Noëlle

Ch

79800 St Eanne

M.

PICHOT  Gérard

Ch

79200 Tourtenay

M.

BOURDIN  Jean-Marcel

O

79400 St Maixent l'Ecole

M.

PIETRI  Noël

O

79320 Moncoutant

M.

BOUTET  Claude

Co

79300 Bressuire

M.

PINTAUD  Georges

O

79270 Epannes

Mme

BOUTET  Michelle

O

79300 Bressuire

Mme

PLANTECOTE  Pierrette

Ch

79000 Niort

M.

BOUTET  Yves

O

79100 Thouars

M.

PLANTECOTE  Robert

O

79000 Niort

Mme

BRENET  Jacqueline

Ch

79230 Vouillé

Mme

POHIN CALLUAUD  Claudine

Ch

79000 Niort

M.

BRIAND  Jean michel

O

79000 Niort

M.

POUPARD  Pierre

Ch

79190 Melleran

M.

BRIDIER  Maurice

O

79000 Niort

Mme

POUPLIN  Noëlle

Ch

79140 Le Pin

Mme

BRILLAUD  Catherine

Ch

79000 Niort

Mme

PRESTAT-MASSY  Françoise

Ch

79200 Parthenay

M.

BRILLAUD  Daniel

O

79000 Niort

M.

QUETIN  Claude

O

79260 La Crêche

Mme

BRION  Jeanne-Marie

O

79000 Niort

M.

QUEVEAU  Gérard

O

79140 Le Pin

Mme

BROTHIER  Michelle

Co

79000 Niort

M.

RE  Michel

Ch

79000 Siecq

M.

CACAULT  Lionel

O

79000 Niort

M.

ROCHER  Georges

Ch

79000 Niort

M.

CHAIGNE  André

O

79360 Beauvoir sur Niort

Mme

ROLLAND  Danielle

O

79000 Niort

Mme

CHARTIER  Marie-Thérèse

O

79100 Thouars

M.

ROUSSEAU  René

Co

79000 Niort

M.

CHAUFFIER  Alain

O

79000 Niort

M.

ROUSSEL  Denis

Ch

79410 Echiré

Mme

CHAUFFIER  Françoise

O

79000 Niort

Mme

SAINT-SEVER  Andrée

Ch

79000 Niort

M.

CHAUVEAU  Rémy

Ch

79230 Fors

Mme

SALETES  Aline

Ch

17000 La Rochelle

Mme

CHOLLET  Claudette

Ch

79230 Aiffres

M.

SALETES  Camille

O

17000 La Rochelle

Mme

COIRAULT  Ginette

Ch

79200 Parthenay

M.

SCHLEIFFER  Philippe

Ch

79308 Bressuire Cedex

Mme

COPINE-NICOLLET Simone

O

79100 Thouars

M.

SCHMITT  Jacques

Ch

79000 Noirterre

M.

CORBINUS  Albert

Ch

79130 Secondigny

M.

SEGUIN  Jacques

Ch

79270 Saint Symphorien

M.

CORNU  Roger

O

79500 St Martin lès Melle

M.

SIBILEAU  Marcel

O

79160 Coulonges sur l'Autize

M.

COURTIN  René

Ch

79000 Niort

Mme

SLIWA  Pierrette

Ch

79400 St Maixent l' Ecole

M.

CREHIN  Jean-François

Ch

79000 Niort

M.

SMITHIES  Michaël

Ch

79510 Coulon

Mme

CREVEL  Michèle

O

79450 Cremieu

Mme

SOUCHET  Jeanne Lucette

Ch

79140 Cirières

M.

DARRAS  Hervé

Ch

79340 Ménigoute

Mme

TARDIF  Marie-Claude

 

79500 St Martin lès Melle

M.

DESCHEMPS  François

Ch

79480 St Georges de Noisne

Mme

THOLOTTE-COLIN  Yvette

Ch

79210 Mauzé sur le Mignon

M.

DESPILHO  Paul

Co

79360 La Foye Monjault

M.

TOUCHARD  Gilbert

O

79320 Moncoutant

Mme

DUPUIS  Michèle

Ch

79000 Niort

M.

TRANGER  Gérard

Ch

79250 Nueil les Aubiers

Mme

DUPUY  Christine

Ch

79400 St Maixent l'Ecole

M.

VAL Alain

O

79260 La Crêche

M.

