Saint-Maixent-l'Ecole

par Jean-Louis Lobstein

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La porte Chalon

Quel meilleur endroit que Saint-Maixent-l'Ecole pour accueillir l'assemblée générale annuelle de la section locale de l'Association des Membres de l'Ordre des Palmes académiques ! L'apposition de Saint-Maixent résonne agréablement aux oreilles de ses membres, tous dévoués à l'Ecole et aux choses de l'éducation. Le qualificatif d'Ecole renvoie certes à une institution militaire, mais il évoque d'abord un lieu de formation, dédié à la transmission des savoirs.

 

D'aucuns disent trouver en flânant dans les rues de Saint-Maixent ou au bord de la Sèvre Niortaise, au crépuscule, les éclats et les teintes mordorées de Venise. D'autres y remarquent les colombages qui évoquent la Petite France de Strasbourg. Et que dire de ces venelles qui courent vers les bords de Sèvre, sinon qu'elles évoquent quelque peu les traboules lyonnaises entre Saône et Rhône. Bref Saint-Maixent-l'Ecole est un monde à elle toute seule qui éveille souvenirs et comparaisons, qui appelle à la rêverie et au voyage. Saint-Maixent-l'Ecole, vous l'aurez compris, a un charme auquel il faudrait être bien insensible pour ne pas y succomber.

Saint-Maixent-l'Ecole a été fondée vers 460 par l'ermite Agapit (un service culturel porte aujourd'hui son nom) qui construisit un oratoire après avoir été chassé de Poitiers par les Huns. Au VIIème siècle, l'oratoire devient abbaye, véritable point de départ du développement de la ville. De nombreuses fois détruite au cours des siècles, par les envahisseurs normands ou lors de la guerre de Cent Ans, Saint-Maixent fut à chaque fois reconstruite. Au XVIème siècle les industries de la serge, du cuir et de la moutarde furent touchées par le courant de la Réforme. Déclarée place de sûreté protestante, Saint-Maixent eut encore à souffrir de façon violentes de la Contre-Réforme.

L'abbaye fut donc fondée au Vème siècle par l'ermite Agapit et son disciple Adjutor qui prit le nom de Maixent. Cent cinquante ans plus tard, elle eut pour abbé saint Léger, qui devait devenir l'évêque d'Autun et mourir martyr. Elle fut en grande partie détruite au XVIème siècle durant les guerres de Religion et restaurée au siècle suivant par l'architecte François Leduc, dit Toscane, mort à Saint-Maixent en 1698. Le visiteur découvre avec ravissement un édifice flamboyant aux styles divers : roman pour le narthex par exemple, gothique du XIIIème et du XVIIème siècles pour le choeur et la nef. Le mobilier date essentiellement du XVIIème siècle : on admirera le jubé, l'ange-lutrin et les stalles des moines.

Sous le maître-autel, dans la crypte romane Saint-Léger, il faut voir les sarcophages (vides) des saints Maixent et Léger. Consolidée au XIIème siècle, cette crypte ne fut découverte qu'en 1874 et restaurée en 1885.

Le rayonnement de Saint-Maixent-l'Ecole est surtout lié à l'école militaire créée en 1879, l'Ecole nationale d'infanterie, avant qu'elle ne se transforme en 1963 en Ecole nationale de sous-officiers d'active (ENSOA). Elle se répartit sur trois emplacements : le Quartier Coiffé, mais aussi la caserne Canclaux implantée dans les bâtiments conventuels de l'ancienne abbaye, enfin le Quartier Marchand et son musée militaire qui met en lumière les hauts faits des élèves de l'école.

Cette incursion militaire ne saurait passer sous silence la place Denfert-Rochereau au début de l'avenue Gambetta, longue voie rectiligne qui traverse Saint-Maixent en son centre en se prolongeant par l'avenue du Maréchal de Lattre de Tassigny et l'avenue Wilson. Sur la place, la statue en bronze de l'héroïque défenseur de Belfort, le colonel Denfert-Rochereau, au regard altier et farouche, accompagne le ballet des voitures et les déplacements des habitants en rappelant une page glorieuse de notre Histoire.

Implantée sur l'axe Niort – Poitiers, Saint-Maixent-l'Ecole est une petite ville agréable à vivre comme on en trouve souvent dans nos campagnes. Elle exhale un charme qu'elle doit à son site, cette colline sur laquelle elle est construite et qui surplombe la Sèvre Niortaise. Mais les splendeurs de son patrimoine n'excluent pas modernité et innovation qui ont souvent été présents au cours de son histoire, au XVIème siècle notamment, ou comme en témoigne le musée de la TSF. Et n'oublions pas que le TGV de la ligne Paris – La Rochelle s'arrête à Saint-Maixent-l'Ecole !

Pierre Philippe Denfert-Rochereau
Pierre Marie Philippe Aristide Denfert-Rochereau naît le 11 janvier 1823 à Saint-Maixent. Il appartient à une famille de confession protestante de la moyenne bourgeoisie. Il entre à l'Ecole polytechnique en septembre 1842. En 1847, il est affecté au 2ème régiment de génie à Montpellier. En 1850, il est nommé auprès de l'état-major à Toulon. De 1860 à 1864, il est en poste à Constantine où il fait œuvre de bâtisseur, construisant ponts, casernes ou barrages. Il est nommé à Belfort en 1864. En 1870, il est nommé colonel à titre temporaire et gouverneur de Belfort. Durant le siège de cette ville, le colonel Denfert-Rochereau galvanise ses troupes. Le 17 février 1871 la garnison quitte la place devant les Prussiens qui lui rendent les honneurs de la guerre. La même année, Denfert-Rochereau est promu commandeur de la Légion d'honneur et élu député de la Charente-Inférieure (aujourd'hui Charente-Maritime). Il meurt à Versailles le 11 mai 1878.

  

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