DURAND  Roger

O

79410 St Gelais

M.

VALLET  Roger

O

79600 Airvault

M.

DURON  Hubert

Ch

79007 Niort  Cedex

M.

VASSEROT  Charles

Co

79000 Niort

Mme

EVEN  Catherine

Ch

79250 Nueil les Aubiers

Mme

VERGNAUD  Yvette

O

79450 St Aubin le Cloud

M.

FAURY  Gilbert

Ch

79000 Niort

Mme

VERRET PREVOT  Bernadette

O

79210 Mauzé sur le Mignon

M.

FERNANDEZ  Claude

Ch

79270 Frontenay R.R

M.

VERRIET DE LITARDIERE  Bernard

Ch

79310 Mazières en Gâtine

Mme

FERRET  Claudine

Ch

79210 St Hilaire la Palud

Mme

VILLE  Nicole

O

79150 Moutiers sous Argenton

M.

FOREST  Jean-Georges

Ch

79200 Pompaire

Mme

VOYER  Françoise

Ch

79000 Niort

M.

FOUCHE  Lucien

Ch

79240 L'Absie

 

 

 

 

Mme

FOURCADE  Joëlle

Ch

17700 Surgères

 

Promotion du 1er janvier 2007 

 

 

M.

FOURNIER  Gérard

Ch

79270 Frontenay R.R

M.

ARNOUX  Guy

Ch

79400 St Maixent l'Ecole

M.

FOURRE  Gabriel

O

79450 St Aubin le Cloud

Mme

BLONDIN  Liliane

Ch

79000 Niort

Mme

FRADIN  Martine

O

79320 Moncoutant

M.

FAGNON  Jean-Pierre

Ch

79300 Bressuire

Mme

FRANCOIS  Simone

 

79360 La Revetizon

Mme

GRANGER-BIAIS Marie-Françoise

Ch

79000 Niort

Mme

FREREBEAU  Gisèle

O

79170 Brioux sur Boutonne

Mme

HABERT-HELLO  Gwénaëlle

Ch

79000 Niort

Mme

GAILLARD  Paulette

Ch

79000 Niort

M.

PICHOT  Gérard

Ch

79100 Tourtenay

M.

GARANDEAU  Jacques

O

79000 Niort

M.

POT  Alain

Ch

79000 Niort

Mme

GARCONNET  Yvonne

O

17140 Lagord

Mme

PREVEAU-FARDEAU Jacqueline

Ch

79000 Niort

M.

GAROFALO  Julien

Ch

79007 Niort  Cedex

 

 

 

 

Mme

GAURIT  Charlotte

O

79000 Niort

 

Promotion du 14 juillet 2007

 

 

Mme

GAUTRON  Pierrette

Ch

79400 Exireuil

M.

BRILLAUD  Daniel

Co

79000 Niort

M.

GAUTRON  Yves

Ch

79400 Exireuil

Mme

ALAMOME  Josiane

O

79000 Niort

Mme

GENDREAU-DONNEFORT Simone

Ch

79110 St Martin d'Entraigues

M.

BERGE  Jacky

O

79200 Parthenay

M.

GENDRON  Christian

O

79000 Niort

M.

BOUCHEREAU  Yves

O

79000 Niort

Mme

GERBIER  Dominique

Ch

79000 Niort

Mme

CASSIN  Yolande

O

79000 Niort

Mme

GERMAIN  Claudie

Ch

79200 Parthenay

M.

MARSAULT  Philippe

O

79420 Beaulieu sous Parthenay

Mme

GILABERT PEYRAT Andrée-Jeanne

Ch

79310 Mazières en Gâtine

M.

MERMET  Patrick

O

79230 Prahecq

M.

GILBERT  Henri

Ch

79000 Niort

M.

MIREBEAU  Pierre

O

79101 Thouars cedex

M.

GIRARD  Jean-Luc

Ch

79300 Noirterre

Mme

MONNET  Christiane

O

79800 Souvigne

Mme

GRANGER-BIAIS Marie-françoise

Ch

79000 Niort

Mme

BEGEL  Pierrette

Ch

79140 Cerizay

M.

GRIFFAULT  Guy

Ch

79370 Celles sur Belle

Mme

BESSAI  Idelette

Ch

79100 Thouars

M.

GRIMAL  Denis

Co

79170 Availles/Chizé

Mme

BOURDEAU  

Ch

79210 Prin Deyrançon

Mme

GROLLEAU  Anémone

O

79000 Niort

Mme

BOURDIN  Renée

Ch

79400 Azay le brûlé

M.

GROLLEAU  Maurice

Co

79000 Niort

Mme

BRANDEAU  Jocelyne

Ch

79000 Niort

M.

GUAY  Charles

O

79000 Niort

M.

CHARTIER  Jean-Luc

Ch

79160 Villiers en plaine

M.

GUERIN  Jacques

O

79210 Mauzé sur le Mignon

Mme

CHAUSSERAY  Geneviève

Ch

79420 Reffanes

M.

GUILBOT  Christian

Ch

79100 Thouars

M.

CHEVALIER  Jean-Pierre

Ch

79200 Parthenay

Mme

GUYON  Huguette

Ch

79000 Niort

M.

CHIRAUX  Christian

Ch

79000 Niort

Mme

HUBERT  Anne marie

Ch

79420 St Lin

M.

CORBIN   Christian

Ch

79100 Thouars

Mme

JOLLIET  Annie

Ch

79230 VOUILLE

Mme

COUTURAS  Marie-Hélène

Ch

79460 Magné

M.

JOURDAN  Jean

O

79160 Ardin

M.

CRENNER  Hervé

Ch

79210 Le Bourdet

M.

JUILLARD  Alain

Ch

79230 VOUILLE

M.

DESPOUX  Henri

Ch

79000 Bessines

Mme

JUILLET  Françoise

Ch

79240 L'Absie

M.

DUPEYRAT  Philippe

Ch

79200 Parthenay

Mme

LABARRIERE  Marguerite

Ch

79000 Niort

Mme

DUVAL  Catherine

Ch

79270 Frontenay R.R

Mme

LAFAYE  Elisabeth

Co

79000 Niort

Mme

FAUGEROUX  Anne

Ch

79000 Niort

M.

LARDEAU  Gabriel

Ch

79180 Chauray

Mme

GRIMAUD  Danielle

Ch

79390 Thénezay

Mme

LEGENDRE  Simone

Co

79100 Thouars

Mme

GRIVES  Mireille

Ch

79100 Thouars

Mme

LEGERON  Solange

Ch

79500 Melle

Mme

GUERIN  Monique

Ch

79140 Le Pin

Mme

LETANG  Micheline

Ch

79220 St Christophe du Roc

M.

GUERINEAU  Eric

Ch

79200 Parthenay

M.

LEVEQUE  Michel

Ch

79000 Niort

M.

LE LANN  Yannick

Ch

79500 St Roman lès Melle

M.

LEVIONNOIS  Louis

O

79000 Niort

Mlle

MESLET  Véronique

Ch

79270 Sansais

Mme

LHUILLIER  Odile

Ch

79000 Niort

M.

METAIS  Jacky

Ch

79600 Airvault

Mme

LIMOGE  Yvonne

Ch

79240 L'Absie

M.

MORISSET  Yannick

Ch

79300 Bressuire

Mme

LOUCHOUARN-DEBROU Nicole

Ch

79140 Cerizay

Mme

MOTILLON  Christine

Ch

79210 Mauzé sur le Mignon

Mme

LOURROU  Andrée

Ch

79400 St Maixent l'Ecole

Mme

PATTE  Sylvette

Ch

79800 Sainte Eanne

M.

MAGAGNOSC  Jean

Ch

79400 St Maixent l'Ecole

M.

ROBICHON  Franck

Ch

79500 St Martin lès Melle

M.

MAGUY  Jean-Marie

O

79000 Niort

Mme

ROSSIGNOL  Patricia

Ch

79000 Niort

M.

MANGIN  Jean-Pierre

Ch

79160 Coulonges sur l'Autize

M.

ROUETTE  Emmanuel

Ch

79370 Fressines

Mme

MARCHANDIER  Josette

Ch

79400 St Maixent l'Ecole

M.

ROUX  Michel

Ch

79450 St Aubin le Cloud

Mme

MARCUSSEAU  Pierrette

Ch

79400 St Maixent l’Ecole

Mlle

SOULISSE  Anne-Marie

Ch

79000 Niort

Mme

MASSON  Marguerite

Ch

79000 Niort

Mme

TABARD  Sylvie

Ch

79000 Niort